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Les Plouffe au théâtre

Une adaptation aux multiples défis du roman culte de Roger Lemelin sera présentée au Trident

Les Plouffe
Photo Stéphane Bourgeois On recréera le fameux tournoi d’anneaux qui mettra en vedette Guillaume Plouffe, personnifié par Alex Godbout.

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Un des défis liés à l’adaptation théâtrale de la saga Les Plouffe était la représentation des lieux. Il y en a 19, et l’équipe de conception devait trouver une façon de les représenter sur scène.

« C’est une des raisons pourquoi ça n’a jamais été monté au théâtre », a lancé, en riant, la metteuse en scène Maryse Lapierre, lors d’un entretien.

À l’affiche à partir de mardi au Trident, l’immense fresque de Roger Lemelin se déploiera à travers 16 lieux. De la cuisine des Plouffe à l’escalier reliant la Basse-Ville et la Haute-Ville, en passant par le hangar du concours d’anneaux et le Château Frontenac. 

Vertige

« C’est le plus grand défi de cette production, outre le fait de s’attaquer à une œuvre culte que tout le monde connaît. Je me demandais comment on était pour faire ça au théâtre et j’ai eu le vertige au début », a-t-elle avoué, dans le foyer de la salle Octave-Crémazie, qui accueillera ce spectacle. 

Maryse Lapierre signe la mise en scène des <i>Plouffe</i>.
Photo Stéphane Bourgeois
Maryse Lapierre signe la mise en scène des Plouffe.

Approchée il y a deux ans et demi pour monter Les Plouffe, Maryse Lapierre révèle qu’elle était plus ou moins familière avec cet univers. 

Elle a pensé à Isabelle Hubert pour faire l’adaptation théâtrale, sans savoir que Les Plouffe était son roman culte. 

Elles sont parties du roman de Roger Lemelin tout en faisant quelques clins d’œil au film de Gilles Carle, dont l’incontournable « Y’a pas de place, nulle part, pour les Ovide Plouffe du monde entier », que l’on ne retrouve pas dans le roman.

« On ne pouvait pas passer à côté de ça », a indiqué la jeune metteuse en scène qui, coïncidence, habite dans une maison du quartier Saint-Sauveur, qui est peut-être au même endroit que celle des Plouffe.

La première version durait quatre heures. Elles ont réussi, après des coupures douloureuses, à ramener le tout à une version finale de deux heures et dix minutes.

Renaud Lacelle-Bourdon, qui se glissera dans la peau d’Ovide Plouffe, était peu familier, lui aussi, avec cette saga. Ses souvenirs du film qu’il avait vu très jeune étaient lointains.

Il a réalisé, en parlant de ce rôle à d’autres comédiens, qu’il touchait à quelque chose de gros et de mythique.

« J’ai commencé par regarder le film et j’ai arrêté après la séquence sur les Ovide Plouffe du monde entier. J’étais complètement bouleversé par la performance et le jeu tout en finesse de Gabriel Arcand. Je me demandais si j’étais capable de faire ça », a-t-il laissé tomber.

Il a ensuite attaqué le roman de Roger Lemelin, et Gabriel Arcand était encore très présent à travers ce qu’il lisait. 

Permission

C’est par le livre Les souffrances du jeune Werther de Goethe, auquel Ovide fait référence dans le roman, que Renaud Lacelle-Bourdon s’est donné la permission, avec un personnage qui vit un amour impossible et sans référent, de porter ce rôle immense. 

Ovide Plouffe cite cette œuvre, dans le roman de Lemelin, en disant que le personnage de Werther se serait enlevé la vie 100 fois, s’il avait connu son désespoir.

« Les Plouffe, ce n’est pas juste Ovide. Tous les personnages ont une trajectoire, et on ne perd personne de vue. Ça ne repose pas uniquement sur mes épaules. C’est une fresque sur une famille à une époque », a-t-il fait savoir.

♦ La pièce Les Plouffe est présentée du 14 janvier au 8 février au Trident.