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Plaidoyer pour une école mieux adaptée, jusqu’à 18 ans

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Photo Jean-François Desgagnés Jérémy Bérubé-Sévigny, jeune travailleur.

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L’expert du monde de l’éducation Égide Royer croit qu’il faudrait rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans pour diminuer la pression que le marché du travail exerce sur les jeunes du secondaire. « Ça va prendre plus que de la sensibilisation, ça prend une loi », tranche le professeur de l’Université Laval.

« Les employeurs ont une responsabilité. Il faudrait que pour engager un jeune, ils aient une preuve de fréquentation scolaire », soutient l’expert. « Ce n’est pas normal que ça prenne 18 ans pour acheter un gratteux, mais que tu puisses lâcher l’école à 15 ans sans trop en entendre parler. »

Diversifier l’école

La responsabilité n’incombe toutefois pas qu’au monde du travail, prévient le psychologue. L’école doit aussi réfléchir à ce qu’elle offre aux jeunes. 

Il soutient qu’en offrant des programmes adaptés aux jeunes en difficulté, où l’on « diversifie les sources d’apprentissage », certains décrocheurs éventuels pourraient être moins tentés par l’attrait du travail à temps plein.

C’est exactement ce qui est arrivé à Jérémy Bérubé-Sévigny, nouvellement inscrit au programme Formation Accès Carrière (FAC) de la Commission scolaire des Navigateurs à Lévis. Avec beaucoup de franchise, l’adolescent raconte avoir songé à abandonner l’école l’an dernier.

« Ça ne marchait juste pas. Je faisais des efforts, mais ça ne rapportait jamais », raconte le jeune homme de 16 ans.

« J’ai pensé lâcher pour aller à temps plein dans le restaurant où je travaille la fin de semaine. Ces temps-ci, c’est tellement facile de trouver une job, ça n’aurait pas été dur », ajoute-t-il, admettant que l’attrait de la paie était alléchant.

Croire à sa réussite

C’est l’École secondaire Les Etchemins qui a proposé à Jérémy le virage vers le programme FAC.

« C’est une offre pédagogique différente où l’on n’impose pas le rythme habituel d’un groupe, en plus d’avoir une intensification en français, mathématiques et anglais. Ça leur offre la possibilité d’aller chercher les unités nécessaires pour avoir accès à un diplôme professionnel s’ils n’atteignent pas le diplôme secondaire », explique la directrice de l’école, Cathy Boudreau. 

Depuis l’entrée dans cette formule, Jérémy a recommencé à croire à sa réussite.

« On travaille par module, donc je vais à mon rythme et je gère mon horaire. Je pense vraiment que ça va m’aider », explique Jérémy, qui affirme avoir chassé de son esprit ses plans de décrocher.