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Un VUS qui est de son temps

2020 Ford Escape
Photo courtoisie, Ford, DAVID WESTPHAL Le Ford Escape fait peau neuve en 2020. Il adopte une silhouette élégante toute en rondeurs.

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Depuis 20 ans, le Ford Escape compte parmi les utilitaires compacts favoris des Canadiens. Pour 2020, il se renouvelle de fond en comble et propose une variété de motorisations, dont deux hybrides.

Le Ford Escape est un pur produit du 21e siècle. Apparu en 2001, à l’aube d’un millénaire marqué par un changement radical des habitudes d’achat des consommateurs, il est rapidement devenu un favori de sa catégorie. 

Aujourd’hui, au Canada, les utilitaires compacts ont largement remplacé les automobiles jusqu’à devenir les véhicules les plus vendus. L’Escape, pour sa part, occupe actuellement le troisième rang de son créneau au palmarès des ventes derrière deux champions japonais : le Toyota RAV4 et le Honda CR-V, des utilitaires qui le devancent de loin, lui et ses autres rivaux. 

L’arrivée d’un Escape tout neuf pourrait cependant changer la donne, dans une certaine mesure du moins. Après tout, le modèle 2020, qui inaugure la quatrième génération de ce produit Ford, se distingue par une silhouette fort élégante faisant fi des formes anguleuses de l’ancien modèle ; une silhouette qui n’est pas sans rappeler le Porsche Macan d’ailleurs. 

Cet utilitaire offre aussi un choix de motorisations incluant désormais deux versions hybrides, une technologie mise de côté par Ford au moment de lancer la génération antérieure de l’Escape, en 2012. 

NOUVELLE PLATEFORME

Ce nouveau venu partage une plateforme moderne appelée C2 avec la nouvelle Focus, un modèle qu’on n’aura pas, le Kuga, jumeau européen de l’Escape, et le Lincoln Corsair, une nouveauté qui se substitue au MKC.

Le hayon découvre une 
grande ouverture pratique.
Le constructeur aurait
cependant bien fait de lui 
dessiner des coins inférieurs
s’arrondis plutôt pointus...
Photo courtoisie, Ford, DAVID WESTPHAL
Le hayon découvre une grande ouverture pratique. Le constructeur aurait cependant bien fait de lui dessiner des coins inférieurs s’arrondis plutôt pointus...

Comparativement à l’Escape qu’il remplace, le modèle 2020 a des dimensions très similaires. L’empattement du châssis n’a gagné que 20 mm, alors que la carrosserie est marginalement plus longue (+61 mm), plus large (+43 mm) et plus basse (-4 mm).

Le constructeur fait miroiter un espace intérieur plus généreux pour les passagers. C’est le cas, mais les gains observés sont, là aussi, plutôt limités. Le dégagement supérieur au niveau des jambes des places arrière (+39 mm) constitue sans doute l’amélioration la plus significative à ce chapitre. 

Par ailleurs, on dénote une légère diminution de volume utile du coffre des modèles à moteur thermique, de 2 à 4 % selon l’usage que l’on fait de la banquette arrière. Rien d’important là, donc, puisque l’Escape a un coffre relativement volumineux. Même constat pour ce qui est du coffre moins volumineux des versions hybrides. L’écart entre les modèles thermiques et hybrides est d’environ 10 %. C’est peu, si bien qu’on ne le remarque pas à l’usage. 

DEUX MOTEURS TURBO

Assemblé à Louisville, dans le Kentucky, cet utilitaire peut recevoir diverses motorisations : des moteurs suralimentés à essence et des motorisations mixtes à essence et électricité. 

Les versions les plus abordables, qu’on appelle Escapes S, SE et SEL, sont livrées avec une évolution du 4 cylindres turbo de 1,5 L utilisé pour l’Escape 2019. Ce moteur EcoBoost de 181 ch (+2 ch) livre 190 lb-pi de couple à régime moyen, soit 13 lb-pi de plus que l’ancien moteur. 

L’amateur de performance optera plutôt pour l’Escape Titanium, le modèle le plus cossu auquel on réserve une nouvelle version du 4 cylindres EcoBoost de 2,0 L. Fort de ses 250 ch (+5 ch), il produit 280 lb-pi de couple, soit 5 de plus qu’en 2019. Autant de couples expliquent sa vivacité, quel que soit le régime : il peut accélérer de 0 à 100 km/h en 7 s environ, soit deux de moins que l’autre EcoBoost. 

