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À huit mois, elle s’accroche à la vie

Atteinte d’une cardiomyopathie, Catherine a subi une opération à cœur ouvert à 10 jours de vie

Quebec
Photo Stevens LeBlanc La petite Catherine est branchée en permanence sur un appareil qui lui fournit l’apport nécessaire en oxygène, en attendant sa prochaine opération.

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Un poupon originaire de la Beauce a déjà un gros parcours de vie. Âgée de seulement huit mois, la petite Catherine a survécu à deux opérations à cœur ouvert, nécessaires pour traiter la cardiomyopathie avec laquelle elle est née.

Catherine est venue au monde en mars dernier avec un syndrome du ventricule unique, ce qui cause une oxygénation défaillante dans son sang. Elle a subi une première opération à cœur ouvert à seulement 10 jours de vie, une intervention correctrice temporaire qui lui donnait autant de chances de survivre que de risques de mourir.

Les parents de la petite, Joël Corriveau et Marie-Michèle Lessard, étaient au courant du combat que devrait mener Catherine dès les premiers jours de son existence, et ce, bien avant qu’elle soit née.

«À vingt semaines de grossesse, nous avons su qu’il y avait un problème avec son cœur lors de l’échographie. Nous avons été transférés au CHUL, où l’on a reçu le diagnostic lors d’une autre échographie, à 23 semaines», explique la mère de Catherine.

Ne pas baisser les bras

«Génétiquement, il n’y a rien qui explique pourquoi Catherine est née avec cette cardiomyopathie. C’est comme un accident d’avion dans un ciel bleu» – Joël Corriveau, père de Catherine

«Nous avions deux options, soit que l’on continuait ou on arrêtait la grossesse. C’était quelque chose d’assez rare, cette maladie. Et il n’y a pas que ça. Elle n’a pas de rate et son estomac est du mauvais côté. On savait que l’on s’embarquait dans de quoi de gros. Elle aurait pu venir au monde et mourir après, 10 jours plus tard», indique le père de famille.

Mais pour le couple qui avait éprouvé beaucoup de difficulté à avoir un enfant, il était hors de question de baisser les bras.

«On s’est dit : “Go, on y va”. Il y avait des solutions pour elle et on trouvait que nous n’avions pas de droit sur sa vie», poursuit Mme Lessard.

«On trouvait qu’elle méritait de vivre, que ce soit pour 10 jours ou pour 10 ans», renchérit son conjoint.

Il indique toutefois qu’il n’oubliera jamais le premier départ de sa fille vers le bloc opératoire.

«Quand on l’a vue partir pour la première fois avec le médecin pour son opération, ç’a fessé. On s’est demandé si c’était la dernière fois qu’on la voyait», confie-t-il.

Les parents soulignent le soutien de la Fondation En Cœur, dont l’aide a été inestimable en appui psychologique et en soutien financier.

Une autre opération à venir

Catherine a bien mené son combat à ce jour et elle prend des forces pour une seconde chirurgie, prévue entre ce mois-ci et mars. L’intervention est aussi risquée que la première, mais les parents ont choisi d’être positifs. Et de la façon dont Catherine vit sa vie de bambin, il n’y a pas de doute qu’elle a envie de vivre, fait valoir le couple.

«On est dans la paix, la sérénité. On ne veut pas être négatif, elle n’a pas besoin de ça», lance Mme Lessard, qui admet toutefois être émotive à l’approche de la chirurgie.

Après cette intervention, Catherine devra en subir une dernière entre l’âge de 3 et 6 ans. «Elle ne sera pas une athlète olympique, mais ma femme et moi ne le sommes pas non plus», indique M. Corriveau.

«Nous sommes chanceux qu’elle soit là», termine Mme Lessard.

Syndrome du ventricule unique

  • Malformation cardiaque qui consiste en la présence d’un seul ventricule au lieu de deux
  • Elle est également née sans rate