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PCO: le parcours d’un champion

PCO: le parcours d’un champion
Photo courtoisie Zia Hiltey / Ring of Honor.

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Depuis qu’il est «ressuscité» en 2016, Pierre-Carl Ouellet, maintenant connu sous le nom de «PCO», a atteint les plus hauts sommets de sa carrière de lutteur, et ce, au respectable âge de 52 ans. 

Le Québécois est devenu champion mondial de la fédération de renom Ring of Honor (ROH), le 13 décembre, et celui ayant fêté son anniversaire le 30 décembre aura droit à un beau cadeau: le Canadien de Montréal l’a invité au Centre Bell pour le match de lundi, durant lequel sa présence sera soulignée. 

Honoré par cette bonne tape dans le dos en ce début d’année, Ouellet vit les plus beaux moments de sa carrière. Il continue à se forger toute une réputation aux États-Unis avec son personnage inspiré par le monstre de Frankenstein et sa résilience à toute épreuve. 

«Pour moi, c’est juste le commencement, assure en entrevue téléphonique celui qui a fait ses débuts en 1987. C’est un accomplissement d’être devenu champion du monde, mais le but, c’est de remplir les arénas à travers les États-Unis, à Montréal, au Canada, partout où on va passer. Il faut créer l’euphorie, la folie PCO. C’est là où on est rendu.» 

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis le passage de Ouellet à la World Wrestling Federation (maintenant la World Wrestling Entertainment), où il a notamment formé l’équipe des «Quebecers» avec Jacques Rougeau durant la décennie 1990. Même s’il avait mis la main sur le titre mondial par équipe, une partie de son rêve de toujours n’était pas encore accomplie. 

PCO: le parcours d’un champion
Photo courtoisie Zia Hiltey / Ring of Honor.

«Ça fait depuis l’âge de 16 ans qu’un championnat du monde est le but ultime de ma vie, confie PCO. C’est sûr que d’avoir la chance de remporter le championnat, émotivement, c’est venu me chercher. Ç’a été comme un flash de toute ma vie, de tous mes revers, mes insuccès, mes succès. C’est comme si j’avais tout revu en cinq minutes.» 

La sortie de retraite 

Depuis son retour au sein du circuit indépendant en 2016, après sa retraite en 2011, PCO ne fait plus son âge. Accompagné par son entraîneur Michel Roy, alias Destro, il a publié sur le web plusieurs vignettes montrant sa «résurrection» par son acolyte. 

En avril 2018 est venu le moment tournant de sa renaissance. Le natif de Sainte-Catherine a livré bataille au géant autrichien WALTER. Pendant ce duel, la poitrine de PCO en a pris tout un coup, mais ça n’a pas empêché le quinquagénaire d’y aller d’un salto arrière en fin de combat. Depuis, il dit n’avoir jamais été aussi en demande et que sa popularité a carrément explosé. 

La ROH lui a ensuite fait de l’œil et le reste fait partie de l’histoire. 

Le lutteur québécois Pierre-Carl Ouellet, soutenu par son gérant Destro, a remporté le titre mondial de la fédération ROH le 13 décembre 2019 lors du gala Final Battle. Photo courtoisie Zia Hiltey / Ring of Honor.
Photo courtoisie Zia Hiltey / Ring of Honor.
Le lutteur québécois Pierre-Carl Ouellet, soutenu par son gérant Destro, a remporté le titre mondial de la fédération ROH le 13 décembre 2019 lors du gala Final Battle. Photo courtoisie Zia Hiltey / Ring of Honor.

«Je suis un peu devenu le “Poster Boy” en faisant des finales partout aux États-Unis, en étant en demande en Australie et au Japon. Je n’ai pas pu me rendre au Japon parce que j’ai signé avec la ROH, mais ç’a été la bonne décision», affirme-t-il sans regret. 

Inspiré par un grand nom de l’histoire de la boxe, Ouellet se sent très choyé par la confiance qui lui est accordée, car bien peu de compagnies de l’industrie feraient confiance à un vétéran comme lui pour incarner le visage de leur organisation. 

