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Trop sexy pour la vraie vie: pourquoi car2go nous quitte

Trop sexy pour la vraie vie: pourquoi car2go nous quitte
Photo d'archives

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La nouvelle est tombée un peu avant la fin de l’année: le service de voitures en libre-service car2go (rebaptisé Share Now l’hiver dernier) va cesser ses activités dès le 29 février partout en Amérique du Nord. Dommage, mais guère surprenant. 

En offrant seulement des microautos Smart ou de luxueuses Mercedes-Benz, car2go n’a jamais répondu aux besoins principaux de sa clientèle qui veut, tout bonnement, des «chars» ordinaires pratiques à un prix raisonnable pour ses commissions de tous les jours. 

Trop étroit ou trop luxueux 

Une Smart, pour de brefs déplacements en solo ou à deux en ville, ça convient. Mais ces voiturettes s’avèrent inaptes sur la neige. On ne peut pas légalement y asseoir un enfant de moins de 9 ans (car la Loi exige un siège d’appoint sur une banquette arrière). Le coffre très étroit ne suffit pas toujours pour les grosses emplettes. Bref, une Smart, c’est cool... mais ça a ses limites. 

Une Mercedes-Benz, c’est agréable à conduire, mais ce véhicule convient mal à une razzia d’achats chez Costco ou Ikea ou à un périple de camping. Ces magnifiques banquettes, on répugne à y empiler des boîtes ou des valises. Bref, une Mercedes, c’est chic... mais peu propice au train-train pratico-pratique.  

La formule Communauto 

En revanche, prenez les quelque 750 voitures Prius de Flex (le libre-service Communauto): grises, quelconques, abordables, commodes. Parfois, ce que le public réclame, c’est un véhicule moyen, banal, économique, sans plus. Exactement ce qu’offre Communauto: rien de «sexy» comme car2go, mais une relation de fidélité à long terme. 

Pour la compagnie québécoise, la rivalité de car2go a été une bénédiction. Le géant est débarqué avec ses milliards et a imposé les véhicules en libre-service dans toutes les grandes villes. Le petit projet pilote embryonnaire de 25 voitures en libre-service limitées au Plateau-Mont-Royal qu’avait Communauto, il y a huit ans, aurait mis du temps à se propager si le «lobbying» de car2go n’avait pas fait éclater le carcan. 

Conquérir Toronto 

Même scénario à Toronto: car2Go a popularisé l’autopartage en libre-service avant de plier bagage il y a deux ans... et Communauto en a profité pour s’y implanter à la fin de 2018. «Ça va excessivement bien pour nous à Toronto, on dépasse toutes nos attentes, même si notre projet pilote avec la ville nous limite à seulement 200 véhicules pour l’instant », confirme Marco Viviani, le vice-président au développement stratégique. 

Dès le mois prochain, à son actuelle flotte de 750 automobiles en libre-service, Communauto va ajouter 120 nouvelles Prius grises. Au printemps, la compagnie ajoutera de 200 à 300 autres véhicules dans les rues de Montréal... ce qui viendra presque combler la brèche du départ des 425 voitures de car2go. Le nouveau «monopole» en profitera-t-il pour gonfler ses prix?