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Quelle occasion que ce Bye bye!

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N’étant pas au Québec le 31 décembre, je ne pouvais regarder le Bye bye. Au grand plaisir de ma femme. «Comme ça, a-t-elle dit, tu ne pourras pas “bitcher” dans ta chronique!» 

Quelques jours après, je n’ai pu résister à l’envie de le regarder. Comme j’ai bien fait! Non seulement je ne «bitcherai» pas contre ce Bye bye, mais je trouve qu’il offre à Radio-Canada une occasion en or, celle de mettre enfin un terme à cette émission de fin d’année. 

Comme revue de l’année, le Bye bye est redondant et assez poche. Avec moins de moyens, Infoman fait mieux et est plus drôle. Même la revue de l’année du Rideau Vert ratisse plus large et fait rire davantage. Il faut dire que l’humour bête et méchant du chef scripteur André Ducharme, qui n’a pas évolué depuis Rock et Belles Oreilles, n’a rien fait pour tirer ce dernier Bye bye vers le haut. 

Si j’étais Desjardins, j’en profiterais pour réduire mon budget de commandite à Radio-Canada. Si j’étais Caroline Néron, Xavier Dolan ou Michel-Olivier Girard, je n’avalerais pas de sitôt ces gags trop personnels qui ont peut-être déridé la petite clique de scripteurs, mais pas les téléspectateurs.  

LES PLANÈTES SONT ALIGNÉES 

Ces jours-ci, le comité d’experts de Janet Yale déposera son rapport sur la révision des lois de la radiodiffusion et des télécommunications. Une partie du rapport concernera Radio-Canada, le comité étant aussi chargé d’en préciser le mandat. Dans quelques semaines, le CRTC tiendra des audiences pour le renouvellement des licences de la société d’État. 

Les planètes sont donc bien alignées pour que la nouvelle direction de Radio-Canada, issue du secteur privé pour la première fois de son histoire, remodèle les deux grands réseaux et leur dessine un avenir qui fasse enfin taire leurs détracteurs. 

Madame Catherine Tait, la nouvelle PDG, et Michel Bissonnette, le vice-président du réseau français, sont deux personnes trop brillantes pour ne pas profiter du renouvellement des licences pour revoir la programmation de la société et cesser de la justifier uniquement par les cotes d’écoute. 

Le moment ne saurait être mieux choisi pour remettre à plat la programmation. En commençant par ce rendez-vous télévisuel de fin d’année. Je ne voudrais pas perturber leur cogitation en suggérant, par exemple, de produire deux ou même trois séries de moins par saison afin de consacrer un budget substantiel à une série prestigieuse.  

FAITES-MOI TAIRE, S.V.P. 

Pour faire taire ceux qui considèrent comme moi que Radio-Canada donne trop dans la légèreté, pourquoi ne pas consacrer plusieurs émissions par an à de grands concerts, à des entrevues de fond avec des personnalités mondiales, à des débats sociaux, politiques ou culturels réunissant des participants exceptionnels qu’on ne voit pas tous les jours à la télé? 

Loin de moi l’idée de revenir à L’heure du concert ou aux Beaux dimanches, mais peut-on mieux occuper les ondes qu’avec des concepts aussi insignifiants que Faites-moi rire? Est-ce souhaitable que la télé d’État prive les moins fortunés de ses émissions les plus consistantes en les diffusant sur des chaînes spécialisées payantes? Ou en les diffusant en primeur sur Tou.tv Extra, qu’il faut aussi payer? La télé d’État laisse ainsi languir ses téléspectateurs les plus fidèles et probablement les plus nombreux. 

Une nouvelle décennie commence, on peut rêver!