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Étudiants québécois à la chasse aux microbes

Leur invention pourrait être utile aux hôpitaux du monde entier

L’équipe iGEM de l’Université Laval, une initiative étudiante, travaillait depuis un an sur un concept de détecteur de pathogènes aériens. Sur la photo, Catherine Marois, Carla Bautista, Nathan Dumont-Leblond, Florian Echelard, Martine Voisine et François Rouleau montrent fièrement la distinction reçue par leur équipe lors d’un rendez-vous réputé à Boston en novembre.
Photo Jean-François Desgagnés L’équipe iGEM de l’Université Laval, une initiative étudiante, travaillait depuis un an sur un concept de détecteur de pathogènes aériens. Sur la photo, Catherine Marois, Carla Bautista, Nathan Dumont-Leblond, Florian Echelard, Martine Voisine et François Rouleau montrent fièrement la distinction reçue par leur équipe lors d’un rendez-vous réputé à Boston en novembre.

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Des étudiants de l’Université Laval ont développé un appareil ingénieux qui pourrait, s’il est un jour commercialisé, aider les hôpitaux du monde entier à prévenir des épidémies ou encore éviter des pertes monstrueuses à l’industrie agroalimentaire.

La quinzaine d’étudiants en sciences biologiques, en génie industriel, en chimie ou encore en administration, âgés de 20 à 27 ans, ont imaginé un détecteur de pathogènes aériens qui permettrait de faire de la recherche de micro-organismes dans l’environnement un jeu d’enfant, alors qu’aujourd’hui, il s’agit généralement d’un processus long et complexe.

De cette manière, des organisations, comme des hôpitaux, des usines agroalimentaires, ou encore des aéroports, pourraient mettre en place des protocoles de contrôle de la qualité de l’air plus rigoureux et ainsi détecter des virus comme ceux qui causent la gastro-entérite, la rougeole, la varicelle ou encore la grippe porcine.

Sur papier

Les jeunes scientifiques s’expriment au conditionnel lorsqu’ils présentent leur projet puisque celui-ci n’existe que sur papier présentement.

Leur réalisation s’inscrivait dans le cadre d’un concours de la prestigieuse iGEM Foundation, la plus importante compétition au monde dans le domaine de la biologie synthétique qui s’est tenue à Boston en novembre.

Ils avaient à convaincre un jury composé d’experts que leur appareil pourrait fonctionner s’il était mis en marché et qu’il répondait à un problème réel. Les universitaires québécois sont parvenus à se distinguer dans cette rencontre où les plus grandes universités du monde sont représentées.

L’équipe iGEM de l’Université Laval a obtenu une médaille d’or, une nomination pour le meilleur modèle, et le premier prix dans la catégorie « nouvelle application » (cycles supérieurs).

« Il y a des experts mondiaux qui nous ont dit : c’est vous qui avez le meilleur projet. C’était vraiment gratifiant. Mettons que ç’a mis un baume sur les nuits blanches », s’exclame l’un des membres du groupe, François Rouleau.

De l’intérêt

Pour le moment, il n’existe pas de projet de commercialisation pour leur création. Pour cela, il faudrait que les étudiants aient l’ambition d’en faire une entreprise et de s’y consacrer à temps plein. La plupart veulent pour le moment se consacrer à leurs études, mais ils n’ont pas moins la drôle impression d’être assis sur une mine d’or.

En effet, des représentants du domaine de la santé et du secteur alimentaire ont dit qu’ils seraient prêts à débourser des milliers, voire des dizaines de milliers de dollars, pour ce type d’instrument, s’il était disponible.

Concrètement, le produit fini prendrait la forme d’une machine portative d’un gabarit raisonnable et utilisable par « n’importe qui ». Les résultats seraient disponibles en l’espace de quelques heures, alors qu’il faut quelques jours avec les solutions accessibles présentement.

Un événement prestigieux

L’International Genetically Engineered Machine Competition, un concours international de machines génétiquement modifiées

  • Compétition annuelle tenue à Boston, la plus importante au monde, dédiée à la biologie synthétique, une science combinant biologie et ingénierie.
  • A réuni plus de 350 équipes et 3500 étudiants provenant d’une quarantaine de pays en novembre dernier.
  • Les 17 étudiants de l’Université Laval ont dû amasser 30 000 $ par divers moyens pour payer leurs recherches, leur entrée au congrès et les frais liés au voyage.