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La course contre le sucre

Une marathonienne s’est inspirée du film Julie et Julia pour concocter ses propres recettes à base de dattes

Mériane Labrie, fondatrice de Madame Labriski, dans sa cuisine laboratoire, à Québec.
Photo Jean-François Desgagnés Mériane Labrie, fondatrice de Madame Labriski, dans sa cuisine laboratoire, à Québec.

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Marathonienne de haut niveau, Mériane Labrie a longtemps cherché des aliments qui la soutiendraient durant ses entraînements, mais tout ce qu’elle trouvait était bourré de sucre raffiné. Cette spécialiste du marketing s’est donc mise à concocter ses propres recettes avec de la purée de dattes. C’est ainsi qu’est née son entreprise. 

Madame Labriski propose, en plus des recettes, une gamme de produits alimentaires faits à base de son ingrédient vedette.

Pourquoi la purée de dattes ? « Elles ont un grand pouvoir sucrant et sont riches en fibres. Elles permettent de réduire la quantité de sucre dans les aliments », explique Mériane Labrie, qui s’est donné comme mission d’aider les gens à dire « bye-bye sucre raffiné ». 

Se laisser inspirer 

Pour Madame Labriski, tout a commencé en 2012 lorsque Mériane Labrie a décidé de publier son blogue de recettes. Le jour, elle travaillait comme directrice de création pour une agence de marketing, le soir et les week-ends, elle créait dans sa cuisine ses recettes de galettes, de muffins et autres desserts santé. 

« J’ai été inspirée par le film Julie et Julia », dit-elle. Ce film raconte l’histoire vraie d’une blogueuse qui racontait ses expériences culinaires avec les recettes de Julia Child, une chef cuisinière américaine et animatrice de télévision. « Son blogue a eu un grand succès, je me suis dit que j’étais capable, moi aussi. » 

En 2014, elle quitte son emploi, non pas pour se consacrer entièrement à ses recettes, mais pour fonder son agence d’idéation, 21 grammes, qu’elle possède toujours. Elle poursuit en parallèle le développement de Madame Labriski, pour qui elle nourrit de grandes ambitions. 

En 2016, elle publie son premier livre de recettes, Ces galettes dont tout le monde parle, qui connaît un succès instantané. À ce jour, les ventes dépassent 200 000 exemplaires au Québec seulement. En 2018, elle publie son deuxième livre, Bye-Bye sucre raffiné, bonjour purée de dattes. Cette année-là, elle lance aussi les produits alimentaires Madame Labriski qui, en plus de la gamme de purées de dattes, déclinées en quatre parfums, soit nature, chocolat, caramel et vanille, comprend des muffins riches en fibres, mais sans sucre et sans gras. Ils sont vendus en exclusivité chez Sobeys, dans plus de 300 épiceries IGA, Rachelle Béry et Bonichoix. 

Pour cette hyperactive, ce n’est pas encore assez. Elle s’est mise également à l’écriture de romans jeunesse dont l’héroïne, Mini Labriski, poursuit la même mission que sa créatrice : contribuer à réduire la consommation de sucre raffiné, « une cuillère de purée de dattes à la fois ». Elle a aussi mis sur pied le MégaRelais Madame Labriski, une course en équipe annuelle, et donne des conférences sur le dépassement de soi. 

On serait essoufflé à moins, mais Mériane Labrie a encore la tête remplie d’idées. Dès qu’elle atteint un but, elle concrétise un de ses nombreux projets en gestation. « La ligne d’arrivée devient ma nouvelle ligne de départ », explique-t-elle. 

Son grand rêve 

D’ici 2021, elle prévoit lancer un troisième livre de recettes et de nouveaux produits alimentaires. Elle vient de terminer la rédaction du deuxième tome de la série Mini Labriski qui sera dans les librairies dès avril. À plus long terme, vendre sur les marchés d’exportation, d’abord aux États-Unis, puis en Europe, est aussi dans sa mire. 

En plus de tout ça, elle poursuit un grand rêve : participer aux Jeux olympiques en tant que fournisseur des produits Madame Labriski. « J’ai toujours rêvé d’être une athlète olympique. À la place, j’y serai pour nourrir l’élite sportive ! » affirme la lauréate du Prix Femmes d’affaires du Québec dans la catégorie Nouvelle entrepreneure. 

Accaparée par le développement de ses deux entreprises, elle a délaissé un peu l’entraînement. Résultat : elle n’a pas couru de marathon pendant trois ans. Elle s’y est remise l’an dernier « pour fêter [ses] 40 ans ». 

Le fait d’être marathonienne lui a, en quelque sorte, montré le chemin vers l’entrepreneuriat. « La course m’a démontré qu’on n’avait pas de limites », dit-elle. 

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