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Départ de plusieurs gestionnaires chez Desjardins: ils partent en apportant 500 M$

Siège Social Desjardins
Photo d’archives, Pierre-Paul Biron Le départ de l’équipe d’Alain Robitaille, basée à Amos, a fait perdre un demi-milliard de dollars en actifs au Mouvement Desjardins.

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Frappé par le départ de plusieurs gestionnaires de placements, dont l’un de ses poids lourds à Amos, Valeurs mobilières Desjardins a récemment vu s’envoler des centaines de millions de dollars, voire plus d’un demi-milliard, en actifs sous gestion, notamment vers la Banque Royale du Canada.  

Selon différentes sources, ces départs sont dus à une restructuration entamée l’an dernier chez Valeurs mobilières Desjardins (VMD).  

Le Mouvement souhaiterait «écarter de son offre de services» VMD, qui est sa firme de courtage depuis des années. La coopérative préférerait miser davantage sur des salariés dans ses Caisses et dans ses centres de service.  

Saignée en Abitibi  

«L’avenir était sombre. Cela devenait très difficile pour nous de continuer à travailler», indique un gestionnaire, précisant que sa décision n’a aucun lien avec la fuite de données. «On sent que VMD devenait un problème», poursuit-il.  

Parmi les conseillers et les cabinets en gestion de patrimoine et solutions de placement ayant décidé de quitter cet automne, il y a notamment l’équipe d’Alain Robitaille, basée à Amos, qui gérait plus d’un demi-milliard de dollars. Il s’agissait de l’un des plus importants gestionnaires chez VMD.  

Sur la photo, Alain Robitaille est au centre. Josée Houle et Fanie Ouellet sont à sa droite. À sa gauche, Vinh Jutras et Marcel Robitaille.
Photo courtoisie
Sur la photo, Alain Robitaille est au centre. Josée Houle et Fanie Ouellet sont à sa droite. À sa gauche, Vinh Jutras et Marcel Robitaille.

Ce bureau est maintenant affilié avec la Banque Royale du Canada, une institution financière dirigée principalement à partir de Toronto.  

La conseillère de Montréal, Mary Hagerman, a également fait le saut chez un compétiteur. Celle qui était responsable avec ses associés de plus de 250 millions $, selon nos informations, est présentement chez Raymond James Ltd, tout comme les gestionnaires de portefeuille Daniel Bégin et Martin Lambert.  

Dans la foulée de la restructuration, des membres de la direction chez VMD ont aussi annoncé leur départ. L’ex-vice-président et directeur régional Centre-du-Québec, Marc Lauzier, est aujourd’hui chez Gestion de Patrimoine TD, et le vice-président et directeur général, Luc Papineau, a pris sa retraite.  

«En carrière, je n’ai jamais vu autant de personnes découragées», avance une source. «On nous demandait de les soutenir avec la fuite de données, mais d’un autre côté, ils ne veulent plus de nous. Cette restructuration va leur coûter cher et il va y avoir d’autres départs», prévient-elle.  

Inquiétudes  

De son côté, la haute direction chez VMD concède que son organisation a traversé une période «d’inquiétude» en 2019. Elle assure toutefois qu’il n’est pas question de modifier le modèle d’affaires ou le rôle des conseillers. VMD devrait continuer de « collaborer » étroitement avec le Mouvement.  

«Dans la dernière année, c’est vrai qu’il y a eu de l’inquiétude dans l’appétit de Desjardins pour l’ensemble de ses modèles d’affaires», concède au Journal Marjorie Minet, vice-présidente service-conseil en gestion de patrimoine.  

«Oui, cette inquiétude a fait son œuvre. Mon mandat est maintenant de la liquider. La firme de courtage est très importante pour Desjardins. On croît toujours à ce modèle d’affaires», assure-t-elle.  

Quelques statistiques sur VMD   

  •  350 conseillers en placement  
  •  40 succursales et points de services au Québec  
  •  Actifs sous gestion se chiffrant actuellement à plus de 31 milliards $  
  •  Environ 600 employés au total    

Source : Valeurs mobilières Desjardins