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L’esprit d’équipe du Canadien a été mis à rude épreuve

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Photo AFP La victoire arrachée par le Canadien à Ottawa samedi soir a redonné le sourire à plusieurs joueurs.

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Il serait faux de croire que le Canadien est sorti de sa mauvaise passe. Après tout, il n’a gagné qu’un match de suite. Et ce fut une victoire acquise à l’arraché contre une formation tout aussi en difficulté que lui et qui, par surcroît, avait joué la veille. 

Toutefois, ce gain acquis à Ottawa a eu l’effet d’un grand soulagement. Dans le vestiaire, on avait l’impression que les efforts, quoique loin d’être parfaits et soutenus, avaient enfin été récompensés. 

Pour la première fois depuis le 23 décembre, à Winnipeg, les joueurs du Canadien ont quitté le Centre Canadian Tire avec le sourire. Difficile, quand les défaites s’accumulent, de se rappeler qu’à la base de ce sport, il y a une notion de plaisir. 

Quelques heures plus tôt, alors que venait de se terminer l’entraînement matinal de l’équipe, c’est le constat qu’avait fait Ryan Poehling. 

« J’ai toujours joué pour avoir du fun et me retrouver avec les gars. C’est la portion qu’il ne faut pas oublier dans tout ça. Par contre, quand tu fais le saut chez les professionnels, ça devient un travail. Et ton travail est de t’assurer de faire les bonnes choses pour t’en sortir. Parfois, c’est ce qui amène de la frustration », a indiqué la recrue de 21 ans. 

Le rôle des vétérans 

D’ailleurs, ce n’est pas facile de traverser une séquence aussi creuse sans que personne soit écorché. Il faut que la chimie soit forte au sein d’une équipe pour éviter que des clans se forment. C’est là que le rôle des leaders prend toute son importance. 

« Dans des moments comme ceux-là, il faut que les vétérans s’assurent que tout le monde est dans le bon état d’esprit autant lors des jours d’entraînements que lors des jours de matchs. Il faut donner le ton pour que tout le monde soit prêt », a indiqué Jeff Petry. 

« Le groupe de jeunes que nous avons est très réceptif. Ils veulent faire partie de la solution. Ils veulent aider à faire tourner le vent. Personne dans ce vestiaire ne fait cavalier seul », a-t-il ajouté. 

D’ailleurs, s’il y en a un qui peut comprendre comment Poehling se sentait, c’est bien lui. À son premier séjour dans la LNH, du 28 décembre 2010 au 13 février 2011, le défenseur avait vu les Oilers maintenir un dossier de 4-16-2. Au cours de cette période, l’équipe albertaine avait traversé une séquence d’une victoire en 10 matchs. 

Apprendre à la dure 

Poehling, lui, se trouvait avec le Rocket lorsque le Tricolore a traversé une sécheresse quasi identique à la dernière, en novembre. Il n’a donc pas eu à vivre ce calvaire deux fois. Et puisque le calendrier de la NCAA ne compte qu’une trentaine de rencontres, pareille hécatombe se produit rarement. 

Compétitif de nature, il assure que les vétérans ont fait tout un travail pour tempérer l’humeur de leurs jeunes coéquipiers et éviter que la panique ne s’installe. 

« Quand tu as joué dans cette ligue pendant cinq ou 10 ans, tu as probablement déjà passé à travers ce genre de séquence à quelques reprises. Pour moi, tout ça est nouveau. Alors, heureusement qu’on pouvait se fier à eux pour nous aider à passer au travers. » 

Philosophe à ses heures, Poehling, qui paraît avoir déjà une bonne tête sur les épaules, a poursuivi : « Je suis jeune, j’apprends énormément tous les jours. Cette expérience est difficile à vivre, mais j’espère qu’elle me fera grandir pour le reste de ma carrière. »