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Sauvé par un don de foie alors qu’il ne lui restait que trois jours à vivre

Un propriétaire de restaurants avait commencé à faire ses adieux à ses proches

Greff� du foie - Vianney Godbout
Photo Ben Pelosse Vianney Godbout, le propriétaire des trois restaurants Chasse-Galerie à Montréal, a reçu un don d’organe.

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Un restaurateur montréalais à qui un médecin donnait seulement 72 heures à vivre a survécu in extremis grâce à une greffe du foie cet automne, au moment où il commençait à faire ses adieux à ses proches. 

«Le médecin qui se trouvait dans ma chambre d’hôpital m’a dit que si j’avais des choses à faire, je devais les faire, car il ne pouvait plus rien pour moi», relate avec émotion Vianney Godbout. 

Le propriétaire des trois restaurants Chasse-Galerie à Montréal a encaissé ce pronostic dramatique le 26 octobre, au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

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Prêt à partir 

«J’étais avec mes parents et je leur ai dit que j’étais prêt à partir. Que j’étais heureux de la vie que j’avais eue», confie l’homme de 34 ans. 

Celui qui a déjà fait grimper la balance à 370 lb avoue qu’il avait besoin d’une transplantation de toute urgence étant donné ses dernières années de consommation excessive d’alcool.  

«Ma consommation était très loin de celle recommandée par Éduc’alcool», reconnaît-il. 

M. Godbout ajoute qu’il a toujours eu des problèmes de foie et qu’il souffrait à l’époque d’une cirrhose décompensée avec insuffisance hépatique sévère. 

Maintenu en vie 

Les premiers symptômes étaient apparus à la fin de l’été. Quand ses amis ont constaté qu’il avait le visage jaune, ils lui ont conseillé de voir un médecin. 

«Je me dégradais de jour en jour et j’étais maintenu en vie en attendant de trouver un donneur», illustre-t-il. 

«Je n’étais plus capable d’avoir mal et je voyais la mort comme une libération», dit M. Godbout, ajoutant qu’il a attendu un donneur pendant un mois et que son poids était descendu à 310 lb le jour de l’opération. 

M. Godbout se préparait à être transféré aux soins palliatifs pour vivre ses derniers moments de vie, lorsqu’un homme a été transporté en urgence au CHUM. Il est décédé quelques minutes après son arrivée. 

«On m’a raconté que c’est un médecin qui connaissait mon état qui a demandé à la famille si elle acceptait qu’il fasse don de son foie pour sauver une vie», explique le trentenaire, qui a finalement reçu la greffe quelques heures après avoir appris qu’il ne lui restait que trois jours à vivre. 

L’opération a duré environ neuf heures et il a obtenu son congé de l’hôpital quelques semaines plus tard. 

Informer la famille 

«Je suis plus en forme que jamais», lance M. Godbout, qui a adopté une nouvelle cause à défendre depuis l’opération qui lui a sauvé la vie. 

«Je tente de sensibiliser le plus de gens possible au don d’organe ; j’en suis devenu fatigant», dit-il avec humour. 

«Oui, ça peut sauver des vies, mais ça peut aussi éviter à des personnes de vivre l’horreur que j’ai connue pendant plusieurs semaines», conclut-il. 

Transplant Québec rappelle que l’inscription dans un des registres constitue la meilleure manière de confirmer son consentement au don d’organes, en plus de faire connaître sa volonté à ses proches. 

Longue attente 

Des centaines de patients attendent un don d’organe au Québec. Voici un exemple des délais moyens.  

  • Cœur: 231 jours | 62 patients en attente 
  • Rein: 448 jours | 524 patients en attente 
  • Foie: 199 jours | 103 patients en attente 
  • Poumon: 265 jours | 80 patients en attente  

Source : Transplant Québec