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Prescription de fortes doses d’antipsychotiques: le Doc Mailloux se bat «pour l’intérêt général»

Prescription de fortes doses d’antipsychotiques: le Doc Mailloux se bat «pour l’intérêt général»
Photo Kathleen Frenette

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Estimant se battre « pour l’intérêt général » et désirant voir son ordre appliquer les lignes directrices émises par la Cour d’appel concernant la prescription de fortes doses d’antipsychotiques, le psychiatre Pierre Mailloux était de retour, mardi, devant la cour.

Au cours de ses 40 années de pratique, le Doc Mailloux a été radié sept fois par le Collège des médecins, totalisant 21 mois de pratique, et il a dû payer 125 000 $ en amendes et pénalités.

Malgré cela, l’homme de 70 ans poursuit le combat contre son ordre professionnel qui, dit-il, a englouti au cours des 20 dernières années « au-delà de 1,5 M$ » en poursuites en tous genres contre lui et ses pratiques dites « controversées ». 

Gain en Cour d’appel

En octobre 2015 et au début du printemps 2016, le Doc Mailloux a remporté une importante victoire lorsque la Cour d’appel a fait tomber toutes les limites que lui imposait son ordre professionnel concernant les doses d’antipsychotiques pouvant être administrées à un patient adulte. 

« Je suis donc revenu à la case départ, et je peux maintenant donner à certains patients sévèrement atteints soit des doses d’antipsychotiques plus élevées, ou encore utiliser deux ou trois antipsychotiques sur le même patient », a expliqué l’homme qui a fait ses études à l’Université Laval. 

Fort de cette victoire, il a demandé à la Cour supérieure de forcer le Collège des médecins à « mettre à jour ses lignes directrices » en lien avec cette décision. 

Le juge Jacques Babin a toutefois rejeté la demande du Doc Mailloux, qui n’entend pas baisser les bras, et, mardi, c’est devant le juge Jocelyn Rancourt que le psychiatre a fait valoir ses arguments. 

« Pour l’intérêt général »

« Ce n’est pas un illuminé qui se présente devant vous... mais plutôt quelqu’un qui se bat pour l’intérêt général de la population », a plaidé le Doc, tout en précisant que les patients psychotiques qui ne sont pas traités adéquatement peuvent rapidement s’en prendre à « l’intégrité physique ou encore à la sécurité de leurs proches ».

Au sortir de la salle, il a ajouté, devant les journalistes, que l’un de ses traitements favoris était reconnu mondialement, depuis un an, comme étant « le 2e meilleur traitement pour les personnes atteintes de schizophrénie ». 

« Il s’agit de combiner un antipsychotique en injection et un antipsychotique par la bouche... et ça, moi, je le fais depuis 40 ans ! Mon ordre professionnel m’a traité de délinquant, la Cour d’appel a plutôt confirmé que j’étais avant-gardiste », a-t-il ajouté. 

Le juge Rancourt a pris la cause en délibéré et devrait faire savoir au cours des prochains jours si la Cour d’appel acceptera de se pencher sur cette question.