Le tableau de bord a un style 
désormais traditionnel avec
un écran tactile perché au
sommet de sa partie centrale.
Photo courtoisie, Ford, DAVID WESTPHAL
Le tableau de bord a un style désormais traditionnel avec un écran tactile perché au sommet de sa partie centrale.

Offert en guise d’option pour l’Escape SEL, au coût de 4350 $, ce moteur de 2,0 L procure des performances satisfaisantes, certes, mais au prix d’une consommation 10 % plus élevée. Voilà ce que suggèrent les cotes moyennes publiées par ÉnerGuide : 8,3 L/100 km pour le moteur de 1,5 L et 9,1 L pour le moteur de 2,0 L. La cote moyenne du moteur de 2,0 L, que nous avons d’ailleurs égalé lors d’un essai, révèle un côté gourmand indéniable, surtout à l’effort. Ce constat s’avère plus irritant encore lorsqu’on réalise qu’il faut faire le plein, tout comme pour l’autre moteur, avec du carburant super, plus coûteux, à la recommandation du constructeur. 

Pour contenir un peu la consommation de ces moteurs, Ford a d’ailleurs opté pour une nouvelle boîte de vitesses automatique à 8 rapports. À cela s’ajoute un dispositif d’arrêt-démarrage automatique au ralenti, qui, avouons-le, manque un peu de discrétion. 

Force est d’admettre que certains acheteurs attacheront plus d’importance à la capacité de remorquage de 1587 kg que procure le moteur de 2,0 L (avec l’ensemble de remorquage de classe II de série) qu’à sa consommation relativement élevée. Le moteur de 1,5 L, lui, limite la capacité de remorquage à 907 kg. 

HYBRIDES EN DEUX TEMPS

Le nouvel Escape célèbre aussi le retour des motorisations mixtes (essence/électrique) au sein de sa gamme. D’ailleurs, Ford en proposera bientôt deux plutôt qu’une ! Dans chaque cas, on a recours à une variante à cycle Atkinson du moteur atmosphérique de 2,5 L bien connu. Ce moteur est jumelé à une boîte automatique à variation continue et à un moteur électrique de 88 kW (117 ch). 

Au printemps, Ford offrira
un Escape hybride rechargeable 
donnant une autonomie 
électrique de près de 50 km.
Photo courtoisie, Ford, DAVID WESTPHAL
Au printemps, Ford offrira un Escape hybride rechargeable donnant une autonomie électrique de près de 50 km.

Pour l’hybride ordinaire, le moteur électrique est alimenté par une batterie au lithium-ion de 1,1 kWh. Logée sous le plancher du véhicule, elle a des dimensions environ trois fois moins importantes que la batterie de 2,1 kWh utilisée pour le premier Escape hybride, commercialisé à partir de l’automne 2004. En outre, cette motorisation se contente de moins de 6 L/100 km, ce qui représente un gain substantiel d’environ 30 % comparativement aux Escape à moteur traditionnel. Cette consommation attrayante n’est toutefois pas gratuite, puisque cette version hybride reçoit la dotation d’un Escape Titanium. 

L’Escape hybride rechargeable, pour sa part, dispose d’une batterie de 14,4 kWh lui permettant de parcourir près de 50 km en propulsion électrique. La recharge de cette batterie nécessitera jusqu’à 3,5 heures en utilisant une borne de recharge de 240 v, ou encore de 10 à 11 heures avec une prise murale de 120 v et le chargeur de niveau 1 fourni par Ford. 

L’Escape hybride ordinaire est déjà en vente au pays, alors que l’hybride rechargeable fera son entrée chez les concessionnaires canadiens de la marque durant le printemps. De plus, ce dernier sera offert en versions SE, SEL et Titanium à des prix qui n’ont pas encore été annoncés.

Notons enfin que l’hybride ordinaire peut avoir deux ou quatre roues motrices, alors que l’hybride rechargeable ne sera proposé qu’avec des roues motrices avant. Tous les deux, par contre, offrent une capacité de remorquage de 680 kg. Voilà autant d’attributs qui font du nouvel Escape un véhicule de son temps !

