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Le vieux routier

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C’est presque une blague, mais après 14 mois, François Bonnardel est aux commandes du ministère des Transports depuis plus longtemps que plusieurs de ses prédécesseurs !

De 2007 à 2017, sept ministres se sont succédé à la barre de cette organisation mal aimée et casse-gueule. La plupart ont fait à peine plus d’un an.

Robert Poëti en a été éjecté après avoir déclenché une enquête sur l’octroi des contrats. Jacques Daoust livrait un bras de fer à Philippe Couillard et son entourage à propos d’Uber quand il a dû démissionner pour son implication dans la vente de RONA. Le bref règne de Laurent Lessard, lui, a été marqué au fer rouge par sa nonchalance innommable lors de la tempête sur la 40.

En entrevue bilan après un début de mandat très mouvementé, François Bonnardel démontre une grande passion, cognant à répétition avec ses jointures sur la table pour ponctuer ses réponses.

Étiré, on le sent déjà écartelé entre les différentes priorités du ministère, qu’il qualifie de « fascinant dans son immensité ».

Tant pour la gestion tragicomique des bateaux tamponneurs de la Société des traversiers que pour la redéfinition du réseau routier avec davantage de transport en commun, il n’hésite pas à ajouter de la pression sur ses épaules chargées. « Je n’ai pas le droit d’échouer ». 

En équilibre

Pour l’instant, il a tenu le coup sans se brûler les ailes. Quand on le questionne sur l’ampleur de la tâche, c’est d’abord pour les travailleurs de la STQ, constamment malmenés publiquement depuis la saga du F.-A. Gauthier, qu’il a une pensée paternaliste.

« Je dis à la population de leur donner une tape dans le dos. »

Même s’il admet le risque de « se perdre dans tout ça », le vétéran de Granby aimerait bien demeurer aux commandes de ce ministère difficile lorsque François Legault voudra remanier son équipe à un certain point avant la prochaine élection.

« Je me vois humblement... j’aimerais ça faire le mandat. C’est comme dans une entreprise, si tu changes de président toutes les années, c’est tough d’amener une vision. »