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Palmarès des commissions scolaires: parmi les meilleurs malgré de nombreux défis à relever

La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys a un taux de diplomation de 85%

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Photo agence qmi, dominick Gravel

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La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys fait fi des nombreux défis qui se dressent devant elle pour se classer parmi les meilleures commissions scolaires de la province, amenant plus de 85 % de ses élèves à la diplomation.

La commission scolaire qui se trouve sur l’île de Montréal pointe au 4e rang d’un classement produit par Le Journal, obtenant une cote globale de 6,2, largement au-dessus de la moyenne provinciale de 5,4.

Ces excellents résultats prennent toutefois un sens encore plus exceptionnel lorsqu’on s’attarde à la réalité avec laquelle composent ses dirigeants.

La commission scolaire voit 40 % de son bassin de clientèle prendre le chemin de l’école privée, le plus fort taux au Québec. 

Et parmi les quelque 15 000 élèves qui y étudient au secondaire, 63 % ont une langue maternelle autre que le français.

«[Les élèves] qui restent sont bien souvent soit défavorisés, nouveaux arrivants, à besoins particuliers, ou certains viennent chez nous pour un programme en particulier. On part donc avec une prise, même deux, mais ça ne nous a jamais empêchés de trouver des pratiques gagnantes», affirme la présidente Diane Lamarche-Venne.

Gestion individualisée

Parmi ces pratiques, la direction identifie son écoute des besoins spécifiques de ses élèves. Un centre d’intervention en contexte de diversité, où plusieurs chercheurs s’impliquent auprès des jeunes immigrants, a notamment été créé.

«On vient outiller notre personnel pour intervenir auprès de jeunes qui, par exemple, ont subi un traumatisme dans leur pays d’origine. Ce sont des élèves chez qui le cerveau n’est parfois pas toujours à on pour des apprentissages et il faut les accompagner», donne en exemple Dominic Bertrand. La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys suit aussi les résultats de ses élèves individuellement avec son «Bureau des statistiques et de l’imputabilité». Le directeur décrit la procédure comme un GPS installé sur chaque élève.

«Ça donne un portrait précis sur différentes composantes, comme les retards, les absences, les résultats scolaires, le taux de sortie de classe, etc. On est donc en mesure de fournir à nos directions des outils performants et adaptés pour un suivi quotidien», précise le directeur général, ajoutant que ces mesures ont «rapproché l’argent des salles de classe». 

«Ça fait une grande différence».

L’élève d’abord

Décidés à faire réussir une plus large part de leurs élèves, les dirigeants de Marguerite-Bourgeoys ont aussi choisi de recentrer leur modèle de gestion. 

«On a placé l’élève en haut de la pyramide, s’assurant que l’école a tous les moyens pour supporter et faire réussir les jeunes», explique le directeur général de la commission scolaire, Dominic Bertrand.

La recherche en éducation a joué un grand rôle dans cette transformation. Basé sur la théorie de «l’enseignement efficace», le virage a nécessité beaucoup de formation continue pour les directions et les enseignants, mais a rapidement porté fruit.

«La mobilisation s’est faite par elle-même parce que les résultats étaient là», assure la direction, saluant l’engagement de ses équipes.

S’ouvrir à la recherche

Une petite commission scolaire du Témiscamingue fait un bond de géant cette année dans le classement du Journal, portée par la latitude qu’elle laisse à ses directions et son ouverture à se coller à la recherche en éducation.

La commission scolaire du Lac-Témiscamingue, qui compte quatre écoles, dont deux qui ne sont pas recensées au Palmarès en raison de leur petite taille, est passée du 22e rang, en 2017, au 6e cette année. 

Ce bond réjouit le directeur général, mais ce dernier demeure malgré tout prudent vu le petit nombre d’élèves recensés. «Le poids statistique de chaque élève devient très important», explique Éric Larivière à propos de l’effet de cohorte qui peut expliquer les variations. «Mais oui, nous avons mis certaines choses en place qui rapportent des résultats.»

Autonomie des écoles

Parmi ces mesures, le directeur général cite la grande autonomie laissée aux directions d’école. Réparties sur un immense territoire, celles-ci participent aux comités de répartition des ressources et de gestion, ce qui facilite grandement la collaboration.

«Il y a 20 000 km2 habités, c’est grand. Chaque école est dans un milieu différent et doit mettre en place des stratégies différentes. Les écoles, on les accompagne. Il y a décentralisation du budget, elles font leur choix pédagogique à partir de ça, elles ont leur propre plan d’action qui tient compte de leur contexte», précise M. Larivière, saluant le fait qu’aucun élève n’est sélectionné, même dans les programmes particuliers. 

«Un élève qui veut faire du hockey, des maths fortes ou autre, on va travailler pour qu’il le fasse.»

Collés sur la recherche

La Commission scolaire du Lac-Témiscamingue n’a également pas peur de se tourner vers les dernières pratiques inspirées par la recherche en éducation. Même si elle ne regroupe qu’un peu plus de 400 élèves, jamais on n’y a hésité à s’entourer d’éminents experts.  

«On travaille très fort en concertation entre les écoles, les services éducatifs, la direction générale, les conseillers pédagogiques et la recherche», fait remarquer Éric Larivière.  

«Dernièrement, on a mis en place au primaire une approche de “réponse à l’intervention” avec le chercheur Alain Desrochers et on devrait voir les effets dans quelques années, en lecture notamment», ajoute le directeur, ouvert, tout comme ses enseignants, aux nouvelles idées.