/news/health
Navigation

Des infirmières refusent de travailler durant quatre heures à l'urgence de l’hôpital Santa Cabrini

bloc infirmière hôpital détresse fatigue
Photo Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

Des infirmières de l’urgence de l’hôpital Santa Cabrini, dans l'est de Montréal, ont refusé de travailler pendant quatre heures, dimanche, pour protester contre l’imposition d’heures supplémentaires obligatoires. 

Sept infirmières ont fait un sit-in qui a commencé à 15h30 pour se terminer vers 19h30, ce qui a forcé le détournement des ambulances vers d’autres urgences de la métropole durant cette période. 

Les heures supplémentaires avaient été imposées par la direction en raison de l’absence imprévue de cinq infirmières. 

Or, le nombre d’infirmières en poste permettait de prendre en charge 21 patients alors que 56 se trouvaient sur des civières, d’après une infirmière de l’hôpital Santa Cabrini interviewé par TVA Nouvelles qui a désiré garder l’anonymat. 

Les journées de temps supplémentaire obligatoire (TSO) sont fréquentes à cette période de l’année, ce qui taxe les professionnels de la santé. Dimanche après-midi, six infirmières épuisées travaillant de jour se sont vu, une nouvelle fois, imposer des heures supplémentaires obligatoires pour respecter le ratio de quatre patients par infirmière, ce qui a mené à la manifestation impromptue. Durant cet acte de protestation, d’autres infirmières ont cependant continué à soigner des malades. 

Comme les TSO ne se font pas rares à ce moment de l’année, l’épuisement est en jeu, selon le président du Syndicat des professionnelles en soins de santé de l’Est-de-l’île-de-Montréal (SPS-ESTIM), Denis Cloutier. 

«Même si on aime notre travail, on finit par s’écœurer. Les infirmières sont épuisées, a mentionné M. Cloutier à TVA Nouvelles. La réponse est toujours la même de la part du CIUSSS: les listes d’infirmières sont épuisées.» 

Deux heures après le début du sit-in, les employés ont refusé une offre du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal qui proposait de transférer neuf patients à l’étage. 

«Ça désengorge un peu, mais dès que les ambulances vont arriver après le sit-in, les neuf places seront de nouveau occupées», a précisé une infirmière qui a préféré garder l’anonymat. 

La direction s’est dite empathique envers les infirmières de son établissement. «La pénurie de main-d’œuvre sévit partout et notre priorité est d’offrir des soins sécuritaires à la population», a expliqué Patricia Hudon, directrice adjointe à la Direction des services professionnels – volet opérations-hospitalisation – et directrice de garde du CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal. 

«Les soins offerts sont donnés avec les ressources nécessaires. Notre but est qu’une équipe de soir puisse prendre la relève pour que l’équipe de jour puisse se reposer et être en forme le lendemain», a souligné Mme Hudon, ajoutant que les absences enregistrées dimanche constituaient des congés ponctuels. 

Santa Cabrini affichait un taux d’occupation de 139%, dimanche, selon indexsanté.ca. À Montréal, le taux d’occupation des urgences était estimé à 129%.