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Trump joue la carte de la paix

La réaction des États-Unis aux tirs de missiles iraniens mardi soir apaise les tensions au Moyen-Orient

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Photo d'archives, AFP Le président des États-Unis Donald Trump pendant son discours à la Maison-Blanche.

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Le président américain Donald Trump a calmé le jeu mercredi en ne répliquant pas par les armes à l’attaque de l’Iran sur deux bases qui abritent ses soldats. Le monde respire maintenant un peu mieux, selon des experts.

« Il y a clairement un soupir de soulagement », analyse le professeur Rachad Antonius, spécialiste du Moyen-Orient et professeur de sociologie à l’UQAM.

Si certains craignaient le déclenchement d’une guerre entre les deux pays, le discours de Donald Trump, qui était entouré de son état-major à la Maison-Blanche mercredi avant-midi, est venu calmer un peu le jeu.

M. Trump a ouvert la porte aux négociations, mais a spécifié que « l’Iran doit abandonner son programme nucléaire et cesser de soutenir les terroristes ».

Il a aussi évoqué l’imposition d’importantes sanctions économiques contre l’Iran et demandé aux pays de l’OTAN de s’impliquer davantage au Moyen-Orient.

Mardi soir, l’Iran a lancé 22 missiles sur deux bases militaires qui abritent des soldats américains en Irak. Selon les États-Unis, ces frappes n’ont fait aucun mort ni blessé. Seulement des dommages matériels mineurs. Cette attaque était une réplique à l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani, vendredi dernier, par les Américains. Ce dernier était considéré comme un terroriste par les États-Unis. Il serait, selon eux, à l’origine de différentes attaques contre des Américains au Moyen-Orient, et s’apprêtait à en commettre d’autres.

Une image du lancement d’un missile de l’Iran contre la base d’Ein-al Asad, en Irak, où sont basés des soldats américains.
Photo d'archives, AFP
Une image du lancement d’un missile de l’Iran contre la base d’Ein-al Asad, en Irak, où sont basés des soldats américains.

Stopper l’escalade de violence

Selon ce que différents médias rapportent, l’Iran aurait choisi d’éviter de tuer des soldats américains. « L’Iran a estimé qu’en cas de perte de vies, n’importe quelle réaction de Trump aurait été dévastatrice », soutient le professeur de l’Université de Sherbrooke spécialiste du Moyen-Orient, Sami Aoun.

« Nous ne cherchons pas l’escalade ou la guerre », s’est aussi empressé de souligner le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, après le discours de Trump, en précisant que les représailles « proportionnées » de la nuit étaient « terminées ».

Le guide religieux suprême du pays, l’ayatollah Ali Khamenei, a toutefois estimé que cette « gifle à la face » des États-Unis n’était « pas suffisante pour cette affaire ».

Loin d’être terminé

« La tension a bien descendu d’un cran, mais on n’est pas sortis de l’auberge », explique Charles-Philippe­­­ David, spécialiste de la politique étrangère des États-Unis et fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM. Selon ce dernier, le moindre incident contre des troupes américaines impliquant des milices dont l’Iran n’a pas toujours le contrôle pourrait raviver la tension.

–Avec l’AFP


► Mercredi soir, deux roquettes se sont abattues au cœur de la zone verte à Bagdad, en Irak, secteur où se trouve l’ambassade des États-Unis. L’attaque n’a pas été revendiquée.

Ce qu’ils ont dit  

« L’Iran semble reculer, ce qui est une bonne chose pour toutes les parties concernées et une très bonne chose pour le monde. » – Donald Trump, président des États-Unis

« J’étais très content qu’il lise son texte, qu’il ne se mette pas à dire des choses, à improviser. [...] On peut raisonnablement penser qu’il y a eu un “sauve la face” et que tout le monde va s’en tenir à ça. » – Amir Khadir, ex-député du Québec d’origine iranienne

« Il était mesuré, ferme », a-t-il déclaré à des journalistes. « Je m’adresse aux Iraniens et au régime : il [M. Trump] vous a donné l’opportunité de mettre fin à tout cela de façon pacifique. Il vous donne une chance d’obtenir la paix et la prospérité, vous devez la saisir. » – Lindsey Graham, sénateur républicain  

« Le Canada condamne l’attaque aux missiles faite par l’Iran. [...] Nous continuons d’exhorter [à] une désescalade des tensions et [au] dialogue dans la région. » – Justin Trudeau, premier ministre du Canada