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Retour vers le futur à Mirabel

Une trentaine de Québécois planchent sur une voiture volante qui pourrait révolutionner le transport

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Photo AFP

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Au beau milieu d’une usine d’hélicoptères, des Québécois participent au développement de voitures volantes qui pourraient un jour être au service de clients d’Uber.

L’entreprise américaine Bell Textron a fait un tabac plus tôt cette semaine au salon de l’électronique CES, à Las Vegas. Elle y a présenté la dernière version de son taxi aérien, le Nexus 4EX.

Responsables de l’innovation chez Bell, Michel Dion et Edith Richard posent à côté du drone expérimental Hydra.
Photo Ben Pelosse
Responsables de l’innovation chez Bell, Michel Dion et Edith Richard posent à côté du drone expérimental Hydra.

Ce que peu de gens savent, c’est qu’une trentaine de personnes travaillent sur le Nexus aux installations de Bell, à Mirabel, en étroite collaboration avec leurs collègues de Fort Worth, au Texas.

« Il y a deux ans et demi, on était quatre », relate Michel Dion, directeur de l’innovation chez Bell Textron Canada.

Longtemps vue comme un rêve utopique, la voiture volante n’a jamais été aussi près de décoller : les experts prévoient qu’on en verra dans le ciel de plusieurs villes du monde d’ici la fin de la décennie qui vient de débuter.

« Le niveau de maturité des technologies, le marché, les besoins : tout ça est en train de converger, ce qui fait en sorte que ça devient une mission qui est viable commercialement », explique M. Dion.

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Photo Ben Pelosse

« Ce qu’on veut faire, c’est de rendre le taxi aérien accessible aux masses, donc d’en réduire le coût d’utilisation pour que monsieur et madame Tout-le-Monde puissent l’utiliser tous les jours pour entrer et sortir des villes », ajoute-t-il.

Acceptabilité sociale

À Mirabel, on s’affaire à perfectionner des éléments cruciaux du Nexus : systèmes de contrôle, batteries et soufflantes carénées. Ces dernières sont des hélices entourées d’un anneau qui permettent à l’appareil de décoller à la verticale, de voler à l’horizontale, puis d’atterrir à la verticale.

À l’été 2018, Bell a testé une soufflante de trois mètres de diamètre au Conseil national de recherches du Canada, à Ottawa. Elle était mue par un moteur électrique de TM4, une ancienne filiale d’Hydro-Québec.

Bell a aussi fait faire des dizaines de vols à son Hydra, un drone expérimental propulsé par 12 hélices, sur une ferme située près de Hawkesbury, dans l’Est ontarien.

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Photo Ben Pelosse

« On veut voler dans les zones urbaines, donc, pour l’acceptabilité sociale, l’un des aspects les plus importants, c’est de réduire le bruit qui va être généré », souligne Michel Dion.

100% électrique

C’est l’une des raisons pour lesquelles Bell a récemment décidé de suspendre le développement d’un Nexus hybride pour se concentrer sur un modèle tout électrique.

Des chercheurs et des PME de Saint-Jérôme, Thetford Mines, Saguenay et Montréal collaborent avec Bell pour la mise au point du Nexus et d’un autre véhicule volant, l’APT. Ce drone doit notamment permettre de transporter des matériaux dans des zones difficiles d’accès.

C’est notamment grâce à l’appui des gouvernements que Bell a décidé de confier une partie du développement du Nexus et de l’APT à sa filiale québécoise. Ottawa a octroyé 49,5 millions $ à un consortium mené par Bell. Québec a également apporté sa contribution.

C’est au Texas que se feront les premiers essais du Nexus en milieu urbain. Mais il n’est pas impossible que le Québec soit appelé en renfort. Le jour où l’on verra des voitures volantes à Montréal n’est donc peut-être pas si loin.

Outre Bell, plusieurs autres multinationales, dont Boeing, Embraer et Hyundai, travaillent avec Uber pour son projet de taxis aériens, Uber Elevate. Bell a toutefois une certaine longueur d’avance sur ses concurrents.

Dès les années 1960, l’entreprise a mis au point un avion expérimental à décollage vertical, le X-22, pour l’armée américaine. Le Nexus est son digne descendant.