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Aux courses à Blue Bonnets

1961

Aux courses à Blue Bonnets
Photo d'archive de la ville de Montréal, Vue vers le sud-ouest du boulevard Décarie, entre les rues Paré et Jean-Talon. 7 juin 1961. VM105-Y-3_561-007.

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Photo Pierre-Paul Poulin
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LE 77 SUNSET STRIP, ALIAS LE BONFIRE 

Cette pizzeria du boulevard Décarie évoque une série policière hollywoodienne « 77 Sunset Strip ». En 1961, l’établissement vient d’être retapé et renommé après un incendie. Nommé auparavant le Bonfire, le restaurant cache un passé sulfureux. Selon Pacifique « Pax » Plante de l’escouade de la moralité, c’était « un établissement commercial prospère, qui servait de façade à bien d’autres genres de commerces, où l’on pouvait voir de sombres personnages ». En 1952, le mafioso new-yorkais Jos Bonnano envoie à Montréal son bras droit, Carmine Galante. Celui-ci s’allie aux gangsters Luigi Greco et Vic Cotroni ainsi qu’au bookmaker Harry Ship. Faisant l’acquisition du Bonfire en 1954, ils y consolident le jeu et les paris illicites ainsi que les activités du crime organisé. Mais les visites importunes de la police et les arrestations finissent par rendre nerveux « les habitués » du Bonfire. La mafia délaisse le restaurant qui est finalement rasé à la construction de l’autoroute Décarie vers 1964. 

L’ORIGINE DU BLUE BONNETS

En voiture, impossible de manquer l’entrée du Blue Bonnets. De toutes les pistes à Montréal, c’est certainement celle qui a laissé le souvenir le plus vif. Selon certains, l’hippodrome aurait hérité d’un nom qui rappelle le début des compétitions équestres à Montréal. Remontant à 1828, les premières courses se déroulent près d’une taverne et d’un hameau dénommés le Blue Bonnets dans un secteur de l’actuelle ville Saint-Pierre. Bien que le village soit rasé à la construction du chemin de fer de Lachine en 1847, le nom bien connu des amateurs est repris pour l’hippodrome à Montréal-Ouest, actif de 1872 à 1890. Poursuivant cette tradition, Hugh Montaigu Allan achète en 1906 des terres agricoles au village de Notre-Dame-des-Neiges Ouest pour y aménager une piste semblable à celle de l’hippodrome de Saratoga dans l’état de New York. La tradition des courses à Blue Bonnets reprend ainsi le 4 juin 1907 devant 3000 personnes. 

COURSE À PLAT OU AU HARNAIS ?

Aux courses à Blue Bonnets
Photo Banq Vieux-Montréal, Une des courses, 18 février 1973. E205S8SS1D258_P1

Le 18 février 1973, cette course au harnais attire la foule ! C’est la robustesse des chevaux attelés qui permet à ce type de compétitions d’avoir lieu l’hiver, de jour comme de soir. À l’arrière-scène, l’estrade populaire datant de 1965 peut accueillir 25 000 personnes. Propriétaire depuis 1958, Jean-Louis Lévesque avait lancé un plan de modernisation des installations du Blue Bonnets, mais aussi annoncé le retour des courses « à plat », où le jockey est monté sur le dos d’un cheval. Comme ces courses se déroulent seulement en après-midi, où le public est moindre, celles-ci avaient disparu à Blue Bonnets en 1953. Souhaitant varier le programme, Jean-Louis Lévesque les remet à l’horaire en 1961. Malgré les foules importantes, la valeur des mises ne rapporte pas les profits escomptés. La fin des courses à plat, dont celles de pur-sang, en 1970 annonce un long déclin. Fermées officiellement en 2009, les installations du Blue Bonnets sont rasées en 2018 pour laisser place à un projet immobilier.