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Toujours la faute de l’Occident

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Oui, Donald Trump est intempestif et imprévisible. 

Oui, il n’a probablement fait qu’à sa tête, ne consultant personne, sous prétexte qu’on n’a pas besoin de consulter qui que ce soit quand on est un génie. 

Oui, en géopolitique, il faut penser à long terme, prévoir les 10 prochains coups de son adversaire et calculer les conséquences de chacune de nos décisions, comme lorsqu’on joue aux échecs. 

Oui, on a toutes les raisons de critiquer les États-Unis. 

Mais pourquoi on ne se montre pas aussi sévère envers l’Iran ? 

À lire ce qui s’écrit, ces temps-ci, on a l’impression que le gouvernement américain est plus dangereux que le régime iranien ! 

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TOUS LES IRANIENS PLEURENT ? 

« Oui, mais il ne faut pas exciter le régime iranien », répète-t-on. 

Vous croyez qu’il a besoin de Trump pour s’exciter, le régime iranien ? Pour faire couler le sang ? 

C’est toujours la même chose : quand l’Occident réagit aux provocations de ses ennemis, paf ! on blâme l’Occident.   

« Il faut agir avec prudence, retenue, et surtout ne pas verser de l’huile sur le feu... » 

Et les ayatollahs ? Ils agissent avec prudence et retenue, eux ? 

À ce que je sache, s’il faut se garder de jeter de l’huile sur le feu, c’est qu’il y a un feu, non ? 

Peut-on AUSSI blâmer ceux qui l’ont allumé ?   

Concernant les manifestations de colère du « peuple iranien » contre les États-Unis et son président... 

Se pourrait-il que beaucoup d’Iraniens appuient Trump ? 

Lundi, dans le Washington Post, une journaliste iranienne, Masih Alinejad, a écrit qu’elle est inondée de messages de citoyens iraniens qui se réjouissent de la mort du « général » (« terroriste » ou « criminel de guerre » seraient des mots plus appropriés) Qassem Soleimani. 

« J’ai plus de quatre millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, et j’ai reçu des milliers de messages provenant d’Iraniens qui sont contents que Soleimani soit mort. 

« Ne croyez pas la propagande du régime iranien. Le gouvernement a ordonné aux commerçants de fermer les portes de leurs boutiques et obligé les étudiants à aller manifester. De plus, dans les écoles primaires, ils obligent les jeunes à écrire des messages de condoléances... 

« Les médias occidentaux se montrent très sceptiques quand des manifestations pseudo-populaires se déroulent dans des pays comme la Corée du Nord ou la Russie, mais quand il s’agit d’États islamistes comme l’Iran, bizarrement, ils laissent leur sens critique à la frontière... » 

INDIGNATION SÉLECTIVE 

Bien sûr qu’il faut critiquer Trump. 

Mais ça prend deux personnes pour danser le tango. 

Tout ça me fait penser à Charlie Hebdo

Qu’ont dit les écrivains John le Carré et Michael Ondaatje, au lendemain du massacre du 7 janvier 2015 ? 

Que les journalistes de Charlie Hebdo « l’avaient bien cherché » en « jetant de l’huile sur le feu ». 

Qu’ont dit ceux qui critiquent actuellement Donald Trump quand Qassem Soleimani et sa Garde révolutionnaire massacraient leurs ennemis ? 

Rien. 

Comme ils ne disent mot quand les ayatollahs pendent des homosexuels et emprisonnent des militantes féministes. 

Les bien-pensants ont l’indignation sélective. 

Présents quand vient le temps de critiquer l’Occident. 

Absents quand vient le temps de critiquer les régimes islamistes. 

On connaît la chanson...