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Moins de verglas que prévu, le pire est évité

Environ 140 000 clients d’Hydro-Québec ont été privés d’électricité au plus fort de la tempête

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La tempête qui s’est abattue sur le sud du Québec samedi et dimanche n’a pas provoqué les désastres anticipés malgré les milliers de pannes de courant, en tombant davantage sous forme de grésil que de verglas.  

« Ça a bien tourné, au sens qu’on n’a pas eu le scénario catastrophe que ça aurait pu être, si on avait eu beaucoup plus de pluie verglaçante », souligne le météorologue d’Environnement Canada Simon Legault.     

Il explique que le verglas et le grésil se forment de la même façon, mais que dans le cas du grésil, la goutte se solidifie dans les airs plutôt que sur les objets.     

« C’est un petit morceau de glace qui va atteindre le sol, qui ne va pas s’accrocher aux arbres ou aux fils électriques, ni sur la voiture », explique-t-il.     

Finalement, quelques millimètres de verglas sont tombés sur le sud du Québec, à travers 5 à 10 centimètres de grésil, en plus d’un peu de neige.     

« [Le grésil] a certainement aidé. Moins on a de verglas, mieux c’est », affirme le porte-parole d’Hydro-Québec Cendrix Bouchard.     

Plusieurs automobilistes montréalais avaient levé leurs essuie-glaces en prévention du verglas.
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
Plusieurs automobilistes montréalais avaient levé leurs essuie-glaces en prévention du verglas.

Brossard dans le noir  

Reste que Brossard s’est réveillée dans le noir dimanche matin, et qu’au plus fort des pannes, 140 000 foyers étaient privés d’électricité dans la province, la majorité en Montérégie.     

Les stationnements des commerces du boulevard Taschereau à Brossard étaient presque déserts en matinée, à l’exception du Réno-Dépôt, dont les employés se débrouillaient malgré la pénombre.     

Stavros Agiomavritis est venu y chercher des bûches écologiques.     

« Il faut que je démarre le foyer, ça commence à être froid », a-t-il mentionné, tandis que le mercure oscillait autour de -7 degrés Celcius dimanche.     

Stavros Agiomavritis a acheté des bûches écologiques au Réno-Dépôt de Brossard, en matinée.
Photo Amélie St-Yves
Stavros Agiomavritis a acheté des bûches écologiques au Réno-Dépôt de Brossard, en matinée.

L’électricité y est finalement revenue vers 11 h 30, ce qui a permis aux commerces qui ont retardé leur ouverture de ne pas complètement perdre leur journée.     

« Vers midi, midi trente, il fallait que je renvoie certains employés à la maison. Le magasin aurait probablement été fermé », explique le chef d’étage du Sports Experts du Quartier DIX30, Patrick Pelletier.     

Réseau désert  

La porte-parole du ministère des Transports du Québec Sarah Bensadoun rappelle qu’une tempête un dimanche permet de nettoyer le réseau efficacement si les gens restent à la maison, ce qui fut le cas dimanche.     

« Normalement, ça devrait bien aller pour l’heure de pointe de [ce matin] », précise-t-elle, ajoutant qu’on n’est jamais à l’abri d’un revirement de situation.     

Sur l’île de Montréal, les opérations de déneigements et de déglaçages allaient aussi bon train dimanche.      

La tempête a été tout autre dans l’Est-du-Québec, où une trentaine de centimètres de neige sont tombés.     

► À 22 h 15 dimanche, il restait moins de 10 000 clients d’Hydro-Québec à rebrancher, dont 3900 à Granby. Certains devront patienter jusqu’à midi lundi.  

Soulagement à Montréal      

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

À Montréal, la journée de dimanche a été marquée par de petites accumulations de neige, au grand soulagement de la Ville. En fin d’après-midi, les équipes se préparaient à aller gratter les trottoirs pour enlever le grésil et ajouter du sel. Du sablage était prévu dans les rues.     

« Assurément, ça sera terminé avant la pointe de [ce} matin », a indiqué Philippe Sabourin, porte-parole.     

D’ici là, certains piétons comme Candy Chan et sa fille Jacqueline, 4 ans surmontaient la neige au bord des trottoirs, notamment sur la rue Saint-Denis.     

Les fils dansent     

Photo Agence QMI, Steve Madden

Plusieurs pannes en Montérégie n’ont pas été causées par le verglas, mais bien par le vent, explique le porte-parole d’Hydro-Québec Cendrix Bouchard.      

Les fils du réseau de transports se sont mis à danser au vent, et les systèmes sont conçus pour en suspendre l’électricité s’il y a trop de risques qu’ils se touchent.     

« On est dans un cas différent de ce qu’on a vu l’automne dernier, où il y avait des poteaux cassés, des fils arrachés. On est dans une situation où le rétablissement et les réparations sont plus simples », explique-t-il.     

Il y a quand même eu des bris par endroits.     

Sur la photo ci-dessus, des travailleurs dégagent des fils à Sainte-Christine, en Montérégie.     

Ponts surveillés     

Photo Martin Alarie

Au plus fort de la tempête, des voies ont été fermées dans chaque direction sur le pont Laviolette, à Trois-Rivières. Des voitures de police de la Sûreté du Québec s’y sont installées pour ralentir la circulation et s’assurer d’un passage sécuritaire.      

Le même exercice a été réalisé au pont de l’Île-d’Orléans, à Québec.      

« C’était en raison du vent, de l’état de la chaussée et de la visibilité qui était de réduite à nulle par moment », explique la porte-parole du ministère des Transports du Québec Sarah Bensadoun.     

Sur la photo, une mise en portefeuille sur l’autoroute 10, dimanche. 

Le chaos routier évité

Photo Agence QMI, Marc Vallières

Ce week-end chaotique n’a pas eu d’effet dramatique sur le bilan routier. Les autorités n’ont rapporté aucun accident majeur, malgré les conditions souvent exécrables, samedi et hier. La Sûreté du Québec a fait état de « quelques dizaines » de collisions et sorties de route, mais toutes se sont avérées relativement mineures.​ Dans la région de Québec, plusieurs routes ont toutefois été fermées, comme ici sur le pont de l’île d’Orléans. 

Des déplacements compliqués

Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Les conditions météorologiques ont aussi affecté le transport aérien et interurbain. La moitié des dix vols transitant par l’aéroport de Québec, hier, ont dû être annulés. 

Les trajets d’avant-midi reliant Montréal et Québec ont tous été rayés de l’horaire par Orléans Express, tout comme ceux couvrant la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent. 

À Montréal-Trudeau, ce sont  environ 80 vols à destination ou en partance de Dorval qui étaient officiellement annulés, a fait savoir l’aéroport.