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Plomb dans l’eau des écoles: les chimistes doutent de la fiabilité des résultats

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L’appareil retenu par Québec pour tester la présence de plomb dans l’eau des écoles n’a jamais été testé sur le terrain, affirme l’Ordre des chimistes du Québec, qui met en doute la fiabilité des résultats de l’évaluation ordonnée par Québec.   

Le gouvernement Legault a récemment acquis des appareils portatifs Kemio Heavy Metals, au coût de 1,7 million $, afin de permettre aux établissements scolaires de tester la présence de plomb dans l’eau de leurs installations, après des enquêtes médiatiques l’automne dernier.    

«On n’a pas d’études sur le Kemio qui va dire : oui, cet instrument-là peut vraiment déterminer si on est à 4, à 3 ou 9 microgrammes par litre. On n’a pas encore cette confirmation-là», déplore le président de l’Ordre, Michel Alsayegh.   

  • Entrevue avec Michel Alsayegh, président de l’Ordre des chimistes du Québec et représentant au Conseil interprofessionnel du Québec  

Ce dernier avait d’ailleurs prévenu le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, dans une lettre acheminée à son cabinet le 2 décembre dernier. Puisque l’appareil n’était toujours pas sur le marché, l’Ordre faisait état de ses «importantes réserves face à ce choix d’appareil portatif et de nombreuses interrogations à l’égard des critères de sélection ayant guidé ce choix».  

«Dans ce contexte, il est impératif pour l’Ordre de vous demander de ne pas procéder à l’achat de cet appareil portatif dans l’immédiat», écrivait le président à M. Roberge.  

 Résultats mis en doute  

Maintenant que Québec a décidé d’aller de l’avant avec l’achat du Kemio Heavy Metals, «on a des doutes» sur les résultats de l’évaluation qui sera faite par les écoles au cours des prochains mois, dit M. Alsayegh en entrevue.  

Bien qu’il favorise des tests faits en laboratoire, M. Alsayegh affirme que son ordre ne se serait pas nécessairement opposé à l’utilisation d’un autre appareil portatif. «Si l’instrument avait été testé, avait eu un protocole analytique bien bâti, bien structuré, on n’aurait pas eu autant de réticences», assure-t-il.  

Michel Alsayegh estime que le Kemio Heavy Metals a été choisi par Québec principalement parce qu’il est plus simple à utiliser que d’autres appareils.  

Tests rapides  

Mais pour l’entreprise québécoise Atera Enviro, qui a vendu les appareils à Québec, ceux-ci sont aussi fiables que les autres modèles sur le marché. «L’appareil est basé sur un autre qui existe depuis une quinzaine d’années, qui a été renouvelé, mis à jour», explique le dirigeant de l’entreprise, Pascal Picotte.  

Au cabinet du ministre Roberge, on assure que la procédure et les appareils ont été validés par des experts. «Ceux-ci permettent de réaliser les tests exigés et d’en obtenir les résultats plus rapidement, selon les critères les plus stricts, et ce, à faible coût», écrit-on.  

Le ministère, lui, rappelle que le personnel scolaire chargé d’effectuer les tests sera formé au préalable. «De cette façon, nous espérons éviter que les coûts des tests en laboratoire ne freinent les commissions scolaires d’effectuer ces analyses», écrit le ministère. Toutefois, si elles le souhaitent, les commissions scolaires pourront confier l’évaluation des échantillons à un laboratoire.    

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