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Poursuite de 67 M$ à Laval: les raisons de la suspension du projet immobilier Le Commodore dévoilées

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LAVAL – Alors que s’amorçait mercredi à Laval un procès en lien avec l’une des plus importantes poursuites au civil intentées contre la Ville, TVA Nouvelles a obtenu via les tribunaux un rapport confidentiel commandé par le maire Marc Demers en 2014 et remis ensuite à l’UPAC dans la foulée de la controverse entourant un ambitieux projet de tours à condominiums en bordure de la rivière des Prairies. 

Dans une demande adressée à la cour, on nous a transmis le rapport juricomptable de la firme St-Laurent Faucher. 

Cette enquête administrative sur le projet de plus de 300 unités de condominium Le Commodore a incité l’administration Demers à le suspendre. 

«Les documents examinés et les témoignages reçus semblent clairs: le tracé du périmètre situé à l’est du boulevard des Laurentides en bordure du boulevard Lévesque Est a été établi de façon à y inclure le projet Le Commodore, sans analyse ni justification préalable, et dans des circonstances troublantes telles que des instructions provenant du comité exécutif et non de l’urbanisme, des délais extrêmement courts, des justifications a posteriori et des documents antidatés», explique la firme qui a mené les vérifications. 

Elle souligne d’ailleurs l’implication de Claude Asselin, l’ex-directeur général de la Ville de Laval dans l’administration de Gilles Vaillancourt. Rappelons que les deux hommes ont été condamnés à la prison pour corruption. 

L’enquête administrative indique que Claude Asselin agissait à titre de représentant du promoteur Aldo Construction. 

«[L’]Implication de Claude Asselin à titre de représentant du promoteur, [l’]historique de zonage antérieur, etc. Cette modification a eu pour conséquence directe de favoriser et d’avantager le promoteur de ce projet», peut-on lire. 

«Les règles de zonage usuellement applicables à la Ville pour des terrains riverains n'auraient pas permis la réalisation du Projet Commodore. Des paramètres de zonage très spécifiques visant la zone R1066 ont été élaborés dans le but bien précis de permettre d’y accueillir le Projet Commodore. Dans les circonstances, nous n’avons d’autre choix que de vous recommander de référer cet aspect du dossier aux autorités policières», écrit dans ses conclusions la firme St-Laurent Faucher. 

Toutefois, selon nos sources, le patron d’Aldo Construction, Aldo Coviello, n’a jamais été contacté par les policiers depuis le transfert de l’enquête administrative à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) par l’administration Demers. 

Dans sa poursuite de 67 millions $, Aldo Construction qualifie l’affaire d’expropriation déguisée et estime que personne n’a encore démontré qu’il y a eu malversations.