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Le travail saisonnier le met sur la paille

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Illustration Adobe Stock

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Employé d’une entreprise de travail saisonnier, Pierre-Luc, 27 ans, a beaucoup de mal à joindre les deux bouts durant ses périodes de chômage. Plusieurs mois par an, il utilise ses cartes de crédit et s’endette.

Touchant 3900 $ par mois lorsqu’il est à l’emploi d’une compagnie d’aménagement paysager, les revenus de Pierre-Luc chutent radicalement lorsqu’il se retrouve sur l’assurance-emploi, six mois par an. Certes, la prestation de 1950 $ qu’il reçoit durant l’hiver suffit pour assumer ses dépenses de base d’un montant total de 1745 $.

Mais le jeune homme est habitué à un certain train de vie et cherche à le maintenir même lorsque ses revenus sont moindres. Résultat : il utilise ses cartes de crédit pour pallier le manque à gagner et s’endette progressivement.

S’endetter pendant l’hiver

Au bout du compte, Pierre-Luc se retrouve avec des soldes de 30 000 $ sur ses cartes de crédit. En été, il est en mesure d’effectuer les paiements minimums mensuels, et même d’en verser un peu plus. Mais en hiver, rien ne va plus, et l’endettement reprend de plus belle.

Comble de malheur, l’arrivée hâtive du froid et de la neige cette année a mis un terme prématuré à son emploi, et il doit absolument trouver une solution avant de s’enfoncer davantage dans la spirale de l’endettement.

« Lorsqu’il est venu nous rencontrer, il ne savait plus quoi faire pour se sortir de cette situation. De plus, il était très inquiet, car il a appris que les paiements minimums mensuels exigés par les émetteurs de cartes de crédit vont augmenter progressivement au cours des prochaines années », explique Fanny Chouinard, conseillère principale en redressement financier chez Raymond Chabot.

En effet, actuellement, le paiement minimum mensuel à effectuer est de 2 % du solde, mais ce taux va grimper jusqu’à 5 % en 2025.

Une proposition flexible

Fanny Chouinard souligne que Pierre-Luc n’est pas le seul travailleur saisonnier à se retrouver dans une si mauvaise position. Dans les secteurs agricole, du tourisme et de la construction, par exemple, nombreux sont ceux qui connaissent une chute de revenus drastique en hiver.

« Idéalement, il faudrait mettre de l’argent de côté tant que l’on reçoit son salaire, afin de compenser les mois où l’on sera plus serré financièrement. Mais les imprévus sont si vite arrivés et il n’est pas toujours facile d’atteindre cet objectif », indique la conseillère.

Dans le cas de Pierre-Luc, Fanny Chouinard lui a suggéré de faire une proposition de consommateur. Celle-ci lui permettra de se libérer d’une partie de ses dettes, en échange d’un versement sur plusieurs mois. Ses créanciers ont accepté une offre de remboursement de 15 000 $ sur quatre ans. « Les paiements ont été adaptés au rythme de ses revenus. En hiver, il effectuera six versements de 200 $ par mois, et de mai à octobre de 425 $ par mois. La proposition de consommateur est un outil flexible qui permet de s’adapter à différentes réalités », mentionne Fanny Chouinard.

S’il le souhaite, il pourrait aussi rembourser plus rapidement, lorsque ses revenus le lui permettront. Il a aussi la possibilité de verser davantage en été afin de se constituer un petit coussin pour l’hiver. Et contrairement aux soldes des cartes de crédit, les taux d’intérêt ne s’appliquent pas sur une proposition de consommateur.

Sa situation financière

Actif :

  • Véhicule Honda Civic 2016 : valeur de 15 000 $, financé

Dettes :

  • Cartes de crédit : 20 000 $
  • Carte Canadian Tire : 10 000 $
  • TOTAL : 30 000 $

Revenu mensuel

  • Salaire pendant 6 mois par an : 3900 $
  • Assurance-emploi pendant 6 mois par an : 1950 $
  • Revenus moyens par mois : 2925 $

Dépenses mensuelles

  • 1745 $ (incluant loyer, téléphone, électricité, épicerie, prêt automobile, assurances)