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Une nouvelle ère

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Photo d'archives, AFP Lamar Jackson s’est hissé parmi les meilleurs joueurs de la NFL cette saison, devenant le nouveau modèle chez les quarts-arrières.

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Depuis quelques mois déjà, un vent de renouveau souffle sur la position de quart-arrière. La chute des légendes que sont Tom Brady et Drew Brees, au premier tour des séries la semaine dernière, semble avoir confirmé la croyance selon laquelle la NFL plonge bel et bien dans une nouvelle ère.  

Bien plus qu’une simple image, c’est un fait. Depuis 2003, la conférence américaine a été représentée au Super Bowl par Tom Brady, Peyton Manning et Ben Roethlisberger.    

C’est donc dire que depuis 16 ans, seul Joe Flacco, en 2012 avec les Ravens, a joué le rôle de quart-arrière intrus au Super Bowl dans cette conférence qui risque de ne plus jamais être la même.    

Brady est tombé au combat et s’il a confirmé qu’il reviendrait au jeu la saison prochaine à 43 ans, il reste à voir si ce sera avec les Patriots. Chez les Steelers, Roethlisberger aura 38 ans en mars et les nombreuses blessures qui l’ont affligé pourraient le ralentir.     

Ainsi, la voie est libre pour trois jeunes quarts-arrières en ascension qui seront en action aujourd’hui et demain, soit Lamar Jackson, Deshaun Watson et Patrick Mahomes.    

Un nouveau style  

Au-delà de l’âge, la grande différence avec ces quarts-arrières est le style pratiqué. Plus échevelés, prompts à l’improvisation, ils œuvrent dans une structure moins rigide que leurs prédécesseurs. Cette façon de jouer ne leur garantit pas plus de succès, mais ils ont le mérite de maintenir les spectateurs au bout de leur siège.    

S’ils sont les principaux porte-étendard de cette nouvelle ère de quarts-arrières athlétiques qui menacent autant avec leur bras que leurs jambes, ils font partie d’une vague plus large qui ne cesse de déferler.    

Cette saison, 13 quarts-arrières dans le circuit ont accumulé des gains de plus de 200 verges au sol. À titre comparatif, il y a 10 ans, David Garrard, des Jaguars, avait été le meneur à sa position avec une récolte de 323 verges au sol. Les temps ont bien changé.    

La jeunesse prime  

Au cours de la campagne qui vient de prendre fin, six quarts-arrières ont fait mieux que la récolte de Garrard en 2009. Le dénominateur commun, c’est que ces six quarts sont âgés de 24 ans ou moins, à l’exception de Russell Wilson, à 31 ans.    

La moyenne d’âge des huit quarts-arrières partants en fin de semaine est d’ailleurs de 28 ans et 271 jours. Selon NFL Research, il s’agit de la plus basse moyenne d’âge au deuxième tour des séries depuis 2010.    

De plus en plus, les équipes poussent pour envoyer rapidement leurs jeunes quarts-arrières sur le terrain, pendant qu’ils sont sur leur premier contrat, au rabais. Le faible investissement sur les quarts-arrières permet d’investir ailleurs sur l’alignement pendant quelques années. Watson, Jackson et Mahomes sont, en effet, encore sur leur contrat de recrue.    

C’est inimaginable de penser ainsi, mais le duel opposant les Packers d’Aaron Rodgers aux Seahawks de Russell Wilson pourrait presque être perçu comme le Bowl des petits vieux, l’âge combiné des deux quarts-arrières étant de 67 ans.     

Blague à part, même ces deux opposants peuvent être associés à cette nouvelle vague de quarts qui ont été inspirés de leurs prouesses athlétiques.     

En 2019, les quarts-arrières de 27 ans ou moins ont obtenu 288 départs et 145 victoires, deux marques jamais vues auparavant à un stade si précoce. Non, la vieille garde n’a pas dit son dernier mot, mais la jeunesse a rarement occupé autant de place.    

Deuxième ronde relevée  

Si la deuxième ronde des séries de la NFL est aussi enlevante que la première, les amateurs seront servis. Avec quatre matchs qui ont été décidés par une possession, dont deux en prolongation, le suspense a été à son comble jusqu’ici et voilà que les véritables canons, qui ont profité d’une semaine de congé, embarquent. Les attentes sont énormes pour les quatre clubs qui n’ont pas encore vu d’action : les Ravens, Chiefs, 49ers et Packers.        

