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Considérations supplémentaires sur la souveraineté

Le PQ peut-il encore surprendre?

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Je me permets ici quelques mots pour compléter ma chronique d’aujourd’hui. Je l’ai dit, le souverainisme québécois, pour renaître, doit se délivrer de la tentation consensualiste. Le Parti Québécois (PQ) ne peut pas croire, du moins à court terme, qu’il renouera avec la rhétorique qui était la sienne jusqu’à tout récemment, où il se présentait comme un parti de gouvernement tranquille, confondant trop souvent le raisonnable et le fade, et croyant intéresser les électeurs en se concentrant sur leurs problèmes quotidiens. Au contraire: le PQ ne doit pas hésiter à polariser s’il veut renaître.   

Évidemment, la polarisation a mauvaise presse aujourd’hui. On ne veut y voir qu’une forme de division cynique de l’électorat au service de partis se complaisant dans une posture protestataire. Mais on peut la voir autrement: dans une société qui impose de manière artificielle certains consensus, celui qui polarise réinjecte en fait un peu de substance à la vie politique. Il fait preuve de courage politique. Il ne s’agit pas de polariser pour polariser ou de se complaire dans le conflit, mais simplement de permettre à une partie de la population de se faire entendre, de faire valoir ses préférences. Le souverainisme québécois doit sortir, en d’autres mots, de sa culture technocratique et ne plus se laisser prescrire son agenda par le conformisme médiatique. Il doit savoir qu’on ne saurait plus confondre la séduction des médias et la séduction de la population. C’est en bonne partie ainsi qu’il redeviendra politiquement audible. Depuis un bon moment déjà, les électeurs ne l’écoutent plus.   

À moins que le Parti Québécois ne soit définitivement disqualifié historiquement. Ce n’est pas impossible non plus. Il se peut que ce parti ne soit tout simplement plus capable de renaître. Cela ne voudrait pas dire toutefois que l’idée d’indépendance est morte, mais que le projet souverainiste tel que porté par le PQ depuis sa fondation (avec son mélange de nationalisme lyrique, de progressisme et d’esprit technocratique) ne parvient plus à la canaliser – tout comme l’Union nationale ne parvenait plus à canaliser le nationalisme québécois après la mort de Daniel Johnson. L’idée d’indépendance serait alors appelée à se recomposer dans un tout nouveau contexte politique. J’y reviens: c’est dans le cadre de cette course que nous le saurons une fois pour toutes. Le PQ sera-t-il capable de défier les interdits idéologiques auxquels il s’est trop longtemps soumis?