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Dix ans après le tremblement de terre, «les gens pleurent encore»

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MONTRÉAL – Dix ans après le terrible séisme qui a secoué Haïti, les souvenirs sont toujours douloureux. Bien qu'une décennie soit passée, les Haïtiens peinent toujours à se relever de cette tragédie qui a fait des milliers de morts et qui a défiguré le pays. 

Gaël Stevenson avait 12 ans quand la terre a tremblé en 2010. Il a réussi à sortir du sous-sol où il se trouvait, mais il se souvient encore très bien des cadavres et des blessés entassés. 

«On m'avait demandé à moi et à mes plus grands cousins de cacher les yeux des plus petits qui étaient avec nous», s’est-il remémoré. 

Aujourd’hui, Gaël Stevenson s’implique auprès de la Maison d’Haïti afin de redonner à sa communauté. 

Depuis dix ans, cet organisme a accueilli 20 000 personnes. 

La directrice générale, Marjorie Villefranche, a rappelé que les blessures sont encore fraîches pour beaucoup d’Haïtiens. 

«Chaque fois qu'on parle du tremblement de terre, les gens pleurent encore, dix ans plus tard. Ça veut dire que c'est un gros traumatisme», a-t-elle ajouté. 

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

L’aide humanitaire mal gérée 

Comme si le pays n’en avait pas assez de se relever après une catastrophe naturelle aussi dévastatrice, les Haïtiens réunis à Montréal déplorent que les milliers de dollars acheminés à leur pays en aide humanitaire aient été mal gérés. 

«On est pratiquement foutus parce que la classe politique n'a pas le pays en tête», s’est insurgée la cinéaste Laurence Magloire, qui réalise des documentaires qu’elle diffuse publiquement dans son pays afin de faire réfléchir les Haïtiens sur leur propre mentalité. 

Selon elle, le peuple n'a toujours pas conscience de l'importance d'une gouvernance saine. 

«Tu ne peux pas être président [si dans] ton hôpital, il n’y a même pas d'eau, il n’y a même pas de gants, et puis que tu prends ton argent pour te faire une maison à la plage, dit-elle. Tu dois avoir la foi pour rester dans ce pays parce que c'est décourageant», a-t-elle dénoncé. 

Malgré tout, des efforts sont faits. Michel Chancy était membre du gouvernement il y a dix ans comme secrétaire d'État à la production animale. Il aide depuis les agriculteurs à rentabiliser leur production laitière, un pas à la fois. 

«Avec une certaine vision, on peut faire des merveilles en Haïti, malgré tout», a-t-il affirmé. 

En dépit des heurts et des défis devant leur peuple, plusieurs Haïtiens de Montréal gardent espoir qu’un jour, la Perle des Antilles s’en sortira. 

La Maison d'Haïti, à Montréal, organise deux jours d'activités et de commémorations ce week-end où sont réunis plusieurs conférenciers et exposants.