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L’impuissance canadienne

CANADA-IRAN-UKRAINE-US-AVIATION
Photo AFP Justin Trudeau

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Suite aux aveux de responsabilité de l’Iran, Justin Trudeau promet que son gouvernement fera tout pour que justice soit rendue. Il s’est même engagé « fermement à trouver les réponses et la compensation et l’aide » pour les familles des victimes. 

Le problème, c’est que face à l’Iran, le gouvernement est dépendant de ses alliés, sans influence directe sur le régime. 

Le Canada devait être de retour. Les suites de l’assassinat du général Qassem Soleimani et de l’écrasement du vol 752 révèlent qu’il demeure un acteur marginal au Moyen-Orient. 

Des relations inexistantes 

Certes, il y a belle lurette que le Canada n’a aucun levier d’influence substantielle dans la région. La décision mal avisée de Stephen Harper de fermer l’ambassade à Téhéran n’a fait qu’accentuer le problème. 

Le Canada en paie aujourd’hui le prix. C’est au compte-gouttes que les ressources consulaires sont déployées malgré les efforts du gouvernement. Pas simple, quand il faut passer par un pays intermédiaire sur le terrain. 

Or, Justin Trudeau avait lui-même promis de rouvrir cette ambassade en 2015. Il invoquait l’importance de l’engagement diplomatique, même avec les régimes qui soulèvent l’opprobre.  

Aujourd’hui, il se garde bien de commenter le coût de ce recul. Un recul qui coûte cher, fruit d’une ambivalence à l’image du reste de sa politique étrangère. 

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Une politique ambiguë 

Il faut l’avouer, jusqu’ici l’Iran n’était pas une priorité pour le gouvernement. Il se retrouve soudainement à court de réponses. 

Que veut dire obtenir justice pour les familles des victimes ? Justin Trudeau répond que cela fera partie des discussions dans les prochaines semaines. Idem lorsqu’il s’agit de dire si, selon lui, un crime a été commis. 

Quelles seront les conséquences de cette frappe meurtrière de l’Iran ? Le Canada imposera-t-il des sanctions ? Encore là, le premier ministre va y penser. 

Le général Soleimani était-il une cible légitime pour les États-Unis ? Le corps des Gardiens de la révolution islamique sera-t-il inscrit comme organisation terroriste, comme l’ont voté les Communes en juin 2018 ? Peu importe la question sur les graves enjeux soulevés par la crise des derniers jours, la réponse du premier ministre est la même : on va y réfléchir. 

Préoccupé par l’enquête et l’accès consulaire, on comprend Ottawa de vouloir épargner les susceptibilités de Téhéran. Les valses-hésitations du premier ministre n’en sont pas moins éloquentes. 

La crise iranienne illustre les limites de la diplomatie de selfies exercée depuis 2015.