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Écrasement du vol 752: «l’Iran doit en assumer la pleine responsabilité» - Trudeau

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OTTAWA – «Furieux» que des familles canadiennes aient perdu leurs proches dans l’écrasement du vol 752, qui a été abattu mercredi par au moins un missile iranien , le premier ministre Justin Trudeau s’est engagé samedi à leur obtenir des compensations tout en réclamant une vraie enquête.

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«Je suis engagé fermement à trouver des réponses, la compensation, l’aide et la justice pour les victimes», a-t-il confié samedi lors d’un point de presse tenu à Ottawa après un entretien avec le président de la République islamique d’Iran, Hassan Rohani.

M. Trudeau a plaidé directement auprès de son homologue pour qu’une enquête crédible, avec la participation d’experts du Canada, soit menée sur les circonstances de cette tragédie.

C’est la première fois depuis plusieurs années qu’un dirigeant canadien s’entretient avec un leader iranien puisque les deux pays n’ont plus de liens diplomatiques formels depuis 2012.

L’échange entre les deux dirigeants fait suite à l’admission par le régime iranien de sa responsabilité dans ce qui a été qualifié d’«erreur impardonnable». Téhéran a présenté ses excuses et a promis que le coupable sera traduit en justice.

Cinquante-sept victimes étaient des citoyens canadiens et au moins sept résidaient au Québec.

Photo AFP

«Je suis furieux qu’il y ait des familles canadiennes qui ont perdu leur mari, leur femme, leur enfant. [...] C’est une tragédie énorme pour tout le Canada», a-t-il dit.

Justin Trudeau a souligné que «la reconnaissance de l’Iran est une étape importante», entre autres pour les familles éprouvées, mais il s’interrogeait sur la suite des choses. Il a d’ailleurs évoqué ses préoccupations avec le président iranien.

«L’Iran a admis un fait très grave. [...] L’Iran doit en assumer la pleine responsabilité», a-t-il ajouté devant les journalistes, demandant que les familles des victimes obtiennent justice.

Lien avec la mort du général

L’abattage de cet avion est survenu en période de fortes tensions entre l’Iran et les États-Unis. Lors de son entretien avec Hassan Rohani, M. Trudeau a condamné les attaques à la roquette lancées par l’Iran, tout en plaidant pour une désescalade des tensions dans la région.

«Je pense que quand on est dans des situations de conflits et de tension, c’est exactement dans ce moment-là qu’il y a des pertes de vie d’innocents et de civils, a-t-il dit. Évidemment, le contexte dans lequel on se trouve au Moyen-Orient à ce moment-ci a contribué à cette tragédie. L’Iran a bien fait de prendre ses responsabilités dans l’écrasement de cette tragédie.»

Le Boeing 737-800 opérant le vol 752 de l'Ukraine International Airlines s’est écrasé mercredi matin, à l'ouest de Téhéran, peu de temps après le décollage. Les 176 personnes à bord, dont 138 qui se rendaient au Canada, ont toutes perdu la vie. 

Le régime iranien, qui avait nié catégoriquement la thèse du missile, a finalement reconnu sa responsabilité, samedi, heure locale.

Le Président de l'Iran, Hassan Rohani
Photo d'archives, AFP
Le Président de l'Iran, Hassan Rohani

AFP

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Les hostilités ont atteint un seuil critique quand les Américains ont assassiné par drone le général iranien Qassem Soleimani, la semaine dernière. L’Iran a répliqué mardi soir en envoyant une vingtaine de missiles balistiques vers des bases irakiennes utilisées par des troupes américaines et des militaires de la coalition internationale, incluant des Canadiens. 

Quelques heures plus tard, au moins un missile iranien abattait le vol 752.

Aide consulaire

Jusqu’ici, Justin Trudeau n’a cessé de réclamer de la «transparence». Ottawa presse le régime iranien d’impliquer le Canada dans l’enquête et insiste sur la nécessité de fournir des services consulaires et d’aider à identifier les victimes.

Samedi, M. Trudeau a confirmé que trois visas ont été accordés à des responsables canadiens, qui devaient incessamment arriver en Iran. Il a assuré que d’autres membres de l’équipe seront aussi dépêchés sur place dès que possible.

Sanctions réclamées

De son côté, le Parti conservateur du Canada a réclamé samedi des sanctions à l’encontre du régime iranien en cas de non-collaboration à l’enquête internationale. Il demande aussi que «l’Iran indemnise toutes les victimes de l’écrasement, rapatrie leurs corps et tienne responsables les auteurs de cette atrocité».

De plus, les conservateurs réclament qu’Ottawa «mette immédiatement en œuvre la motion conservatrice adoptée au Parlement en 2018 afin de désigner le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) de l’Iran comme une organisation terroriste».