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Les Iraniens de Montréal pleurent leurs morts

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Plus de 500 membres de la communauté iranienne du Québec ont rendu un dernier hommage à Montréal, dimanche, aux victimes de l'écrasement de l'avion d'Ukrainian Airlines, dont 57 sont Canadiennes. 

Se déroulant dans une salle du centre-ville, la cérémonie fut extrêmement émotive. Plusieurs peinaient à retenir leurs larmes lorsque les portraits des 176 passagers décédés ont défilé à l'écran. 

«L'une des personnes qui sont décédées était l'amie d'une amie», a expliqué Shahla Shahsavan, la gorge nouée. 

 

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

 

Arrivée depuis à peine trois semaines au pays, sa famille tenait à participer à la commémoration, pour que «les morts ne soient pas morts pour rien». 

«Cet événement, c'est juste un signal de ce qui se passe en Iran, où les gens ne sont pas libres de respirer, où les gens sont tués», a poursuivi Shahrokh Sedighiani, sa peine laissant soudainement place à la colère. 

 

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

 

Régime contesté 

L'Iran a reconnu, samedi, que l'un de ses missiles avait touché par erreur cet avion civil, dans lequel sept résidents du Québec se trouvaient. Cet événement est survenu alors que les tensions étaient au plus fort entre l'Iran et les États-Unis, à la suite de l'assassinat par l'armée américaine du très puissant général Qassem Soleimani et de la réplique de Téhéran en Irak contre une base en partie occupée par les forces américaines. 

On avait alors vu plusieurs Iraniens descendre dans les rues pour soutenir le régime au pouvoir et demander une riposte. Mais depuis l'écrasement de l'avion, beaucoup d'Iraniens manifestent aussi pour réclamer la tête des islamistes au pouvoir. 

«C'est la goutte qui a fait déborder le vase. Le gouvernement iranien doit démissionner», a insisté Nima Machouf, rencontrée en marge des commémorations de dimanche. 

 

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

 

La militante de gauche, déjà très hostile au régime dans son pays natal, ne digère pas que l'Iran ait mis trois jours avant de reconnaître sa responsabilité dans la tragédie aérienne. 

«On espère que l'enquête internationale va faire la lumière sur ce qui s'est passé parce qu'il reste encore beaucoup de questions», a laissé tomber Mme Machouf, se réjouissant que le Canada ait pu dépêcher des experts sur place. 

Le mari de Mme Machouf, l'ancien député Amir Khadir, était aussi présent. 

 

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

 

La cérémonie a d'ailleurs pris une tournure très politique lorsque plusieurs personnes dans l'assistance se sont levées et ont scandé des slogans hostiles au régime, poing levé. Le coup d'éclat a d'ailleurs suscité un malaise dans la salle. 

Trudeau à Edmonton 

En Alberta, le premier ministre Justin Trudeau a aussi participé, dimanche, à une cérémonie pour souligner la mémoire des victimes à Edmonton. Il a réitéré que le Canada exigera qu’une enquête transparente et complète soit menée. 

 

AFP

 

«Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas obtenu de réponses», a-t-il précisé. Nous ne nous arrêterons pas tant que justice ne sera pas faite.» 

«Tous les Canadiens ont eu le cœur brisé», tous ont été «choqués et scandalisés», tous «sont en deuil», selon lui. 

 

AFP

 

Près de 2000 personnes ont aussi rendu hommage dimanche, à l’Université de Toronto, aux victimes canadiennes de l'accident. 

Le maire de Toronto, John Tory, et le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, étaient présents en compagnie de la vice-première ministre Chrystia Freeland. 

«Rien ne remplacera jamais ces vies brillantes qui ont été écourtées, a lancé, des sanglots dans la voix, Mme Freeland. Nous porterons toujours ces cicatrices». 

Six étudiants de l'Université de Toronto ont été tués dans l’écrasement. À la cérémonie à l'université, plusieurs proches des victimes ont également exprimé leur tristesse et leur colère.