/opinion/columnists
Navigation

Justin Trudeau a bien réagi

CANADA-IRAN-UKRAINE-US-AVIATION
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

Certaines voix ont été très critiques envers le premier ministre Trudeau quant à sa gestion des suites de l’abattage du vol PS752 par les autorités iraniennes.

Personnellement, je considère que le premier dirigeant canadien a fait ce qu’il devait faire, et qu’il l’a bien fait dans l’ensemble.

Certes, on peut peut-être reprocher le style très/trop théâtral du PM, qui a le don d’arborer un visage plus grave que grave et tombe trop souvent dans une espèce de lyrisme qui peut susciter une réaction épidermique chez bien des gens.

Mais sur le fond, Justin Trudeau a bien répondu. Lorsque survient une tragédie comme celle-ci, le rôle d’un premier ministre ou d’un président est de faire preuve d’empathie et de soutenir ses citoyens. Il est celui qui doit incarner la tristesse de son peuple, trouver les mots justes, comprendre le désarroi des familles éplorées.

Leadership

Le premier ministre canadien fut le premier chef d’État à publiquement évoquer clairement le fait que l’Iran était responsable de la tragédie, au moment où ces derniers continuaient de nier l’évidence. Un signe de leadership.

Mais des observateurs auraient souhaité que monsieur Trudeau se montre plus ferme envers le gouvernement iranien, une fois la faute avouée par ceux-ci. Mais pourquoi, et comment?

C’est une chose que d’exiger des comptes et de la transparence dans le processus d’enquête. Mais à partir du moment où l’Iran accepte de collaborer avec les autorités canadiennes, qu’elle s’excuse et qu’un processus est mis en branle par le Canada et les autres pays touchés pour exiger réparation, voulez-vous bien me dire ce que Trudeau aurait dû faire de plus?

Le Canada n’entretient que très peu de liens avec l’Iran. Qu’il s’agisse de sanctions économiques ou autres, la surenchère ne mènerait pas à grand-chose.

Diplomatie

Certains considèrent que le gouvernement libéral tarde à réaliser son engagement de rouvrir l’ambassade canadienne à Téhéran. Encore là, c’est un peu court comme reproche.

Il faut rappeler que le gouvernement Harper avait coupé les ponts avec l’Iran, en raison de ses aspirations nucléaires en pleine contravention des résolutions du conseil de sécurité de l’ONU et de ses fréquentations douteuses avec le régime syrien de Bachar el-Assad.

Les motifs qui sous-tendaient la volonté du gouvernement Trudeau de rétablir les ponts diplomatiques sont essentiellement économiques, dans un contexte où ce pays continue d’être peu fréquentable. On ne peut donc lui reprocher de prendre son temps.

Aurait-il fallu que Justin Trudeau s’empresse de rétablir les liens diplomatiques sous prétexte que, dans l’éventualité où l’Iran abattrait un vol rempli de ses citoyens et de citoyens canadiens, nous serions en bonne posture pour établir un dialogue direct? Franchement...

Justin Trudeau ne peut pas changer le passé. Ses moyens sont limités et il ne peut pas donner de coup de baguette pour panser les plaies des familles endeuillées. Dans ces circonstances, il s’est bien acquitté de sa difficile tâche.