Samedi    

  • 16 h 35 | Minnesota à San Francisco. Mon choix: 49ERS
  • 20 h 15 | Tennessee à Baltimore. Mon choix: RAVENS

Dimanche    

  • 15 h 05 | Houston à Kansas City. Mon choix: CHIEFS
  • 18 h 40 | Seattle à Green Bay. Mon choix: SEAHAWKS

Résultats   

  • La semaine dernière: 2 en 4 (50 %)  
  • Total cette saison: 158 en 260 (60,8 %)   

UNE ÉQUIPE TRÈS COMPLÈTE  

Les Vikings ont réussi l’exploit de battre au premier tour l’une des équipes les plus complètes dans la NFL. Voilà qu’ils doivent tenter de refaire le coup une deuxième semaine de suite, cette fois contre les 49ers, qui sont peut-être encore plus redoutables et équilibrés. Bonne chance, surtout après seulement six jours de repos contre une équipe qui revient toute fraîche de son congé.    

Seulement deux équipes font partie du top 5 à la fois en offensive et en défensive, soit les Ravens et les 49ers. Ces derniers sont bien sûr assassins avec leur jeu au sol qui regroupe trois porteurs ayant gagné plus de 500 verges au sol, mais en deuxième moitié de saison, le jeu aérien s’est aussi révélé comme une menace quand les circonstances l’ont dicté.     

Le quart-arrière Jimmy Garoppolo a le don de bien jouer sous pression, il est bien protégé et mise sur l’ailier rapproché le plus complet du circuit en George Kittle. Si les Vikings pensent couvrir Kittle avec un secondeur, c’est raté. Et en déployant un demi défensif sur lui, les autres receveurs des Niners auront le champ plus libre.    

Surtout, ce qui risque de faire la différence, c’est la ligne défensive furieuse des 49ers. Kirk Cousins devra dégainer vite.     

S’il y a une lacune dans cette équipe, c’est qu’elle a concédé 4,5 verges par portée. Les Vikings miseront donc sur Dalvin Cook à répétition.        

  • Ma prédiction : Vikings 17 | 49ers 27   

Joueurs à surveiller   

Anthony Harris, maraudeur (Vikings)   

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Photo AFP

Harris s’est révélé en 2019 avec six interceptions en saison et une autre en séries le week-end dernier. Il a le flair pour le gros jeu à tout moment.     

Mike McGlinchey, bloqueur (49ers)   

Dimanche dernier, les ailiers défensifs des Vikings ont été des facteurs clés dans la victoire. McGlinchey, bloqueur et choix de première ronde des 49ers l’an dernier, verra souvent Danielle Hunter.    

Chiffre à retenir   

Aucun ailier rapproché dans l’histoire après trois saisons n’a accumulé plus de verges que les 2945 de George Kittle, des 49ers.    

UN CHOC À L’ANCIENNE  

Préparez-vous, il est possible qu’il s’agisse du premier duel de l’histoire des séries sans la moindre passe tentée ! Blague à part, en présence de deux des trois meilleures attaques au sol du circuit, il faut s’attendre à un choc brutal où chaque parcelle de terrain sera âprement gagnée.    

Les Ravens, avec 3296 verges au sol, ont non seulement été supérieurs à toute autre équipe cette saison, mais aussi dans l’histoire de la ligue. Lamar Jackson exerce évidemment un rôle clé dans ce fait d’armes, étant devenu le premier quart-arrière ayant accumulé plus de 3000 verges par la passe et plus de 1000 par la course en une saison.    

Les Titans ne sont pas en reste avec la troisième meilleure attaque au sol cette saison, menée par le gargantuesque Derrick Henry. À ses sept derniers matchs, le porteur format géant vogue sur une séquence prolifique avec 1078 verges (6,2 par course).     

Les Ravens sont cinquièmes contre le jeu au sol, mais en partie parce qu’ils ont régulièrement pris d’énormes avances qui ont forcé leurs adversaires à abandonner la course rapidement. En réalité, la moyenne de 4,4 verges par portée qu’ils concèdent les positionne au 20e rang. C’est une donnée à considérer.    

Si toutefois les Titans ne parviennent pas à s’imposer au sol dès le début, leur arsenal aérien sera déclassé par la tertiaire des Ravens. Ce duel ne sera certainement pas pour les sensibles.        

  • Ma prédiction : Titans 16 | Ravens 24   

Joueurs à surveiller   

Jonnu Smith, ailier rapproché (Titans)   

Le joueur de 24 ans de troisième année s’est révélé comme une arme explosive depuis la mi-saison, mais a été limité à une réception à ses deux derniers matchs. Il devra contribuer davantage.    

Marlon Humphrey, demi de coin (Ravens)   

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Photo AFP

Sans faire de bruit, Humphrey a connu une excellente campagne, au point de gagner sa place sur la première équipe d’étoiles de la NFL. Il aura le receveur AJ Brown à l’œil.    

Chiffre à retenir   

Lamar Jackson a connu 3 matchs cette saison avec au moins quatre passes de touché et 50 verges au sol. Cela égale le record détenu par Cam Newton... durant toute sa carrière.    

