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Débat démocrate: au-delà des candidats, deux grandes options

Débat démocrate: au-delà des candidats, deux grandes options
AFP

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Les six candidats qui s’étaient qualifiés pour le débat d’hier avaient l’occasion de faire bonne figure une dernière fois avant les caucus de l’Iowa le 3 février.  

Si on tente habituellement de déterminer les gagnants et les perdants, l’exercice est pour le moins difficile ce matin. À l’exception du milliardaire Tom Steyer, dont le temps de parole fut le plus faible, les cinq autres candidats ont offert une performance à laquelle on s’attendait.   

Tous et toutes maîtrisaient leurs dossiers et ont plutôt bien exposé leur vision de la gestion des États-Unis. Je n’ai rien noté qui puisse changer la donne de manière importante.   

Si je me risquais à identifier celui dont l’attitude et les idées se sont démarquées, j’irais vers Pete Buttigieg. J’affirme depuis quelques mois déjà qu’il mène la meilleure campagne. Si je doute (je sais, c’est terrible) parfois que partout aux États-Unis on soit prêt pour un président gai et marié, Mayor Pete m’impressionne par son aplomb, ses talents d’orateur et son approche.   

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Cela dit, le trio de tête des Biden, Warren et Sanders n’a pas démérité, mais n’a pas non plus offert de nouveaux arguments. Il faut dire qu’après autant de débats, il devient difficile d’épater autrement que par des attaques ou des punchlines.    

À ce chapitre, Sanders a porté le plus de coups, principalement en direction de Joe Biden, alors que Warren a offert la meilleure déclaration de la soirée. Au moment où on débattait des chances pour une femme d’accéder à la présidence, elle a fait ressortir que des six candidats sur la scène, Amy Klobouchar et elle n’avaient jamais connu la défaite. Sa réplique a fait rire et a suscité des applaudissements.   

Même si ce débat ne devrait pas influencer grandement les électeurs de l’Iowa au début du mois de février ou inverser l’ordre dans les sondages, j’en retiens principalement deux choses.    

Je me demande encore qui est celui ou celle qui pourra galvaniser les troupes et faire sortir le vote le 3 novembre prochain. Bernie Sanders a fait valoir avec raison qu’il compte sur une base solide et indéfectible. Considéré comme le plus extrême des progressistes, on doute cependant de ses chances de s’imposer dans les États pivots, là où ça compte. Biden détient encore l’avantage.   

L’autre évidence qui ressort après ce débat réside dans le fait qu’avant même de choisir un candidat ou une candidate, le parti doit d’abord choisir une orientation. Une fois de plus, il y avait deux camps distincts sur la scène.    

Malgré leur récent froid, Sanders et Warren offrent une vision résolument progressiste qui me semble plus risquée pour 2020. De l’autre côté, les Biden, Buttigieg et Klobuchar avancent des propositions centristes qui me semblent plus sages pour l’instant.   

Tout ne se jouait cependant pas à Des Moines, hier. Il ne faudrait surtout pas oublier que Michael Bloomberg mène sa propre campagne en se fichant du rituel habituel. Fort d’une cagnotte personnelle qu’il utilise sans retenue, il se permet même de ne pas se soumettre à l’habituelle rencontre avec l’équipe éditoriale du New York Times.    

Le journal annoncera le choix de son candidat ou de sa candidate cette fin de semaine. S’il a appuyé Bloomberg à la mairie de New York, ça ne devrait pas être le cas cette fois. Ayez malgré tout un œil sur Bloomberg, nous aurions tort de le négliger.