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Charest a conseillé la chinoise Huawei

C’est la deuxième fois que le géant des télécommunications recrute des experts au Parti libéral du Québec

Jean Charest
Photo d'archives L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest, photographié lors d’une conférence à Ottawa, en novembre, a fourni des conseils stratégiques au géant chinois Huawei dans le dossier de l’extradition de la directrice financière Meng Wanzhou.

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L’ex-premier ministre Jean Charest, aspirant à la chefferie du Parti conservateur du Canada (PCC), a été consultant pour le géant chinois Huawei l’été dernier, selon The Globe and Mail. 

Jean Charest, aujourd’hui avocat chez McCarthy Tétrault, a donné « des conseils stratégiques » à l’équipementier chinois pour l’aider dans le dossier de l’extradition de sa directrice financière, Meng Wanzhou, et pour vendre son réseau 5G au pays, d’après le quotidien torontois. 

Le nom de Jean Charest est lié à l’enquête Mâchurer, lancée en 2014 par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), dans la foulée de la commission Charbonneau, qui s’intéresse à des allégations de financement illégal au PLQ.  

Filière libérale 

Ce n’est pas la première fois que le fabricant chinois Huawei, accusé d’espionnage par les Américains, recrute des experts au Parti libéral du Québec (PLQ).  

En août dernier, Le Journal a révélé que la multinationale avait embauché l’ex-candidate libérale Sabrina Chartrand pour ses relations publiques dans la province. 

Jointe par Le Journal, la porte-parole québécoise de Huawei n’a pas voulu dire si Jean Charest avait été ou non consultant pour l’entreprise. 

« C’est sûr qu’en tant que multinationale qui opère dans 170 pays, on retient les services d’avocats et d’experts externes pour obtenir des conseils », s’est-elle limitée à dire. 

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Confusion 

Mercredi, Jean Charest n’a pas rendu les appels du Journal. Son cabinet McCarthy Tétrault n’a pas voulu accorder d’entrevue, optant pour une déclaration laconique par courriel. 

« McCarthy Tétrault a pour politique de ne pas divulguer si nous avons agi ou non pour le compte d’une organisation », a indiqué sa porte-parole Alley Adams, même si son site web indique que Huawei fait bel et bien partie de ses clients. 

« Nous offrons des services à de nombreuses entreprises chinoises d’envergure, notamment Aluminum Corporation of China (Chinalco), China Mining Resources Group Limited, CNOOC, Hanlong Group, Huawei Group », peut-on y lire. 

Quand Le Journal a demandé à l’attachée de presse du premier ministre Justin Trudeau s’il a rencontré Jean Charest pour parler de Huawei, elle a répondu qu’elle croyait que non. « Pas à ce que je sache », a indiqué Chantal Gagnon. 

Au cours des derniers mois, les services secrets américains ont multiplié les pressions auprès de leurs alliés pour bloquer Huawei du futur réseau 5G.  

Jusqu’à présent, les États-Unis et l’Australie lui ont fermé la porte, mais le gouvernement Trudeau n’a toujours pas dit s’il allait emboîter le pas.  

« La sécurité des Canadiens est au cœur des préoccupations, et en temps voulu nous prendrons des décisions judicieuses en ce qui concerne la technologie 5G », a répété le porte-parole du cabinet du ministre fédéral de la Sécurité publique Scott Bardsley. 

– Avec la collaboration de Marie-Christine Trottier