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Victime d'un grave accident, cette ado de 14 ans est sauvée, mais... ne reconnaît plus ses parents

Elle a passé 17 jours dans le coma et a subi 12 opérations

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Près de trois mois après un grave accident de voiture, une adolescente de 14 ans du Lac-Saint-Jean ne reconnaît toujours pas ses parents. Elle se bat pour retrouver sa vie d’avant et doit réapprendre à parler, lire, écrire et marcher.  

Le 19 octobre dernier, la vie d’Anika St-Hilaire a basculé. Alors qu’elle se trouvait en voiture avec trois de ses amis, le conducteur se serait assoupi avant que le véhicule ne heurte de plein fouet un ponceau sur la route 169, à Chambord. Des quatre personnes à bord de l’automobile, c’est elle qui a subi les traumatismes les plus importants.        

Selon son père Éric St-Hilaire, la jeune fille souffrait de près d’une vingtaine de blessures internes et externes. Elle a dû subir une douzaine d’opérations pendant et après son coma, qui a duré 17 jours.        

On la voit ici entourée de ses parents, Cindy Pelletier et Éric St-Hilaire, de ses sœurs Maëllie et Ariel, et de ses frères Charles et Maddox.
photo Agence QMI, Steve Madden
On la voit ici entourée de ses parents, Cindy Pelletier et Éric St-Hilaire, de ses sœurs Maëllie et Ariel, et de ses frères Charles et Maddox.

«Qu’elle soit encore en vie aujourd’hui, c’est un miracle. Son cas est tellement lourd que les médecins nous ont demandé si des étudiants dans le domaine pouvaient venir la voir [pour observer les avancées de la médecine]», raconte le père, en entrevue téléphonique avec Le Journal.        

«On nous a d’abord dit qu’elle pourrait mourir, puis qu’elle resterait peut-être dans un état végétatif, et même qu’elle pourrait demeurer dans le coma. Pour avoir traversé tout ça, elle est vraiment tough», ajoute-t-il.        

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de la maman d'Anika, Cindy Pelletier, à QUB Radio:

Une longue réadaptation  

Depuis son arrivée au CHU Sainte-Justine, à Montréal, au début du mois de novembre, la jeune Anika a fait beaucoup de progrès, même si plusieurs séquelles subsistent toujours.        

photo Agence QMI, Steve Madden

«Elle parle, mais très peu. Elle est capable de compter, de réciter l’alphabet, et elle marche, mais très lentement. Par contre, elle est incapable de lire et d’écrire, et sa mémoire, c’est zéro», explique son père, la comparant à un «bébé de 14 ans» qui doit tout apprendre.        

«Elle ne me reconnaît toujours pas, soupire-t-il. Mais on travaille là-dessus. Ça pourrait prendre un mois, un an, dix ans. On ne sait pas si elle retrouvera ses souvenirs un jour.»        

Bien que la vie de l’adolescente ne soit plus en danger, son état demeure précaire. La semaine dernière, sans raison apparente, elle a perdu la vue pendant quelques jours.         

Elle devrait bientôt être transférée au Centre de réadaptation Marie Enfant du CHU Sainte-Justine.        

Une aide grandement appréciée  

Dans sa malchance, la famille originaire de Saint-Félicien a pu compter sur le soutien de sa communauté.        

Au moyen de campagnes de financement, la famille a récolté près de 25 000$ en dons. Ces dons ont permis de donner un coup de main aux parents qui ont dû prendre un congé sans solde pour s’occuper de leurs quatre autres enfants tout en restant au chevet d’Anika.        

Près de trois mois après l’accident, Anika St-Hilaire ne reconnaît toujours pas ses proches, dont ses parents Cindy Pelletier et Éric St-Hilaire, qui passent pratiquement tout leur temps à son chevet.
PHOTO AGENCE QMI, STEVE MADDEN
Près de trois mois après l’accident, Anika St-Hilaire ne reconnaît toujours pas ses proches, dont ses parents Cindy Pelletier et Éric St-Hilaire, qui passent pratiquement tout leur temps à son chevet.

La majeure partie de la somme a été déposée dans un compte au nom de l’adolescente pour son avenir.        

Une autre a permis à M. St-Hilaire et sa femme, Cindy Pelletier, de se procurer un véhicule fiable pour faire la route entre l’hôpital et la maison familiale. Auparavant, le couple devait parcourir les 460 kilomètres du trajet à bord d’un autobus. Un parcours d’une durée de 10 heures.         

«C’est fantastique de voir comment notre communauté nous a appuyés. Autant nous que les familles des trois autres jeunes [qui ont été blessés dans l’accident]. On est excessivement reconnaissants de l’aide qu’elle nous a apportée», déclare M. St-Hilaire.        

Dans l’espoir de rendre la pareille, M. St-Hilaire a inscrit Saint-Félicien à un concours dont le grand prix est 250 000$ pour rénover l’aréna de la municipalité. Aux dernières nouvelles, la candidature avait été retenue.         

L’accident  

Anika St-Hilaire se trouvait dans une voiture aux côtés de trois de ses camarades de cheerleading de la Polyvalente des Quatre-Vents, le 19 octobre dernier. Vers 23h, le conducteur de la voiture, Jean-Christophe Gagnon, se serait endormi au volant sur la route 169, à Chambord. Le véhicule a alors fait une sortie de route, à l’approche d’une courbe en direction nord, avant de terminer sa course contre un ponceau.        

Nombreuses blessures  

Anika St-Hilaire a subi de nombreuses blessures lors de l'accident et a par la suite dû subir une douzaine d’opérations.                

  • Tête: Commotion cérébrale aiguë, diverses fractures du visage et du crâne, problèmes de sens et perte de mémoire.        
  • Corps: Humérus cassé, traumatismes au niveau de l’estomac, de l’appendice et des intestins. Sa colonne vertébrale, son cou et des nerfs ont également été touchés.