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Que deviendra le Thursday's?

Que deviendra le Thursday's?
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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MONTRÉAL | Le Thursday’s, l’établissement montréalais qui a fermé ses portes le 1er janvier à la surprise générale, pourrait ne jamais revoir le jour: des promoteurs rêvent de transformer le resto-bar de la rue Crescent en tour à condos.  

L’agence QMI a appris que l’homme d’affaires Peter Sergakis songe sérieusement à racheter le bâtiment pour un éventuel projet immobilier.  

«Il faudrait que la Ville accepte de changer le zonage. Il faudrait respecter la façade historique, mais ça se fait. Pour que ce soit rentable, il faut au moins une dizaine d’étages», a-t-il expliqué, sans vouloir détailler ses plans.  

Une fin inévitable  

Bien que M. Sergakis ait fait sa fortune dans le milieu de la restauration, il voit difficilement comment il pourrait continuer à opérer un bar à cet endroit, encore moins sous la bannière du Thursday’s, qui fut pourtant un endroit mythique pour les 5 à 7 à Montréal pendant plusieurs décennies.  

«Les 5 à 7, ça fonctionnait il y a 15-20 ans, mais plus maintenant. Crescent, ça fonctionne un peu en été, mais en hiver, c’est complètement mort. Il faudrait arriver avec un autre concept, mais même là, j’ai beau faire tous les scénarios dans ma tête, je ne vois pas comment ça pourrait marcher», a mentionné celui qui est aussi président de l’Union des tenanciers de bars du Québec.  

En plus, reprendre un bar qui employait jusqu’à la semaine dernière une centaine d’employés, ce n’est tout simplement pas réaliste, a ajouté Peter Sergakis, en faisant référence à la pénurie de main-d’œuvre.  

Resto ou condos?  

Que l’endroit devienne une tour à condos, un hôtel ou qu’il demeure un resto-bar, le propriétaire du bâtiment veut absolument se départir du Thursday’s, qu’il a fondé en 1973. Bernard Ragueneau demande présentement 10,5 M$.  

«Peu importe ce que ça devient, ça ne changera rien à ma vie. Mais c’est sûr que si quelqu’un achète la bâtisse et qu’il me dit qu’il veut continuer d'administrer un resto sous le nom du Thursday's, je l’embrasse. Le Thursday’s, c’est comme mon cinquième fils», a-t-il confié, convaincu que ce scénario est toujours probable.  

Malade, le septuagénaire dit ne pas avoir d’autres choix que de mettre en vente son immeuble. Ceux à qui il avait confié la gestion de l'établissement, les Nakis, ont préféré mettre la clé dans la porte, la semaine dernière.  

La famille Nakis, qui possède plusieurs restos dans la métropole, dit avoir perdu énormément d’argent dans l’aventure. Bernard Ragueneau affirme même avoir dû payer les taxes foncières de plus de 300 000 $, contrairement à ce qui était prévu dans leur entente.  

Malgré tout, Paul Nakis, le patriarche, croit toujours qu’un restaurant pourrait très bien fonctionner à cet emplacement.  

«C’est un bon endroit pour des condos, mais c’est aussi un bon endroit pour un resto. Peut-être que quelqu’un va réussir à reprendre le Thursday’s, mais il faut savoir que c’est très "magané". Moi, je verrais bien quelque chose comme un resto chinois dans ce coin-là», a-t-il lancé.  

– Avec la collaboration de Michel Bellemare