/opinion/blogs/columnists
Navigation

Finies les vacances

Finies les vacances
Le Journal de Québec

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir diminué la cadence pendant le congé des Fêtes, le Journal est revenu, aujourd’hui, à son régime habituel de deux pages consacrées aux opinions. Profitant de cet intermède dans les chroniques, je me suis résolu à étendre cette halte aux blogues et à l’actualité. Je ne suis pas arrivé à me débrancher de l’actualité, toutefois j’ai réussi à résister à l’appel du clavier quand elle me faisait bondir.

Je commence par souhaiter une bonne année à tous nos lecteurs en espérant que la conjoncture mondiale génèrera moins de tension et que l’extrémisme des dirigeants de plusieurs des grandes nations fera place à plus de modération. L’apaisement est nécessaire car l’envenimement des conflits s’avère nuisible pour l’ensemble des populations en nourrissant le complexe militaro-industriel et en freinant la nécessaire transition écologique. D’ailleurs, l’Australie l’éprouve durement ces jours-ci.

Chez nous, cette période de réjouissance s’est amorcée avec une loi adoptée sous le bâillon qui génèrera une remise partielle des trop-perçus d’Hydro-Québec à sa clientèle, mais qui entrainera des hausses plus importantes des tarifs d’électricité. En extirpant la société d’État du contrôle de la Régie de l’énergie et en fixant péremptoirement les hausses à l’indice des prix à la consommation, le gouvernement caquiste fait pire que les libéraux. Après avoir décrié les trop-perçus sous l’ère libérale, les caquistes permettront à Hydro-Québec d’engranger encore plus de surplus qui génèreront des dividendes plus généreuses pour leur seul actionnaire, en l’occurrence le gouvernement du Québec. Le projet de loi 34 s’apparente étrangement à une hausse d’impôts déguisée sous des tarifs d’électricité! 

Dans la foulée du bilan de la session parlementaire, le premier ministre Legault a admis quelques erreurs tout en se disant fier du parcours de son gouvernement. Cette humilité le rend encore plus sympathique pour plusieurs, mais ne le met pas pour autant à l’abri de commettre d’autres bourdes. Tout en reconnaissant qu’il était allé trop vite pour certains changements, il affirmait qu’il irait encore plus vite en 2020. Pourtant, ma mère nous disait souvent, lorsque nous étions jeunes et impétueux, que vite et bien n’allaient pas ensemble. Je crois que l’adage prend encore plus de sens en 2020 dans un monde en effervescence qui se cherche de nouveaux repères.

Les réalisations du gouvernement caquiste sont plutôt minces dans cette première année d’exercice. Généralement, les gens, que j’interroge sur la question, me citent la loi sur laïcité, mais demeurent vagues sur le reste. Pourtant, s’il est une mesure d’équité intergénérationnelle digne de mention, c’est le réseau de la petite enfance accessible à des coûts abordables. La nouvelle année ramenait le tarif unique dans les services de garde et mettait fin à une des pires politiques mises de l’avant par les libéraux, qui fixaient les tarifs selon le revenu familial. Les libéraux avaient choisi de surtaxer les jeunes familles bien que celles-ci finançaient déjà largement ces services à même leurs impôts. Les caquistes ont au contraire opté pour soutenir les jeunes familles avec le tarif unique et l’amélioration des allocations familiales. Mon amie, Dominique De Palma, qui est proche de François Legault et très fier de lui, en jubile encore et elle a bien raison.

Andrew Scheer a finalement cassé. Cependant, il est moins sûr que sa démission rapprochera le Parti conservateur du pouvoir lors d’une prochaine élection. Elle a plutôt mis en évidence la fracture qui existe au sein du parti entre les progressistes de l’Est et les réformistes de l’Ouest. Leurs démêlés font prendre conscience de la fragilité d’un pays qui tient ensemble sans trop savoir pourquoi!

Harry, le petit-fils de la reine Elisabeth, et son épouse Meghan voudraient s’éloigner de la famille royale et s’installer au Canada durant une grande partie de l’année. Désespérance ultime, il se trouverait, selon un sondage, une majorité de Canadiens qui voudrait voir le prince assumer la fonction de gouverneur général. Pourtant, une majorité de Canadiens sont pour l’abolition de la monarchie. Le Canada, un pays sans bon sens!

« La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal ». L’affirmation était suave dans la bouche d’un enfant dans le film de Melançon, La guerre des tuques, mais l’affrontement Iran-États-Unis rappelle que la guerre ne peut qu’être dommageable et coûter des vies. L’Iran est pointé du doigt pour le missile lancé sur un avion civil, mais on oublie trop vite les assassinats commandés et effectués avec des drones par des États, dont nos voisins du Sud. Il n’y a pas de conflits qui ne fassent pas de victimes innocentes et celles de l’écrasement de l’avion de l’Ukraine International Airlines ne font que s’ajouter aux millions de morts de ces dernières décennies. Notre premier ministre Trudeau veut que toute la lumière soit faite sur ce drame, il aurait cependant intérêt à élargir le spectre de son projecteur!

Le ministre de l’Éducation a mis fin au congé des Fêtes en annonçant une réforme du cours Éthique et culture religieuse qui n’est pas sans soulever l’enthousiasme des uns et les inquiétudes des autres. La nouvelle est plutôt bonne et confirme les intentions du ministre affichées en février 2019. Toutefois, il serait de bon ton de placer ces modifications dans une actualisation du programme plutôt qu’en rupture avec son contenu actuel. Les acteurs sociaux en éducation éprouvent énormément de difficulté à s’inscrire dans un progrès continu et préfèrent, réforme après réforme, faire table rase des pratiques précédentes, ce qui ne fait qu’entretenir le sentiment d’être perpétuellement à côté de la coche.

Le monde continuera de bouger en 2020 et j’espère que chacun y trouvera son petit lot de bonheurs quotidiens avec quelques folies bien assumées.

Bonne Année!