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Notre Bureau d'enquête fait bouger les choses

Un juge est maintenant sur le radar de la police, et un curieux curé devra payer ses taxes municipales

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Les révélations de notre Bureau d’enquête ont fait la manchette tout au long de l’année 2019. L’Unité permanente anticorruption a ouvert une enquête sur un juge de Longueuil qui a acquitté une amie Facebook. Nos déclarations ont également forcé la Ville de McMasterville, en Montérégie, à envoyer un avis d’imposition à un curieux abbé qui ne payait pas un sou de taxes depuis 10 ans.  

L’abbé devra payer  

Photo d'archives, Martin Alarie

En novembre, notre Bureau d’enquête publiait un reportage sur l’exemption douteuse de taxes municipales dont bénéficiait l’abbé Charles-Eugène Apestéguy, à McMasterville, en Montérégie. Pendant 10 ans, il a fait passer sa maison pour un « presbytère » sans diriger une quelconque paroisse, ce qui contrevient à la loi.  

Apestéguy, aumônier à la prison de Rivière-des-Praries, a perdu sa paroisse dès 2007, après une histoire de voies de fait contre un administrateur de son église, dans le quartier montréalais Hochelaga-Maisonneuve.     

Après nos questions, la Ville a annoncé qu’elle avait rencontré Apestéguy et qu’elle avait convenu avec lui qu’il paierait dorénavant ses taxes municipales, qui s’élèvent à 2700 $ par an.  

Un juge sur le radar de l’UPAC  

Photo d'archives

Trois enquêtes distinctes ont été démarrées à la suite de notre reportage, en juin, sur Jean Herbert, un ancien juge responsable de la Cour municipale de Longueuil.   

Le 4 février 2019, à son dernier jour sur le banc avant de prendre sa retraite, le juge Herbert avait acquitté une amie Facebook en 42 secondes. Il était même intervenu pour devancer la comparution de cette amie. Notre reportage faisait aussi état d’anomalies dans les heures facturées par le juge à la Ville.   

En réaction à nos révélations, la ministre de la Justice, Sonia Lebel, avait demandé au Conseil de la magistrature de faire enquête. Longueuil avait aussi mandaté une firme externe pour réaliser un audit qui a démontré que plus d’un juge avait facturé des heures en trop à la Ville de Longueuil au cours des trois dernières années.   

Enfin, l’Unité permanente anticorruption a également ouvert une enquête et est même débarquée dans les locaux de la Cour, en juin, pour récolter des documents.   

Les enquêtes se poursuivent.  

Enfin de l’aide pour un informateur  

Photo d'archives

En novembre, notre grand reportage Forcé à l’exil – Qui a volé la vie de Michaël ? se penchait sur les méthodes employées par la police de Belœil dans les années 1980.  

C’est à cette époque que l’agent François Leclair a recruté le jeune Michaël Lechasseur, âgé de 14 ans, afin qu’il devienne informateur pour la police.   

Au cours des décennies suivantes, en frayant avec les motards et la mafia, il a aidé la justice à faire condamner de nombreux criminels.   

Âgé de 48 ans maintenant, Michaël Lechasseur a dû s’exiler à l’étranger pour sa sécurité. Il demande aux autorités un changement d’identité.  

Trois semaines après la diffusion de ce reportage, disponible sur Club illico, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a confirmé avoir entrepris des démarches afin que l’ex-informateur puisse revenir au pays en toute sécurité.  

Moins de morts sur la liste d’attente  

Photo d'archives

Le gouvernement du Québec et les chirurgiens cardiaques ont mis en place une série de comités pour régler le problème de patients morts alors que leur nom était toujours sur la liste d’attente.  

En juillet, notre Bureau d’enquête révélait que 12 patients en attente d’une opération au cœur avaient perdu la vie en quatre mois . Depuis, quatre comités ont été créés, notamment pour s’attaquer au manque de personnel dans les blocs opératoires et aux soins intensifs.   

On a également mis en place un système pour mieux gérer les listes d’attente. De plus, le nombre d’annulations d’intervention chirurgicale a diminué. Malgré tout, on compte quelques décès depuis juillet. Le pourcentage de patients opérés en retard est toujours entre 25 et 30 % selon les établissements.   

L’Association des chirurgiens cardio-vasculaires et thoraciques demande donc au gouvernement d’augmenter le nombre d’opérations et de délier les cordons de la bourse en conséquence.  


Vous êtes témoin d’une situation qui mérite d’être dénoncée ?   

Contactez notre Bureau d’enquête au jdm-scoop@quebecormedia.com ou via notre plateforme sécurisée au jdem.com/dossiers-secrets