«Tu sens le facteur de l’âge, ç’a viré à mon avantage, mais il faut quand même que tu livres les performances à la hauteur du produit et même plus, croit-il. Je me suis beaucoup fié au retour de George Foreman, quand il est devenu champion du monde à 45 ans.» 

La lutte pour se relever 

Après l’ombre, la lumière pour Pierre-Carl Ouellet, alias PCO, qui dit n’avoir jamais été aussi heureux que depuis son retour à la lutte en 2016, dans le ring, et surtout dans sa vie personnelle. 

«La lutte a fait de moi une meilleure personne, déclare Ouellet en entrevue téléphonique. Ça m’a aidé à penser plus aux autres, à me concentrer sur les tâches qui sont plus plates dans la vie. Tu ne peux pas séparer la vie du lutteur, et le lutteur de la vie. Ça vient ensemble.» 

L’amour de son travail est d’ailleurs l’une des raisons de son retour à la compétition sur les circuits indépendants, après une retraite qu’il a plus ou moins voulue en 2011. 

Après plusieurs passages dans les plus grandes compagnies de lutte des États-Unis lors des années 1990, PCO a connu un nouveau millénaire plutôt difficile. Les emplois permanents de lutteur se sont faits plus rares pour lui. «De 2005 à 2008, environ, j’étais commentateur au Réseau des sports (RDS). J’avais un bon salaire et un bon travail, mais je l’ai quitté parce que je ne me sentais pas accompli.» 

«Je me suis rendu en Angleterre avec ma blonde, qui est tombée enceinte de ma fille. Elle voulait accoucher au Canada, même si on était très bien traité en Angleterre. J’y suis retourné pareil pour la carrière, et ç’a été une fin de grossesse plus difficile pour la mère de ma fille. Ç’a aussi été difficile pour mon couple, parce que je n’étais pas là pour les trois derniers mois. Je n’ai pas eu de contrat non plus; je suis revenu bredouille.» 

Le lutteur québécois Pierre-Carl Ouellet a vaincu Rush en finale du gala Final Battle pour remporter le titre mondial de la fédération ROH, le 13 décembre 2019. Photo courtoisie Zia Hiltey / Ring of Honor.
Photo courtoisie Zia Hiltey / Ring of Honor.
Le lutteur québécois Pierre-Carl Ouellet a vaincu Rush en finale du gala Final Battle pour remporter le titre mondial de la fédération ROH, le 13 décembre 2019. Photo courtoisie Zia Hiltey / Ring of Honor.

Avec le recul, Ouellet est d’avis que son parcours a été rempli de plus d’embûches qu’il ne l’aurait voulu. Il est toutefois fier de sa reprise en main et considère qu’il entretient désormais une bonne relation avec la mère de son enfant, malgré leur séparation. À maintenant 11 ans, London, la fille du Québécois, regarde avec intérêt les exploits de son papa à la télévision. 

La lutte comme levier 

«J’ai réalisé que tout le monde était important, que tout le monde avait un rôle, déclare l’homme de 52 ans. J’ai remis les choses en perspective, ma philosophie de vie et ma façon de voir les choses. Depuis 2017, peu importe ma position, j’ai vécu le même bonheur tous les jours. Ce n’est pas la ceinture qui allait me rendre plus heureux.» 

Champion mondial de Ring of Honor depuis décembre, la renaissance du personnage de PCO s’est faite en même temps que celle de l’homme qui l’incarne. D’ailleurs, les initiales du lutteur veulent aussi dire «Perfect Creation One», en l’honneur de son personnage mi-homme, mi-monstre. On pourrait aussi croire que son retour à la lutte l'a aussi rapproché de la perfection. 

«Pour moi, la meilleure façon de devenir une meilleure personne, c’est de devenir un meilleur athlète, affirme-t-il. [...] Je vois l’adversité positivement plutôt que négativement, c’est quelque chose qui a changé en court de route.» 

Documentaires, films et livres sont maintenant dans les plans pour le vétéran du ring, qui souhaite partager l’histoire de sa renaissance et devenir une figure inspirante en parlant des obstacles auxquels il a dû faire face.