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Un Colombien sur deux lames

Un Colombien sur deux lames
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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MONTRÉAL – Il y a eu la Jamaïque sur un bobsleigh aux Olympiques, puis il y a ce valeureux Colombien devenu patineur de vitesse sur courte piste.  

Représentant la Colombie mais vivant à Montréal depuis déjà quelques années, Nicolas Laborde a profité pleinement de son expérience au Championnat des quatre continents de l’ISU au cours du dernier week-end à l’aréna Maurice-Richard.  

S’il n’en était pas à sa première compétition internationale de patinage de vitesse, le jeune homme de 22 ans a vécu un moment excitant en participant pour la première fois à une finale. Évidemment, cet exploit ne vaudra pas une adaptation au cinéma comme ce fut le cas pour l’équipe jamaïcaine de bobsleigh ayant participé aux Jeux de Calgary, en 1988, mais quand même...  

«C’était fantastique, une belle surprise, témoignait-il après sa présence en finale de l’épreuve de 1500 mètres, samedi. Ce n’était pas la première fois que je patinais avec des athlètes comme Charles Hamelin ou Steven Dubois, mais avoir avec moi, dans une même course, des champions olympiques et des champions mondiaux, c’était vraiment un honneur.»  

Le moment était effectivement peu banal pour l’enthousiaste patineur qui, il y a quelques années, excellait plutôt dans des courses de patins à roues alignées en Colombie. À 16 ans, Laborde est toutefois déménagé à Montréal et c’est là qu’il a rencontré Steve Robillard, un ancien patineur de vitesse courte piste, qui l’a incité à essayer cette discipline avant de l’entraîner pendant quelques années. Depuis, Laborde poursuit son développement au Centre Montréal-Gadbois, en plus d’être lui-même entraîneur pour les plus jeunes.  

Un Colombien sur deux lames
Photo Agence QMI, Joël Lemay

«Une expérience formidable»  

Laborde n’est pas dupe: il sait très bien que le format du Championnat des quatre continents explique, en grande partie, sa présence lors de cette fameuse finale. Au 1500 m, les différents patineurs commençaient directement en demi-finale et c’est une pénalité à un adversaire qui a permis au Colombien d’origine d’accéder à l’ultime course.  

«Je sais qu’au niveau de la vitesse, il y a une certaine différence entre les meilleurs et moi, mais j’ai essayé d’aller en avant et de me battre pour me placer en position de me qualifier, a résumé Laborde. Ça m’a mené à la finale car j’étais deuxième quand il y a eu obstruction.»  

Concernant le déroulement de la finale, Laborde a terminé sixième sur huit patineurs quand deux patineurs sud-coréens ont été pénalisés. Il s’est même amusé en menant provisoirement la course lors des premiers tours.  

«J’étais content, j’étais nerveux, c’était vraiment une expérience formidable, a-t-il décrit. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Je savais qu’en fin de course, tous les autres patineurs allaient sprinter trop vite et que je n’avais pas beaucoup de chances contre eux. Ma stratégie, c’était d’aller en avant dès le début et d’espérer que ça se bouscule derrière.»  

Le Sud-Coréen Hwang Dae Heon et les autres patineurs, dont Dubois et Hamelin, ont tôt fait de le dépasser, mais cette unique présence en finale était déjà une victoire en soi pour le jeune Laborde.