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Les profs d’ECR sous le choc: la culture religieuse est incontournable

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo d'archives Simon Clark Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

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«Sous le choc», les enseignants d’éthique et culture religieuse déplorent l’intention du ministre Jean-François Roberge de réduire la place faite à la religion dans leurs cours.  

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Le ministre de l’Éducation a lancé, vendredi, une consultation citoyenne en vue de réviser cette matière qui a remplacé l’enseignement religieux confessionnel et moral dans les écoles du Québec depuis 2008.  

Marc Chevarie, président de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR), ne cache pas son étonnement et sa déception. «L’immense majorité de nos membres considèrent la culture religieuse comme une réalité incontournable et d’ailleurs, pour moi, si la société actuelle ne peut entrer en dialogue, y compris sur le terrain du religieux, il y a de quoi craindre pour l’avenir», affirme-t-il.    

Il déplore que les principaux intéressés, c’est-à-dire les profs du cours d’ECR, ceux qui seront chargés d’enseigner cette nouvelle matière aux élèves québécois, n’aient pas été consultés en priorité.    

Le gouvernement de la CAQ souhaite intégrer au programme d’ECR notamment l’éducation à la sexualité, l’éducation juridique, l’écocitoyenneté, le développement de soi et la citoyenneté numérique.    

Bien sûr, le Québec a eu un mouvement de sécularisation par rapport au religieux, mais il il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, insiste Marc Chevarie, joint par notre Bureau parlementaire entre deux cours d’ECR.  

Selon lui, la culture religieuse est primordiale pour «comprendre l’autre dans sa différence».  

Tolérance  

Il est souhaitable de continuer d’enseigner aux enfants les diverses cultures religieuses existantes si le Québec veut demeurer une terre de tolérance et de dialogue, estime le président de l’AQÉCR.    

«On veut faire des gens des citoyens du monde, mais on est en train de refermer ce monde dans lequel on se trouve en disant "on va mettre la culture religieuse dans le placard, on n'en parlera pas"», ajoute-t-il.  

Marc Chevarie entend participer aux consultations sur la refonte du cours d’ECR. «On va s’asseoir pour entrer en dialogue avec le ministre, mais on espère que ça ne fera pas comme le projet de loi 21 (sur la laïcité de l’État), que les dés ne sont pas déjà joués».  

Évêques catholiques  

Une crainte que partagent les représentants de l’Église catholique. «L’Assemblée des évêques catholiques du Québec questionne fortement le fait qu’avant même de procéder à des consultations, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur annonce déjà sa volonté de remplacer, en tout ou en partie, les notions de culture religieuse», peut-on lire dans leur communiqué de presse.