FICHE TECHNIQUE

Prix de base 

  • 28 549 $ (S) ; 30 549 $ (SE) ; 33 549 $ (SEL) ; 40 049 $ (Titanium) ; 36 549 $ (Titanium hybride).

Transport et préparation 

  • 1850 $

Groupe motopropulseur

(S, SE et SEL) L4 turbo DACT 1,5 L ; 181 ch à 6000 tr/min, 190 lb-pi à 3000 tr/min ; (SEL et Titanium) L4 turbo DACT 2,0 L ; 250 ch à 5500 tr/min, 280 lb-pi à 3000 tr/min ; (Titanium hybride) L4 DACT 2,5 L; 200-221 ch à 6250 tr/min, 155 lb-pi à 4500 tr/min. Boîte de vitesses automatique à double embrayage et 8 rapports (versions thermiques) ; boîte automatique à variation continue (versions hybrides). Roues avant motrices ou transmission intégrale.

Particularités  

 Suspension indépendante aux quatre roues. Freins à disque aux quatre roues. Antiblocage de série. Pneus : 225/65R17 (S et SE) ; 225/60R18 (SEL) ; 225/55R19
(Titanium).

Cotes  

Empattement : 2710 mm ; longueur : 4585 mm ; largeur : 1882 mm ; hauteur : 1679 mm. Poids : 1496-1762 kg. Volume du coffre : 869-1852 L. Capacité de remorquage : 680-1587 kg (1500-3500 lb). Volume du réservoir : 42-60 L. 

Consommation moyenne (ÉnerGuide) : 9,1 L/100 km.

Concurrence 

  • Concurrence 
  • Buick Envision 
  • Chevrolet Equinox 
  • Dodge Journey 
  • GMC Terrain 
  • Honda CR-V 
  • Hyundai Tucson 
  • Jeep Cherokee 
  • Kia Niro 
  • Kia Sportage 
  • Mazda CX-5
  • Mitsubishi Outlander 
  • Nissan Rogue 
  • Subaru Forester 
  • Toyota RAV4
  • Volkswagen Tiguan

Points forts 

  • Moteur 2,0 L performant
  • Intérieur spacieux
  • Coffre volumineux

Points faibles 

  • Moteur 2,0 L gourmand
  • Seuils de portes élevés
  • Freinage difficile à moduler

COTES DE L’AUTEUR

  • Cote d’ensemble: 7/10
  • Consommation: 6/10
  • Équipement: 8/10
  • Prix: 8/10
  • Apparence: 8/10
  • Confort à l’avant: 8/10
  • Confort à l’arrière: 7/10
  • Comportement: 7/10
  • Performance: 8/10
  • Rangement: 8/10

Ford électrifie l’Europe rapidement

Les deux Escape hybrides ne constituent qu’une part des nouveautés électrifiées proposées par Ford en 2020 à l’échelle mondiale. On pense naturellement au nouveau VUS électrique Mustang Mach-E, qu’on verra plus tard cette année. Il est offert à partir de 50 495 $ et son autonomie optimale pourrait atteindre 475 km, selon l’EPA. 

Par ailleurs, en septembre dernier, Ford a présenté au Salon de Francfort, en Allemagne, plusieurs nouveautés électrifiées dont les ventes combinées pourraient dépasser celles de tous ses modèles à motorisation thermiques d’ici quelques années, affirme le constructeur. 

Parmi celles-ci, figurent le nouveau Kuga hybride rechargeable (la contrepartie européenne de l’Escape hybride rechargeable), le nouvel Explorer hybride rechargeable (actuellement réservé à l’Europe), de même que trois modèles spécifiquement européens : la fourgonnette Tourneo Custom hybride rechargeable, la berline Mondeo hybride et le Puma EcoBoost hybride (photo), un élégant petit VUS comparable au Nissan Kicks. Dix autres modèles hybrides ou 100 % électriques sont attendus d’ici 2024. 

La Turquie à l’assaut du monde en voiture électrique

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, posait fièrement sur une scène il y a quelques jours, aux côtés de la TOGG, un véhicule électrique construit en Turquie et qu’on souhaite produire à 200 000 exemplaires annuellement d’ici 2022. Plusieurs détails demeurent à être confirmés quant aux spécifications du modèle.