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Rozon subira 5 jours de procès en juin

La plaignante affirme avoir été violée en 1980

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Gilbert Rozon subira son procès pour viol et attentat à la pudeur à partir du 8 juin, date à laquelle la plaignante replongera 40 ans en arrière pour expliquer à la cour ce qu’elle aurait subi aux mains de l’ex-magnat de l’humour. 

« Le temps pourrait être un obstacle à la preuve de la Couronne, car il fait souvent oublier des détails, mais lorsqu’on subit un événement traumatisant, on s’en souvient », explique la juge retraitée Nicole Gibeault, en expliquant les défis auxquels devra faire face la poursuite dans ce dossier. 

Rozon, 65 ans, était de retour au palais de justice de Montréal afin de fixer la date de son procès. Il brillait par son absence, mais il était représenté par son avocat Pierre Poupart, celui-là même qui lui avait obtenu une absolution pour une agression sexuelle sur une jeune femme de 19 ans, dans les années 1990. 

Cette fois, le fondateur de Juste pour Rire devra se défendre pour des crimes qui seraient survenus en 1980 à Saint-Sauveur, sur une femme dont on ignore tout pour le moment, même son âge.  

Une chose est toutefois certaine, c’est que cette femme témoignera à partir du 8 juin. Et de l’avis de la juge retraitée Gibeault, la tâche ne sera pas nécessairement facile pour le procureur de la Couronne, Bruno Ménard. 

La mémoire 

« Le viol, c’est un crime où habituellement seulement deux personnes sont impliquées : le violeur et la victime, explique-t-elle. Il pourrait y avoir d’autres témoins, par exemple pour dire qu’ils avaient vu l’un ou l’autre ce jour-là, mais c’est le témoignage de la victime alléguée qui sera important. » 

La difficulté, c’est que le crime allégué remonte à 40 ans et que le temps peut faire oublier bien des choses.  

La défense sautera assurément sur l’occasion pour miner la crédibilité de la femme lors du témoignage, mais Mme Gibeault rappelle que l’écoulement du temps est pris en compte par les magistrats, lorsqu’ils doivent analyser la preuve.  

  • Gilbert Rozon est aussi poursuivi au civil par une action collective du groupe Les Courageuses. L’accusé avait interjeté appel de l’autorisation de cette action collective. La Cour d’appel du Québec doit encore se prononcer sur ce sujet.