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Israël teste un nouveau laser pour intercepter drones et missiles

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Jérusalem | Israël testera, dans les prochaines semaines, un nouveau laser facilitant l’interception de drones ou de missiles antichars, ont annoncé les autorités dans un contexte régional de tension avec l’Iran, ennemi juré de l’État hébreu. 

Le ministère de la Défense s’est félicité, cette semaine, de cette «percée» technologique visant à renforcer l’arsenal antiaérien de l’État hébreu, qui a mené en août une frappe en Syrie voisine pour contrer, selon l’armée israélienne, une «attaque au drone kamikaze» que l’Iran préparait contre Israël.  

En «riposte» à cette frappe israélienne, le Hezbollah libanais pro-iranien avait tiré des missiles antichars sur Israël, qui avait aussitôt répliqué en frappant le sud du Liban.  

Développé par Israël, ce nouveau laser sera capable d’intercepter «tout» ce qui est lancé en direction de l’État hébreu, notamment des missiles à moyenne et longue portée, des missiles antichars et des drones, a précisé à l’AFP un responsable de la Défense israélienne requérant l’anonymat.  

Ils viendront «appuyer» les boucliers antimissiles «Iron Dome», utilisés principalement pour contrer les projectiles de courte portée, «Fronde de David», qui cible les menaces à moyenne portée, et Arrow, destiné à l’interception de missiles de longue portée, a indiqué ce responsable.  

Le ministère de la Défense doit mener des tests au cours de l’année avec l’ambition d’utiliser ces lasers sur des plateformes mobiles afin de protéger des soldats ou une cible sur le terrain.  

Foudroyé «en une seconde»  

Selon les autorités, cette «percée» tient à l’utilisation de l’électricité et non de la chimie pour générer la puissance du laser, plus efficace et moins onéreux que les missiles actuellement utilisés pour contrer les menaces aériennes.  

Mais le plus important est le facteur vitesse, car une fois que le laser a identifié sa cible, il peut l’éliminer en «une seconde», explique à l’AFP Isaac Ben Israel, ancien chef de la recherche au ministère de la Défense qui dirige aujourd’hui le programme d’études de sécurité à l’Université de Tel-Aviv.   

«Israël a déjà un bon système de défense aérien. (...) Le problème, c’est lorsque des ballons ou des drones sont lancés à quelques centaines de mètres de distance, et que vous ne les voyez que quand ils peuvent déjà lancer une bombe sur vous».  

«Les systèmes de défense réguliers (...) sont insuffisants. La menace est trop immédiate», souligne-t-il. «C’est là que le système (laser) a un avantage».  

Il note toutefois que la mauvaise visibilité causée par des nuages ou des tempêtes de sable pourrait réduire l’usage de cette technologie.  

L’annonce israélienne de cette «percée» technologique survient dans un contexte de tensions régionales exacerbées après une frappe meurtrière américaine qui a visé, la semaine dernière à Bagdad, le général iranien Qassem Soleimani, puissant architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient.