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Lourde peine pour un ex-cadre de SNC-Lavalin

Sami Bebawi est remis en liberté après avoir fait appel du verdict

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L’ancien cadre de SNC-Lavalin Sami Bebawi a été condamné à huit ans et demi de prison pour fraude et corruption vendredi, mais il a été aussitôt été libéré, car il porte le verdict en appel. 

Le juge Stéphane Sansfaçon de la Cour d’appel du Québec a accueilli la requête pour remise en liberté de Bebawi, 73 ans, en fin de journée vendredi, le temps que son appel soit entendu. 

Les avocats de Bebawi contestent notamment l’admissibilité d’une preuve d’infiltration où l’on entendait l’ex-cadre de SNC et un de ses anciens avocats, Me Constantin Kyres, proposer un pot-de-vin à un témoin pour qu’il change sa version des faits. 

Menotté 

Plus tôt dans la journée, Bebawi avait été menotté par un constable spécial et avait pris le chemin d’une prison après avoir reçu sa sentence. 

«M. Bebawi a participé à la distribution de plusieurs dizaines de millions de dollars à des membres ou à l'entourage de ce qu'un expert a décrit comme une kleptocratie dictatoriale», a déclaré le juge Guy Cournoyer, de la Cour supérieure, au Palais de justice de Montréal. 

Sami Bebawi au Palais de justice vendredi avec quelques effets personnels en vue de prendre le chemin de la prison.
Photo Martin Alarie
Sami Bebawi au Palais de justice vendredi avec quelques effets personnels en vue de prendre le chemin de la prison.

Cupidité 

«La cupidité corporative institutionnelle existant au sein de SNC-Lavalin et celles de certains de ses dirigeants entraînent un dérapage dont l'extravagance et les excès entrent en collision frontale avec les paramètres clairs établis par le droit canadien», a-t-il poursuivi.  

La procureure de la Couronne, Me Anne-Marie Manoukian, s’est déclarée satisfaite du jugement en mêlée de presse. Elle a souligné que la peine imposée à Bebawi est proche de celle de neuf ans que réclamait la Couronne. 

En décembre, Sami Bebawi avait été reconnu coupable au terme d’un procès devant jury de cinq chefs d’accusation relatifs au versement de pots-de-vin en Libye en échange de contrats pour SNC.  

La Couronne reprochait notamment à Bebawi d’avoir offert un yacht de 25 millions $ américains au fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, Saadi Kadhafi. 

Paradis fiscal 

En participant au versement de pots-de-vin, Sami Bebawi aurait personnellement reçu près de 30 M$ dans une société-écran située dans un paradis fiscal. Il aurait d’ailleurs tenté de faire disparaître une partie de cet argent après son arrestation. 

«Bien que la corruption d'agents publics étrangers soit parfois perçue comme un passage obligé à l'obtention de contrats dans certains pays, il ne saurait être question qu'elle soit considérée avec quelque relativisme que ce soit», a martelé le juge Cournoyer.