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Escalade de violence à craindre

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Photo AFP Dans la capitale de l’Iran, où trois jours de deuil ont été décrétés, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans la capitale Téhéran hier en scandant « Mort à l’Amérique ».

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Des experts en politique américaine s’inquiètent de l’escalade de violence possible au Moyen-Orient, après l’assassinat d’un général iranien commandé par le président Donald Trump.  

« Je ne minimiserais pas la gravité de la situation. C’est un baril de poudre qui a besoin de peu pour exploser », lance Charles-Philippe David, fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand à l’UQAM. 

Il voit le potentiel pour un « brasier », alors que l’Iran a déjà promis de se venger, comparant Trump et le leader iranien à « deux pyromanes qui ont le plaisir à mettre le feu et l’alimenter ». 

« L’Iran n’est pas à sous-estimer », renchérit Sami Aoun, de l’Université de Sherbrooke et directeur de l’Observatoire du Moyen-Orient. S’il écarte la possibilité d’une guerre directe entre les deux pays, il entrevoit de possibles frappes, contre-frappes et provocations. 

Pari risqué 

Même si les États-Unis ont réagi de façon « très agressive » aux récentes attaques iraniennes en Irak, le politologue Rafaël Jacob ne croit pas que cela signifie que l’administration Trump veut partir en guerre. Il rappelle que le président n’est pas interventionniste. 

Une guerre serait un pari très risqué pouvant se retourner contre Trump, estime-t-il. 

« Je suis stupéfait, c’est une prise de décision qui me surprend », poursuit M. David, ajoutant qu’il y a encore beaucoup d’inconnu sur les informations que détenaient les Américains et qui étaient d’accord ou non avec cette attaque publique. 

L’Arabie saoudite 

Selon lui, les Iraniens pourraient s’en prendre à l’Arabie saoudite et déstabiliser les réserves de pétrole qui alimentent l’Occident, par exemple, plutôt que répliquer directement contre les États-Unis. 

Avec leur économie qui bat de l’aile et une hausse de la pauvreté, il croit que les leaders iraniens pourraient sauter sur cette attaque pour blâmer les États-Unis des malheurs du pays.