GROS DUEL DE QUARTS-ARRIÈRES  

Sur papier, cet affrontement promet d’être le plus explosif de ce deuxième tour des séries. En Patrick Mahomes et Deshaun Watson, les amateurs auront droit à l’un des duels les plus alléchants qui soit entre deux des quarts-arrières les plus excitants de la nouvelle génération.    

Avec les Chiefs, Mahomes n’a pas connu la saison étincelante qu’il a vécue l’an dernier, mais il demeure un pur-sang redoutable. Pleinement remis de sa blessure, le match sera placé entre ses mains, en toute agressivité. De son côté, Watson, avec les Texans, est capable d’un miracle à tout moment et il a complété 80 % de ses passes samedi dernier. Le retour probable de son menaçant receveur Will Fuller ajoute une dimension à son armement.     

Rien n’est gagné pour les Chiefs, qui sont tombés aux mains des Texans en octobre. Toutefois, deux joueurs de ligne offensive étaient absents, le receveur Tyreek Hill revenait d’une fracture de la clavicule et son compère Sammy Watkins ne jouait pas. Mahomes, lui, était sur une jambe. En défensive, le destructeur plaqueur Chris Jones n’y était pas non plus.    

Les Chiefs sont reposés, en santé et misent sur une défensive transformée qui n’a donné que 52 points à ses cinq derniers matchs. Mais pas l’une des attaques affrontées au cours de cette heureuse séquence (Raiders, Patriots, Broncos, Bears, Chargers) ne valait celle des Texans. Ça sent la pétarade !        

  • Ma prédiction : Texans 30 | Chiefs 33   

Joueurs à surveiller   

Bradley Roby, demi de coin (Texans)   

La tertiaire des Texans risque d’être surchargée pour contenir la vitesse des receveurs des Chiefs. Roby devra miser sur les chances de gros jeux, lui qui a échappé deux interceptions samedi dernier.    

Mecole Hardman, receveur (Chiefs)   

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Photo AFP

Depuis le retour de Tyreek Hill, Hardman voit moins le terrain, mais il est explosif tant comme receveur que sur les retours de bottés. Un coup de circuit potentiel à chaque jeu.    

Chiffre à retenir   

À sa deuxième saison comme partant, Patrick Mahomes revendique déjà 17 matchs d’au moins 300 verges par la passe.    

LA REVANCHE DE 2015  

La dernière fois que ces deux équipes intrigantes ont croisé le fer en séries en janvier 2015, les Seahawks avaient orchestré une mémorable remontée de dernière minute, en route vers leur conquête du Super Bowl. Cette fois-ci, il s’agit probablement du match dont l’issue est la plus difficile à prédire parmi les quatre au menu.    

Après tout, les deux équipes s’amènent avec de reluisants dossiers, mais aussi de gros points d’interrogation. Les Seahawks ont perdu trois de leurs quatre derniers matchs en saison, marquant seulement 15,3 points dans ces trois revers. Puis, dimanche dernier, ils ont battu de peine et de misère des Eagles décimés par les blessures. Finalement, 11 de leurs 12 victoires incluant la semaine dernière ont été obtenues par des écarts d’un touché ou moins.    

Les Packers, eux, sont devenus la seule équipe dans l’histoire qui a montré une fiche de 13-3, mais qui a battu ses rivaux en moyenne par moins de quatre points par match. C’est donc dire qu’avec eux aussi, chaque match est une aventure.    

Les Packers, malgré leurs succès n’ont inscrit que 23,5 points par match cette saison, ce qui les positionne en milieu de peloton. Aaron Rodgers est toutefois mieux entouré que par le passé avec un jeu au sol productif et une défensive capable de réaliser les gros jeux. Mais c’est tellement embêtant de miser contre la magie de Russell Wilson...        

  • Ma prédiction : Seahawks 24 | Packers 23   

Joueurs à surveiller   

DK Metcalf, receveur (Seahawks)   

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Photo AFP

Le receveur format géant a terrorisé les Eagles au premier tour avec une récolte de 160 verges, un record pour une recrue. La tertiaire des Packers est toutefois supérieure à celle des Eagles.    

Za’Darius Smith, secondeur (Packers)   

Le bloqueur à gauche des Seahawks, Duane Brown, risque de revenir au jeu. Toute la saison, l’impact de Za’Darius Smith pour faire pression sur le quart-arrière a été énorme. La bataille sera intéressante.    

Chiffre à retenir   

Les deux quarts-arrières qui s’affrontent, Russell Wilson et Aaron Rodgers, revendiquent chacun 9 victoires en séries. Rodgers a joué 16 matchs de séries et Wilson 14.