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Mao, porno, pédo

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Je sais qu’il est facile de juger hier avec les yeux d’aujourd’hui, mais il faut le dire : la décennie allant de la fin des années 1960 à la fin des années 1970 fut l’une des périodes les plus stupides de l’histoire moderne.   

Tous ces intellectuels qui profitaient des libertés que les démocraties libérales leur offraient pour vanter les mérites des pires dictateurs de la planète !  

Tous ces grands penseurs à genoux devant Mao, Lénine, Pol Pot et compagnie !  

Chantant la gloire des pires crapules, léchant les bottes des criminels les plus sanguinaires qui soient !  

Fallait-il être imbécile !  

Faire des « chatouilles »  

Et que dire des élucubrations ânonnées au nom de la libération sexuelle !  

On lit les textes débiles qui ont été publiés à cette époque dans les revues alternatives et les journaux à grand tirage, tant au Québec qu’aux États-Unis ou en France, et on est effaré, que dis-je ? effondré devant tant de bêtise.     

Je ne veux pas faire de l’anti-intellectualisme primaire, mais rien de pire qu’un théoricien qui ne juge le monde qu’à l’aune de ses constructions absconses et abstraites. Il perd tout contact avec le réel.  

On n’a qu’à regarder les adeptes de la théorie du genre...  

Dans les années 1960-70, faire des « chatouilles » avec des enfants de cinq ans, comme se plaisait à le faire la figure de proue de Mai 68, Daniel Cohn-Bendit, alors qu’il était « éducateur » dans une garderie alternative, était perçu comme une excellente façon d’éveiller les mineurs à la sexualité.  

Il y a un mot pour ça : pédophilie.  

Mais à l’époque, cette perversion était perçue comme une forme de lutte contre les règles « bourgeoises ».  

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Comme le terrorisme des Brigades rouges, de l’OLP et de la bande à Baader, la Grande Marche de Mao (qui a fait des millions de morts) et les faux procès staliniens.  

Rien de mieux que de tuer la liberté de pensée pour construire le paradis.  

Un front de bœuf  

Le pire est que l’écho de ces théories débiles s’est fait entendre jusqu’à tout récemment...  

En fait, jusqu’à ce que Denise Bombardier se confronte à Gabriel Matzneff, le pédo préféré des intellos parisiens, sur le plateau d’Apostrophes en 1990.  

Un mot sur mon amie Denise...  

Vous imaginez le culot que ça prenait pour affronter ainsi un monument de la littérature française ? Le courage ?  

Denise Bombardier commençait à être connue en France. Elle aurait pu se dire : « Je vais y aller mollo. Jouer le jeu. Ne pas faire de vague. M’agenouiller moi aussi devant la statue de Commandeur. »  

Au contraire, elle l’a attaqué, démasqué. S’attirant ainsi les insultes d’une grande partie de l’establishment intellectuel français, qui trouvait tout à fait normal — et ô si délicieusement provocateur — qu’un des écrivains les plus respectés de l’Hexagone se vante de coucher avec des enfants de 10 ans.  

C’est ce qu’on appelle avoir du cran.  

Et se tenir debout.  

Ne serait-ce que pour ça, Denise aura toute mon admiration jusqu’à la fin de mes jours.  

Culture et jugement  

Que démontre ce flirt de l’intelligentsia avec les théories les plus dégueulasses ?  

Que ce n’est pas parce qu’on est cultivé qu’on a du jugement.