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Entrevue : Chilly Gonzales, entre l’artiste et l’entertainer

Chilly Gonzales
Photo courtoisie, Alexandre Isard Dans ses concerts au Québec la semaine prochaine, Chilly Gonzales offrira d’abord une heure intime de pièces tirées de ses trois albums Solo Piano. Il sera ensuite rejoint par la violoncelliste Stella Le Page et le batteur Joe Flory pour y jouer des succès et autres surprises de son répertoire.

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Bête de scène comme on en a rarement vu, Chilly Gonzales se fait un point d’honneur de séparer sa vie de tournée du travail passé en studio. Dans quelques jours, à Montréal et Québec, c’est l’entertainer qui retrouvera le public québécois. Le Journal s’est entretenu avec lui. 

Cela fera un peu plus d’un an que Chilly Gonzales, Jason Beck de son vrai nom, n’a pas mis les pieds sur une scène québécoise. Dans quelques jours, ce sont trois concerts, deux à Montréal et un à Québec, que le musicien viendra donner.  

« C’est bientôt la fin de la tournée Solo Piano III, dit-il. Après ces concerts au Canada [il sera aussi à Ottawa et Toronto], il y aura une très longue pause. Je vais voir les autres projets et prendre un peu de temps pour moi. Je vais reprendre des énergies et passer en mode d’artiste. Il ne faut pas choisir entre être un artiste et un entertainer, ajoute-t-il. Quand on est seul, on est artiste. Et quand on se retrouve devant des gens et qu’on communique, on passe en mode entertainer. » 

Quiconque a déjà vu Chilly Gonzales en spectacle sait que le musicien offre toujours des performances éclatées qui varient chaque soir. « Le concert a beaucoup changé depuis [la dernière fois au Québec]. Pour moi, le show doit évoluer, sinon je m’ennuie. Et quand je m’ennuie, le public s’ennuie. [...] Il y aura des invités spéciaux à Montréal, vu que c’est un peu ma deuxième ville. Je suis né là-bas, j’y ai une maison et encore beaucoup d’amis. Il y aura sûrement des surprises, comme chaque fois. » 

Un livre sur Enya 

Ses concerts, Chilly Gonzales les voit comme une façon de « fêter la musique ». « Quand on renouvelle la relation avec le public et qu’il revient parce qu’il sait que le concert sera différent chaque fois, c’est comme ça qu’on peut être un peu plus proche de ce qu’est la musique. Pendant des siècles, ce n’était que ça : des performances. Il ne faut pas oublier que l’enregistrement est une forme très récente. Ce n’est pas la forme naturelle de la musique. Vu que l’industrie de la musique est un bateau qui coule pas mal, la performance reprend de l’importance. » 

Que fera le musicien en 2020 après la fin de sa présente tournée ? Il tiendra une autre édition de son atelier de musique, The Gonzervatory. « À part ça, j’ai écrit un petit livre, qui parle de ma relation avec le goût. Le concept de plaisir coupable me frustre beaucoup. Je me demande pourquoi ça existe. Par exemple, je suis très fan de la chanteuse Enya. Un éditeur allemand m’a proposé d’écrire un livre sur ma relation avec la musique d’un artiste. C’est un livre personnel où je parle d’Enya, sans que ce soit biographique. » 

Album-surprise 

« Je travaille aussi sur un album, qui reste une surprise, dit-il. Ce sera lié à un temps particulier de l’année. C’est la seule chose que je peux dire ! Je suis en train de le finir. » 

Le mois dernier, le musicien a partagé deux pièces de Noël, interprétées au piano. Pourrait-il faire un album de Noël entier un jour ? « Qui sait ? lance-t-il, avant d’éclater de rire. Je suis souvent dans la mélancolie de la musique. Mon approche d’être joyeux avec mélancolie, ça se prête bien à faire des versions mineures de chansons de Noël. J’aime bien vivre dans ma propre réalité et parier qu’il y a d’autres gens qui sont aussi d’accord. » 


► Chilly Gonzales sera en concert les 13 et 14 janvier au Théâtre St-Denis, à Montréal, ainsi que le 16 janvier au Grand Théâtre de Québec. Pour les infos : chillygonzales.com.