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La NFL et le problème des entraîneurs de couleur

La NFL et le problème des entraîneurs de couleur
AFP

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En 2003, la NFL adoptait la Rooney Rule, une politique qui avait pour objectif de favoriser l’embauche d’entraîneurs-chefs de couleur. Pourtant, en 2020, on n’en retrouve que trois au sein des 32 équipes du circuit. 

Les séries éliminatoires ont débuté et ce sera bientôt le Super Bowl. Comme le dimanche je tente habituellement de m’éloigner de la seule politique américaine, j’ai décidé de partager avec vous le contenu d’un article de Jemele Hill. 

Journaliste de couleur, Mme Hill s’intéresse à tout ce qui touche la question raciale, peu importe le domaine. Dans un article publié hier, elle déplore la faible représentation des Noirs au poste d’entraîneur-chef dans une ligue où les joueurs de couleur sont majoritaires. 

La règle proposée en 2003 par Dan Rooney, alors propriétaire des Steelers, pour corriger cette iniquité, oblige les propriétaires de la ligue à considérer des candidatures d’entraîneurs de couleur au moment de combler un poste. Si les Steelers ont procédé un peu plus tard à l’embauche de Mike Tomlin, on ne peut pas conclure que la politique a eu l’effet escompté. 

Selon les recherches de Jemele Hill, c’est toute une culture qu’il faut modifier. Non seulement doit-on intervenir davantage auprès des dirigeants, mais tout le système de formation et de recrutement est dominé par des dirigeants blancs. Lorsqu’on sait qu’un propriétaire d’équipe aime bien s’entourer de gens qu’il connaît ou pour lesquels il peut obtenir un maximum de références, il est bien difficile de sortir du cercle vicieux. Pas ou peu de contacts dans le réseau, pas de boulot. 

Il y a plus grave. Hill constate que même lorsqu’un entraîneur de couleur grandit et évolue à l’intérieur du système, il a moins de chance d’obtenir le poste.  

Après avoir cité quelques exemples convaincants de candidats de couleur de grande qualité qui ont été ignorés, Hill en arrive à la conclusion que dans leur prise de décision, les propriétaires s’en remettent trop souvent à une même vision du leadership dont ils ont besoin et que cette vision est stéréotypée.  

Que vous partagiez les conclusions de l’auteure ou pas, il est bien difficile d’ignorer les faits. J’explique souvent à mes étudiants que le football, comme bien d’autres sports, est souvent le reflet de la société américaine.  

Au football, comme dans le reste de la société, les gens de couleur sont encore et toujours sous-représentés au sommet de la hiérarchie, et ce n’est pas l’élection du premier président noir en 2008 qui a modifié durablement les choses. S’il est question de pouvoir décisionnel, de leadership ou d’une position vitale, vous retrouvez toujours une forte majorité de Blancs.  

Jemele Hill se concentrait ici sur les entraîneurs-chefs, mais je serais curieux de creuser la question en abordant aussi les différentes positions sur le terrain. Combien de quarts-arrière noirs? Pour les séries de la saison 2018-2019, on établissait un record avec cinq quarts noirs dans des postes de partant. Dans toute l’histoire du Super Bowl, il n'y a que deux quarts noirs qui se sont emparés du précieux trophée: Doug Williams et Russell Wilson. 

Vous trouverez le texte de Jemele Hill en cliquant ici.