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Hydro-Québec pourrait écoper de grosses amendes dans le Maine

Des dépenses liées à une campagne favorable à sa ligne à haute tension en cause

Hydro Quebec Maine
Photo d’archives, Pierre Couture Des opposants à la ligne NECEC d’Hydro-Québec, lors d’un vote à Farmington, dans le Maine, l’an dernier. Les adversaires du projet tentent d’obtenir la tenue d’un référendum, en novembre. Ils doivent, pour ce faire, recueillir 63 000 signatures.

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Hydro-Québec pourrait devoir payer de fortes amendes dans le Maine pour avoir divulgué tardivement des dépenses de 100 000$ faites dans le but d’influencer des électeurs en faveur de son projet de ligne à haute tension.  

Un élu indépendant de l’État du Maine, Kent Ackley, a confirmé hier au Journal avoir déposé une plainte contre Hydro-Québec devant la Commission de l’éthique du Maine.    

«On est d’avis qu’Hydro-Québec a enfreint une loi exigeant la divulgation, en temps opportun, des activités de campagne», a fait valoir M. Ackley.   

Le partenaire d’Hydro-Québec dans le Maine, Central Maine Power (CMP), prévoit construire la ligne New England Clean Energy Connect (NECEC) de 1200 mégawatts (MW), d’une longueur de 233 kilomètres, au coût d’un milliard de dollars américains.    

Ce projet fait l’objet d’une vive opposition dans le Maine.   

En octobre dernier, Hydro-Québec a formé un comité de vote afin de faire campagne pour la construction de la ligne NECEC.    

D’après M. Ackley, Hydro-Québec, le mois dernier, soit un mois avant la constitution du comité de scrutin, a modifié son rapport de financement de campagne, faisant état de près de 100 000 dollars de dépenses.   

Pétition autorisée  

Des citoyens du Maine opposés au projet NECEC ont obtenu il y a quelques mois le feu vert pour aller de l’avant avec une pétition.   

D’ici la fin janvier, ces opposants devront recueillir 63 000 signatures auprès des citoyens du Maine.    

Le bureau du secrétaire d’État du Maine a accordé aux opposants au projet de la ligne NECEC le droit de solliciter l’appui de la population.    

L’élu du Maine reproche également à Hydro-Québec une «ingérence étrangère» dans cette campagne, la société d’État appartenant au Québec.   

Si ces opposants réussissent à recueillir les 63 000 signatures, on trouvera dans l’État du Maine, sur les bulletins de vote des prochaines élections fédérales américaines, en novembre 2020, une question sur le projet NECEC.    

La société d’État réplique  

Hydro-Québec, de son côté, soutient avoir respecté les lois électorales du Maine et entend défendre vigoureusement sa cause.   

«On croit que nous sommes conformes à la loi et nous allons faire valoir nos droits», a indiqué hier un porte-parole de la société d’État, Serge Abergel.   

La Commission d’éthique du Maine, qui applique les lois électorales de l’État, dit avoir mis en délibération la plainte de M. Ackley.    

La commission soutient que le comité d’Hydro-Québec pourrait faire face à une pénalité de plusieurs «dizaines de milliers» de dollars.   


La ligne NECEC permettra à Hydro-Québec d’exporter 9,45 TWh d’électricité par année pendant 20 ans au Massachusetts.