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Une décennie marquée par de multiples controverses

De nombreux rebondissements ont ponctué le travail des décideurs à Ottawa lors des 10 dernières années

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La scène politique fédérale canadienne a été marquée par de nombreux rebondissements lors de la dernière décennie, qui a débuté et s’est terminée avec deux gouvernements minoritaires ponctués de trois élections. Nous vous dressons pour l’occasion une chronologie des moments marquants depuis dix ans. 

2010 

En route versl’équilibre budgétaire 

Photo Adobe Stock

Faisant face à un déficit record de plus de 55 milliards $, le gouvernement conservateur décide à l’automne de se serrer la ceinture afin d’atteindre l’équilibre budgétaire dans un horizon de cinq ans, en contrôlant de façon serrée ses dépenses lors des prochains budgets. Ottawa annonce aussi que le questionnaire long du recensement de 2011 ne sera plus obligatoire, ce qui soulève un tollé, et la présence militaire canadienne en Afghanistan est prolongée jusqu’en 2014.   

2011 

La vague orange 

Photo Agence QMI, Joêl Lemay

Pour la première fois de son histoire, le Nouveau Parti démocratique devient l’Opposition officielle au Parlement canadien. Sa poussée se fait surtout aux dépens du Bloc québécois, qui réalise son pire score, et de loin, depuis 1993. La vague orange coïncide avec l’élection d’un premier gouvernement majoritaire dirigé par Stephen Harper, qui était minoritaire depuis 2006. Sur la photo, le regretté chef du parti Jack Layton, lors d’une visite à Montréal en avril 2011. 

2012 

L’année mammouth 

Photo AFP

Le gouvernement conservateur adopte deux énormes projets de loi « mammouth », dont l’un sur le budget, qui amendent, abolissent ou créent des dizaines de lois, ce qui suscite de vifs reproches chez les partis d’opposition. L’équipe de Stephen Harper profite de l’occasion pour confirmer le retrait du pays du protocole de Kyoto, et décide aussi de recommencer à zéro le processus de remplacement des avions-chasseurs CF-18, après avoir été critiqué pour sa gestion des coûts associés au projet. 

2013 

Scandale au Sénat  

Photo REUTERS

Trois sénateurs, Pamela Wallin, Patrick brazeau et Mike Duffy, sont suspendus en novembre par le Sénat, embarrassés par des dépenses de voyage et de logement qui seraient injustifiées. C’est le début d’un long scandale qui s’étirera les années suivantes avec des enquêtes, des procédures judiciaires et des allégations similaires portées auprès d’autres sénateurs. Ottawa est aussi écorché par le Vérificateur général, qui critique les « importantes faiblesses » du gouvernement en matière de sécurité ferroviaire dans un rapport terminé peu de temps avant la tragédie de Lac-Mégantic. 

2014 

En guerre contrel’État islamique 

Photo AFP

Le Canada décide en octobre de participer à l’effort de guerre international contre le groupe terroriste État islamique et de mener des frappes aériennes en Irak. Pendant cette période, un attentat terroriste visant des militaires a lieu à Saint-Jean-sur-Richelieu, suivi deux jours plus tard d’une autre attaque à Ottawa (photo), semant la terreur au Parlement. L’ex-lieutenante-gouverneure Lise Thibault boucle l’année en plaidant coupable à des accusations de fraude liée à des dépenses fédérales et provinciales inappropriées.   

2015 

Les voies ensoleillées 

Photo AFP

Parti troisième dans les sondages, Justin Trudeau réussit l’improbable en remportant une victoire électorale convaincante et devient la coqueluche des médias internationaux. Le Parti libéral goûte enfin au pouvoir, une première depuis l’élection de 2006. Les libéraux se démarquent avec un message positif durant cette très longue campagne de 78 jours. Ils promettent aussi à la surprise de leurs adversaires des investissements massifs, au prix de « modestes » déficits, rompant avec l’austérité budgétaire des conservateurs de Stephen Harper. 

2016 

Un premier budget déficitaire 

Photo REUTERS

Le gouvernement de Justin Trudeau présente son premier budget, qui prévoit un déficit massif de 29,4 milliards $ au lieu des 10 G$ prévus en campagne. Le premier ministre en profite aussi pour approuver deux projets d’oléoduc, dont celui de Trans Mountain, et va se prélasser à Noël sur l’île du richissime prince et chef spirituel Aga Khan, ce qui lui vaudra un blâme de la Commissaire à l’éthique un an plus tard. C’est aussi l’année du lancement du système Phénix, qui occasionnera de nombreux problèmes de paie dans la fonction publique et une explosion du coût évalué aujourd’hui à 2,6 G$. Sur la photo, le ministre des Finances Bill Morneau à la Chambre des communes, avant le dévoilement du budget, le 22 mars 2016. 

2017 

Deux nouveaux chefs d’opposition 

Photo Guillaume St-Pierre

Justin Trudeau fait face à deux nouveaux rivaux sur les banquettes de l’opposition. Andrew Scheer l’emporte face à Maxime Bernier, qui fondera plus tard son propre parti, et est élu en mai chef du Parti conservateur. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) choisit en octobre Jagmeet Singh comme leader. Pendant ce temps, l’ancienne ministre du Patrimoine Mélanie Joly défend tant bien que mal une entente de 500 M$ conclue par son gouvernement avec le géant Netflix, qui fait l’objet de nombreuses critiques.   

2018 

Un voyage désastreux en inde 

Photo AFP

Justin Trudeau marque les annales politiques lors d’un « désastreux » voyage diplomatique de neuf jours avec sa famille en Inde où il enchaîne les controverses, notamment pour son port de vêtements traditionnels indiens et la présence d’un ex-terroriste sikh à une réception officielle. L’année 2018 est aussi marquée par la légalisation du cannabis, une promesse phare des libéraux, et le début des tensions du Canada avec la Chine qui connaîtront une escalade l’année suivante. 

2019 

La renaissance du Bloc québécois 

Photo Agence QMI, Joêl Lemay

Transporté par son nouveau leader Yves-François Blanchet, le parti indépendantiste renaît de ses cendres après huit ans de vaches maigres. La renaissance est d’autant plus étonnante que le parti avait frôlé l’éclatement durant l’épisode Martine Ouellet en 2018. Cette spectaculaire résurgence du Bloc stoppe au passage la progression du Parti libéral de Justin Trudeau au Québec. Le premier ministre, qui a traversé plus tôt dans l’année le long scandale SNC-Lavalin, doit cette fois se contenter d’un gouvernement minoritaire. La grogne au sein du Parti conservateur a raison de son chef Andrew Scheer, qui démissionne après un résultat électoral décevant. Pendant ce temps, un sentiment d’aliénation dans les Prairies fait émerger une nouvelle expression : Wexit. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.