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Transat et SNC-Lavalin auront marqué 2019

Un fleuron du Québec inc. disparaît et un autre s’en sort in extremis après une longue saga politico-judiciaire

Air Transat
Photo d'archives, PIerre-Paul Poulin La vente de Transat à Air Canada a été approuvée par une forte majorité d’actionnaires, le 23 août. Ci-contre, le PDG Jean-Marc Eustache.

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Plusieurs géants du Québec inc. ont connu une année mouvementée. L’un d’entre eux a finalement mis de côté ses problèmes de corruption, tandis qu’un autre disparaîtra du paysage après 40 ans d’existence.

Pour Louis Hébert, professeur à HEC Montréal, il ne fait pas de doute que la vente du voyagiste Transat à Air Canada est l’événement économique de l’année au Québec. « Certains modèles d’affaires atteignent leurs limites et on passe la rondelle à quelqu’un d’autre », affirme-t-il.

Pour Air Canada, l’acquisition de Transat a été une autre démonstration de force après le rachat à bon prix du programme de fidélisation Aéroplan conclu au début 2019. 

Air Canada a mis plus de temps que prévu et a dû allonger 200 millions $ de plus – 720 millions $ en fin de compte – pour mettre la main sur Transat. La transaction devrait être entérinée par les autorités au milieu de 2020. 

SNC-Lavalin vole la vedette

Le géant de l’ingénierie SNC-Lavalin a lui aussi beaucoup occupé les journalistes en 2019. En février, le Globe and Mail a révélé l’existence d’un profond désaccord entre le premier ministre Justin Trudeau et son ex-ministre Jody Wilson-Raybould quant à un règlement à l’amiable des accusations criminelles pour de la corruption en Libye.

Cette crise politique s’est finalement conclue en fin d’année avec une entente hors cour qui a donné à SNC tout ce qu’elle souhaitait : une amende moins élevée et le maintien de l’accès aux contrats publics.

L’entreprise montréalaise a toutefois continué de décevoir les investisseurs sur le plan financier, ce qui a sans doute contribué au départ précipité de son PDG, Bruce Neil, en juin.

Fini les avions commerciaux

Bombardier a elle aussi poursuivi le recentrage de ses activités en 2019. Après avoir cédé le contrôle de la C Series à Airbus et vendu ses avions à hélices Q400, la multinationale s’est délestée de son usine à Belfast et de ses jets régionaux CRJ, repris par Mitsubishi. 

Après 28 ans, Bombardier cessera donc d’être un constructeur d’avions commerciaux pour se concentrer sur les jets d’affaires et le rail.

Scénario semblable chez Power Corporation. En même temps qu’il annonçait, plus tôt ce mois-ci, le départ hâtif d’André et de Paul Jr. Desmarais, le conglomérat a fait part de son intention de se consacrer exclusivement à la finance et d’abandonner les incursions dans d’autres secteurs.

Canadien National

Grève coûteuse

Le transporteur ferroviaire établi à Montréal a vécu cet automne une grève de huit jours de ses 3200 chefs de train et préposés aux manœuvres qui a presque complètement paralysé son réseau. Réglé sans intervention d’Ottawa, le conflit coûtera environ 140 M$ à l’entreprise. Juste avant la grève, le Globe and Mail avait révélé que le CN se préparait à mettre à pied 1600 travailleurs au Canada et aux États-Unis en raison d’un ralentissement des affaires. 

Desjardins

Vol massif

La coopérative financière a connu cette année la pire crise de son histoire récente. En juin, elle annonçait s’être fait dérober des données personnelles sur 2,9 millions de particuliers et d’entreprises. Ce nombre a ensuite grimpé à 4,4 millions en novembre, avant qu’on y ajoute 1,8 million de détenteurs de cartes de crédit, en décembre. Deux dirigeants ont été remerciés, mais le PDG, Guy Cormier, a néanmoins été réélu par acclamation pour un deuxième mandat.

Stornoway

Sauvée de la faillite

La première – et seule – mine de diamants québécoise a finalement succombé aux faibles prix de cette pierre précieuse et à un lourd endettement. Plus de 250 millions $ en fonds publics y auront passé. Aussitôt réanimée par la Caisse de dépôt, Investissement Québec, Osisko et un fonds des Bermudes, l’entreprise s’est donné 18 mois pour se remettre sur la bonne voie.

Hexo

Ventes décevantes

À l’instar des autres producteurs canadiens de cannabis, le québécois Hexo a souffert en 2019 de la demande moins forte que prévu pour le « pot » légal. L’entreprise de Gatineau, qui approvisionne la SQDC, a annoncé en octobre la suppression de 200 emplois. Hexo a creusé sa perte à plus de 80 millions $ à son dernier exercice et a retiré ses prévisions financières pour 2020, devenues inatteignables. 

Rona/Lowe’s

De mal en pis

Décriée depuis son annonce, en 2016, l’acquisition de RONA s’est carrément transformée en cauchemar pour Lowe’s. En février, le géant américain a dû radier plus du tiers du prix d’achat de RONA, soit 1,2 milliard $. Puis, cet automne, on a appris le départ du PDG Sylvain Prud’Homme, la fermeture de 12 magasins au Québec, la suppression d’une centaine d’emplois au siège social de Boucherville ainsi que la délocalisation de postes aux États-Unis et en Inde. 

Alimentation Couche-Tard

Au pays des kangourous

Près de 8 milliards $ : c’est la somme que le géant québécois pourrait débourser, voire davantage, pour faire son entrée en Australie en mettant la main sur la chaîne de stations-service Caltex. Jusqu’ici, cette dernière a repoussé les avances de Couche-Tard. Mais qu’elle se concrétise ou non, cette transaction confirme une fois de plus l’immense ambition du détaillant lavallois.