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L’économie mondiale en rapide mutation

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L’économie mondiale continuera de nous surprendre en 2020. Parlons d’abord des États-Unis, où, jusqu’à récemment, on s’inquiétait d’une récession imminente. Or, l’oncle Sam semble plus résilient que prévu.

La Réserve fédérale américaine dispose d’indicateurs pour prédire la probabilité d’une récession. En juillet dernier, ce voyant était au rouge, et la Fed annonçait que l’économie américaine avait 33 % de chances de faire face à une récession sur un horizon de 12 mois.

L’économie américaine traverse la plus longue phase d’expansion économique de son histoire moderne, avec 10 ans de croissance ininterrompue. Il est donc normal que les économistes s’attendent à ce que le chat retombe éventuellement sur ses pattes... Mais pas pour cette année puisque, en ce début 2020, les prévisions ont changé.

Ralentissement aux États-Unis

On s’attend bien à un ralentissement, mais la crainte d’une récession s’est dissipée. 

Avec une croissance de 3 % en 2018 et de 2,3 % en 2019, la Fed s’attend à ce que l’économie américaine croisse de seulement 1,9 % cette année. C’est peu, mais au moins, ça ne plonge pas dans le rouge !

L’Europe en récession ?

Le divorce entre l’Union européenne et la Grande-Bretagne devrait devenir officiel en 2020. Malgré cela, c’est la faiblesse de l’économie allemande qui inquiète l’Europe.

L’Allemagne est la plus grosse économie de l’Union européenne. Ce moteur industriel et manufacturier traverse une tempête presque parfaite. Le protectionnisme américain frappe son industrie automobile, submergée par le scandale Volkswagen.

Le Brexit aura aussi d’importantes répercussions sur certaines industries allemandes névralgiques, que ce soit dans l’automobile, dans l’industrie mécanique ou chimique. Et l’incertitude politique qui entoure le départ d’Angela Merkel n’a rien pour aider.

Pendant la dernière année, les prévisions de croissance allemandes sont passées de 1,8 % à 1,1 %, puis à 1 %. Selon un sondage complété auprès d’économistes européens, la zone euro aurait 47 % de chances de se diriger vers une récession en 2020.

L’Asie, le plus gros joueur

Le continent asiatique franchira plusieurs étapes marquantes, en 2020. Selon les prévisions du Forum économique mondial, la taille de l’économie asiatique dépassera celle de tout le reste de la planète au cours des prochains mois !

La Banque asiatique de développement prévoit aussi que l’Asie sera le principal moteur de la croissance mondiale. Elle contribuera à pas moins de 60 % de toute la croissance.

Et ce n’est qu’un début. Le PIB asiatique, présentement de 22 000 milliards de dollars américains, augmentera d’un autre 50 % d’ici 2024 pour atteindre les 31 000 milliards. Une croissance fulgurante.

Nouvelle classe moyenne

La Chine, qui demeure la plus grosse économie mondiale, n’en sera pas la seule contributrice. Les Philippines, la Malaisie et l’Indonésie connaîtront d’intéressantes phases de croissance économique. 

Le nouvel accord de partenariat transpacifique et la bonification des liens de libre-échange entre les pays de la région n’y seront pas étrangers.

C’est ainsi que 2,16 milliards d’Asiatiques auront intégré la classe moyenne à l’issue de la présente année. Cette augmentation du revenu disponible est bienvenue. Elle se traduira en consommation accrue et en développement de nouveaux marchés. Mais elle posera d’importants défis environnementaux.


► Jean-Denis Garon est professeur à l’ESG UQAM